Bergaigne, III, p
1. Cf. A. V. III. 9. 1, IV. 2i. 5. VI. 72. 1, VIII. 10. 22, XIX. 66. 1: f'atap. Br. X. û. 2. 20. .lusque dans le Hâmâyana survit un -\sura dit Mâyavin.
5. Quelles que puissent être d ailleurs l'étymologie et l'acception primitive du mot.
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occulte » ' ; et, comme un tel pouvoir, entendu au sens de magie noire et d'artifices ténébreux, était aussi le propre des êtres malins, le nom d'Asuras convenait étralcment à ceux ci. De fait on le leur appliqua-. L'acception hostile qu'il a prise et (ju'on a -soulu im|)uter à l'influence de conflits historiques avec les Zoroastriens. lui apinirtcnait donc en puissance d^s l'époque la plus ancienne où il nous soit donné d'atteindre, et elle n'a fait que se développer suivant une évolution très normale. Étant donné ([ue les Asuras pouvaient être ou des dieux ou des démons, le sens « dieux » est tombé en désuétude, et le sens « démons » est seul demeuré, aisément favorisé par une étyuiologie populaire qui a vu dans les « Asuras » quelque chose comme « les ennemis du soleil » '. Quand les Asuras figurent dans les textes à titre d'ennemis vaincus par Indra ou tel autre dieu, on ne saurait affirmer avec certitude qu'il s'agisse d'une classe particulière d'êtres démoniaques constamment désignée sous ce nom'. Si Agni ou Indra est dit « tueur d'Asuras », nous n'y pouvons rien
1. InterpiH'tatiDTi ijiio cniifirnio siiiiri.ilii'Ti^nieat le conti^xte où ])arfois nous apparaît ce nom : pour Indra, \'I. 30. 0, X. Oii. 11,99. i' (où on lit aussi nulyâ.-^): pour Suvitar, I. 30. 7 et 10, etc.
2. Ainsi Indra et Agni sont dits « nieurtrior.s d'Asuras » dans des stance.s dont il n'y a aucune rai.son de suspecter l'antiquité : VI. '22. À, VII. 13. 1. Et, dans le premier de ces deux hynmes |VI. 21. 6 et 9), on loue Indra d'avoir brisé celui (pli avait grandi ))ar la tnûijn, d'avoir anéanti toute màyâ.
3. Cf. J. Darmesteter, p. 269, et v. Bradke, p. 109, n. 2, avec son excellente référence à Mai tr. ."^anili., 1, p. 102, 1, et p. Vil, 8. ^^ aussi R. V. V. 40. 5 et 9. L'illusion qui voit dans u^ui-a un a privatil s'est fait jour aussi, comme on .sait, dans la création tardive de sonopposé sura « dieu ». — Je constate en terminant que, dans l'en.semble, les vues de Darmesteter et de M. Geldner sur les Asuras se rapprochent beaucoup des miennes ; quant aux différences qui les en distinguent, elles sauteront d'elles-mêmes aux yeux du lecteur. — [M. O. n'a ])as jugé à propos de traiter la contre-partie de la question : le mot dP.ra « dieu » a jiris le sens de démon dans l'Avesta [daura] et dans toute la théologie éranienne. Peut-être a-t-il estinu'} que cette altération zoroastrienne ne rentrait pas dans son sujet : mais les deux faits ne sont-ils pas inversement parallèles ? — V. H.
4. Il est même fort permis d'en douter, considérant (jue U' litrt> d'Asura se décerne également à des dieux.
LES ASURAS 139
entendre de plus, sinon que le dieu doué de vertus surnaturelles a tué des ennemis qui le combattaient à l'aide de ruses perfides; et ceux-ci peuvent tout aussi bien ùtre des Dasyus, — tels IMpru et Varcin, qui sont qualifiés (( Asuras ». — que des démons, comme Svarbhânu qui éclipse le soleil. Toutefois, dans les hymnes de la dernière manirre du Kifj;-\'éda, le concept ancien de la lutte d'un certain dieu contre un certain asura prend une forme nouvelle, que la période primitive, autant que j'en puis jug:er, n'avait pas connue : il sagit désormais de deux grandes armées opposées l'une à l'autre ; ici, les Dieux; là, les Asuras'. Agni, que les Dieux ont institué leur sacrificateur, cherche la parole magique « par laquelle, nous Dieux, nou'; pourrions vaincre les Asuras )> (X. 53. 4); ailleurs, nous lisons que « les Dieux, après avoir tué les Asuras, s'avancèrent, les Dieux, gardant leur immortalité » (X. 157. 1) ; l'hymne philosophique qui scrute les origines de l'être parle de « ce qui est par delà les Dieux et les Asuras » (X. 82. 5). Un hymne narratif (X. 1"2 1) nous fournit sur cette rivalité des Dieux et des Asuras les détails les plus circonstanciés : Agni, qui longtemps s'est caché dans les ténèbres, quitte le « non dieu » et passe au camp des Dieux « du parti qui n'est pas digne d'oblation il passe au partage des oblations »; il se détache du « Père Asura ». et par là les Asuras se voient dépouillés de leur pouvoir magique [hiâya] ; Indra tue Vitra, et la souveraineté des Dieux est désormais incontestée'.
1. Et alors l'armée des Dasvus se confond totalement avec celle des A.sura.s : H. V. III. 29. 9,'X. 51. 1: A. V. IX. 2. 17-18, X. 3. 11 : Taitt. Samh. IV. 3. 11. 3, etc.
"A. Je n'ai point à m'occuper ici des innombrables variations narratives auxquelles s'est livrée la littérature des Brahnianas ou celle des âges plus modernes sur le thème éternel du combat des Dieux et des Asuras. Je me borne à en relever un trait assez constant : les Dieux commencent par avoir le dessous : puis ils imaginent un artillce, une prière, un procédé de .sacrifice, etc., qui leur a.ssure la victoire. C'est un peu, je crois, se perdre ilans le vide, que de voir dan ce détail « une réminiscence de l'antique Asura qui jadis régnait su ■ l'univers » : v. Bradke, p 106, n. 2. Toutes ces histoires doivent finir par le triomphe des Dieux, et dans toutes, en principe, ils
Fniti< /listoriqiies. — La défaite des Dasyns n'est pas, dans le mytiie d" Indra, la seule lé^^ende où il nous soit donné d'entrevoir le souvenir d'événements historiques. On loue Indra d'avoir amené Turvaça et Yadu. Or ces noms sont ceux de deux ancêtres éponymes de tribus aryennes : ordinairement les poètes les traitent d'amis; mais parfois aussi ils leur sont hostiles, sig'ne certain de réalité histori(iue'. Indra a de très loin amené Turvaça et Yadu; il leur a rendu franchissables les rivières, u Turvaça et Yadu, bien qu'ils ne sussent point nag'er, Indra, le seig'neur delà force, le savant, les a fait traverser » (R. V. IV. 30. 17). Car le roi des combats est aussi, tout naturellement, le patron des imuiii;rations conduites à travers la contrée que sillonnent les rivières.
Historiques à bien plus forte raison sont les hauts faits du roi Sudâs. A la prière de ses prêtres, les Trtsus, qui paraissent avoir été présidés en ce temps-là par le célèbre Yasishtha et sa famille S Indra lui a donné la victoire, a fait périr ses ennemis dans les flots. (( La marche qu'ils marchèrent vers la Parushnl fut vers la perdition. Là le rapide mèuie a trouvé le repos. A Sudâs Indra a soumis les rapides ennemis, à l'houime ceux qui ne parlent pas en hommes... D'un seul coup, avec violence, Indra a brisé toutes leurs forteresses, leurs sept citadelles )) (VII. 18. 9 et 13). On voit ici la phrase de style des citadelles brisées par Indra, caractéristique de la défaite des Dasyus, s'apparier au récit de faits indubitablement historiques. Dans un aatre hymne qui célèbre les combats de la même guerre, nous lisons : (( Ainsi, avec les Vasishthas, Indra a franchi le torrent: ainsi, avec eux, il a frappé Bhéda; ainsi, dans la bataille des dix rois, Indra a assisté Sudâs, de par votre prière, ô Vasishthas )) (VII. 33. 3).
Aussi est-ce à lui, le dispensateur de la victoire, lui qui,
(loi vent le succès ;i ([iieliiue iirtilicc : il est iloiic logitiue et conl'ornie à l'esprit de la narration, (lu'ils aient comniencé par échouer.