‹ La religion du VédaChapitre 85 sur 380 · R. V. H. 11. 2, X. 99. 6, IV. IS · texte numérisé non relu

R. V. H. 11. 2, X. 99. 6, IV. IS

3. Parmi les travaux récents sur la ([uestion, consulter : .1. Darmesleter, Ormcud ft Ahrinutn. j). 209 S(i.: v. liradke, ni/âii." .\.<«/-a, Ahura Masdâ uud die Asuras:; Geldner, I W. Stud., 1, p. 142.

136 IXDHA

langue des bas temps du védisme, il ne désigne plus que des êtres ennemis des dieux ; mais, dans les plus anciens textes, c'est au contraire, la plupart du temps, un titre réservé aux dieux eux-mêmes; et tel il nous apparaît dans la littérature éranienne, où le plus sublime des dieux s'appelle Aliura. Que faut il penser d'un tel eliangement ? et comment le « dieu )) a-t-il pu devenir le « diable » ?

Oh a cru pouvoir expliquer le fait par des rapports internationaux, par la rencontre des Hindous védiques avec les sectateurs d'une autre religion : des tribus hindoues restées étrangères à la civilisation védique, ou des Éraniens disciples de Zoroastre, bref, des adorateurs des Asuras, seraient entrés en conflit avec le peuple védique, qui dès lors aurait naturellement traité leurs dieux de démons, L'hypotlièse est ingénieuse; mais je ne crois pas qu"on y puisse trouver le irioindre appui dans la tradition qui nous est parvenue. Les indices fournis par les textes semblent même favoriser une tout autre solution.

Si, en effet, l'on examine de près cette qualification antique d'Asuras, que les écrits plus récents n'appliquent plus jamais aux dieux, on s'aperçoit qu'elle n'aj^partient pas également à tous les dieux. Les deux termes ne sont pas synonymes : les différences observées à ce point de vue entre les divers dieux donnent à penser que le mot asnra était séparé du mot (/êrrtpar une nuance précise de signification; et cette nuance, si je ne me trompe, est exactement celle à laquelle on doit s'attendre pour s'expliquer la confusion de ces dieux Asuras avec des puissances ennemies. Ceux des dieux qu'on appelle le plus volontiers Asuras sont aussi ceux à qui l'on attribue de préférence une màjjâ, c'est-à-dire un pouvoir occulte; or, cette mâjjâ, c'est aussi la propriété caractéristique des malins ej^nemis, soit hommes, soit démons. Varuna, par exemple, ou le couple ^litra -Varuna, est qualifié d'Asura avec une fréquence que met surtout en relief la rareté du même titre appliqué à Agni ou à Indra' ; d'autre

1, Voir les rét'érenced dans v. Bradke. op. rit,, p. 120 sq. Naturel-

LES ASIRAS 137

part, \'ariinu et Mitra \'aninu sont, de tous les dieux, ceux dont la mâiiâ occupe le plus la pensée des poètes védiques'. Clioz eux. sans doute, la mnijâ, — terme indifférent qui peut désifjner la science sublime ou les artifices infimes-, — revêt nn aspect do majestueuse puissance manifestée parles prodiges de Tordre universel. Mais ce mot n'est pas moins souvent appliqué aux ruses malignes des ennemis de l'humanité', et Ion voit que, dans ce dernier sens, il coïncide avec le sens secondaire du mot « Asura »,

La relation que fait supposer entre les deux termes nsiwa et ?n(~q/('i la coïncidence respective de leur emploi dans deux ordres d'idées contradictoires, se corrobore encore de Tétroite connexion où ils apparaissent dans quelques passages du Véda. — « Je veux publier cette jrifjj/â de l'illustre et asiij'i(jue Varutia, à savoir que, se tenant dans l'espace, comme avec une mesure il a mesuré la terre avec le soleil » (R. V. V. H.j, 5). — Mitra et Varuna font pleuvoir a de par la inâj/â de l'Asura »; ils gardent les lois de l'ordre universel « parla iiiàf/â de l'Asura » (V. 63. 3 et 7, et comparer X. 177. 1 . — Et, d'autre part, voici ce qu'on dit des ennemis : « les forteresses de Pipru, l'Asura riche en inâi/â, Indra les a brisées » (X. 138. 3); (( les Asuras », c'est-à-dire, ici, les démons méchants, (( ont été dépouillés de leur i/iâj/â » (X. 124. 5) ',

Il ressort de ces textes que le mot « Asura », lorsqu'on l'applique aux dieux, ne signifie point pour cela tout uniment (( dieu » ou « seigneur ». Les poètes védiques* devaient avoir conscience d'un sens tel que « possesseur d'un pouvoir

lement il vu un compte de proportion ;i étaMir: car les hymnes à Varuna et Mitra-Varinia sont aussi peu nombreux que foisonnent ceux à Indra ou à Agni.

Page 1