‹ La religion du VédaChapitre 88 sur 380 · Acval. Gih. S. III · texte numérisé non relu

Acval. Gih. S. III

2 R V IV. 30. 9-11. La mention delà Vipâç (auj. Biyas) Uentolk à ce (lue cette rivière est une des plus orientales de l'Inde ?

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bien le mythe représentait il originairement la fuite de l'Aurore devant le Soleil tout-puissant, qu'à titre de vaincpieur divin universellement célèbre aurait plus tard supplanté Indra?

C'est avec le ^Soleil même qu'Indra entre en conflit par le mythe d'Etaça, qu'on peut, d'après les allusions vagues éparscs à travers le Rig-Véda, essayer au moins de restituer comme suit. Le Soleil est trainé dans son char par les cour siers dorés (llaritas): de son côté, le fougueux cheval Êtaça trainc également un char : ils se disputent le prix de la course. Le Soleil a de l'avance; mais Indra la lui fait perdre. Son char perd une de ses roues : il est à supposer que c'est Indra (pii. par ruse ou violence, l'a détachée. Êtaça, arrivant derrière le Soleil, ramasse la roue, la lui rapporte et la remet à son char: mais maintenant c'est lui qui tient la tète. On ne sait pas au juste la tin de l'histoire : il semble que le Soleil, émerveillé des talents d'Etaça, lui assigne une place d'honneur devant son propre char'. D'un pareil récit il serait trop hasardeux de vouloir tirer un sens quelconque.

Qu'on ait transporté à Indra ou imaginé sur son compte certaines aventures d'orgie ou d'amour, rien n'est moins surprenant. L'admiration qu'inspire ce grand buveur, doublé d'un mangeur formidable', ne va pas sans une pointe de gaieté : frère Agni rôtit pour frère Indra trois cents buffles ; et là-dessus, « Indra a bu le sôma pressuré de Manu, trois

1. M. Pischel (Ved. Sttid., I, p. 42) propose une autre restitution ; M. Geltlner, une autre encore (ih., II, p. 161 sq.l, etpkis approlondie. Voir les nuitcri;iux dans liergaigno, II, )). 330 sq. Voici ce que je trouve de douteux ou d invraiseuiblahie dans les expliratious de M. Geldner : 1" Indra conducteur du char d'Etaça (pour moi, Indra ne prend point part à la course et se l>orne à y intervenir, car les textes n'indiquent ([u'Étaga, et jamais Indra, comme concurrent de Sùrya) ; ;:i" les démons qui poursuivent le char solaire (on peut douter que la seconde moitié de la stance I. 1~1. 13 se réière ;i notre légende) ; 3" enfin, je comprends autrement que M. G. le hlidriucnl,i-am et le sain rinâti de V. 31. 11.

2. L'une et l'autre capacité paraît reconnue au dieu de l'orage dejjuis l'antiquité indo-curopccnne.

AUTRES MYTHES RELATIFS A INDlfA 143

mares pleines, dun seul coup, pour tuer Vrtra » (V. 29. 7). Mais tous les excès de ce genre ne lui réussissent pas : on a déjà rencontre riiistoire de Xanuici. C'est peut rtrcà (juehjue autre beuverie' que fait allusion la denii-stance (I. 82. 6) : (( Les sucs puissants du sônia t'ont excité [, o IndraJ : escorté dePûshan, tu as Ini à cœur joie, o toi qui lances le foudre, en compagnie de ton épouse. » Mais c'est surtout dans le monologue d'Indra ivre- qu'éclate la sympathie du poète pour le dieu amateur de sôma : le dieu revient d'un sacrifice et rentre chez lui. « C'est comme cela que je vais faire; non. comme ceci : je vais lui donner une vache, ou un cheval. Ai-je donc bu du sOma? Comme des vents de tempête, les boissons m'ont bouleversé. Ai-je donc bu du sômaV La prière est venue à moi, comme la vache mugissante à son veau chéri. Ai-je donc bu du sôma? Comme le charpentier [tourne] le siège du char, ainsi je tourne la prière en mon ctiHir. Ai-je donc bu du sôma? Tous les cinq pays me sont moins qu'une poussière dans mon œil. Ai-je donc bu du sôma? Je m'en vais mettre la terre ici; non, [je m'en vais la mettre] là. Ai je donc bu du sôma? A présent, je rentre joyeux, et j'apporte aux dieux le? mets du sacrifice. Ai-je donc bu du sôma? »

Ces orgies d'Indra laissent bien loin derrière elles ses rares aventures galantes, dont on ne trouve plus guère que des traces, mais assez probantes. Une antique litanie appelle Indra u l'amant d'Ahalvâ, le brahmane de la famille des

1. C'est sans doute à ce passage aii.ssi que .songent MM. Pischel et GeMner ( r<v/. St'uL, I, |). XXVIIi en formulant la même idée. Toutefois il pourrait s'y agir de ipielque conjoncture liturgi([ue, sans rapport avec aucune sorte de légende.

~. Cet hymne |X. 119l, dont je cite i(uelque.s stances, est attril>ué par la tradition k Indra métamorphosé en caille. En fait, on ylitdeux fois (7 et 11) le mot i)al,.<lia, (jui signilie « moitié d'un objet », mais aussi « aile » : si ce détail donne raison à la tradition, ou au contraire eu dévoile l'origine artiflcielle, c'est ce qu'on ne .saurait décider. Il .se pourrait même que l'hymne ne visât point du tout Indra, mais Agni, le dieu qui convoie l'oblation aux dieux (13l: et, comme celui-ci, de sa nature, n'est pas buveur de soma, on aurait ici la <le.scripliou des effets d'un breuvage enivrant sur un organisme inadapté.

Kauçilcas, nommé Gautama » : allusion à une histoire que le Hâmâyana nous a conservée ; Indra a séduit Ahalyâ sous les traits de son époux Gautama'. On doit supposer que les contes de ce genre, qui abondent dans la littérature plumoderne, n'étaient pas non plus étrangers aux premiers âges; seulement, la poésie du sacrifice de sôma n'avait point affaire du dieu amoureux, mais du bon buveur. Il n'est pas probable que ces contes recouvrent des mythes naturalistes". Est-il vraiment besoin de les expliquer? Les aventures qui font le charme de la jeuncsso dc< hommes pouvaicnt-elle-manquer ;i la l)cllc jeunesse du tlicu?

Indra et Vrx/ulhfipi. — 11 y a un hymne de la doi'niére manière du l\ig-\'cda (X. Si!) (pii tiaite, sur un ton de ])laisanterie ((uchpie peu vulgaire, d'un épisode de la vie de famille d'Indra. Il ne semble pas que le poète ait travaillé sur une donnée ancienne : c'est bien plutôt une composition hardie de son pro])recrû '. Malheureusement nous ne resti tuons que par approximation la suite du récit; car nous n'avons que les vers du dialogue, et non le texte de prose qui les reliait entre eux'. M. et Mnu^ Indra (Indrâni) sequerelleut au sujet d'un animal favori du mari, \'rshâkapi, « le singetaureau ». Ce parasite a fait du dégât dans la garde-robe de la dame : elle n'est pas contente. (( Ton cher Vrshâk.ipi, que tu prends sous ta protection, Indra, que le chien chasseur de

1. Cf. .surtout Weber, SiUuivi^hcr. d. BerL A/.ad., 1S87, p. 903.

2. Au contratre, M. Weber, par exemple, interprète les amours dindra et d'Alialyà i)ar l'ascension de l'aurore au ciel lumineux, et voit dans le mari Gautama le nuage qui plane. — [Laissant à part Gautama et le nuage, si l'on admet, avec M. O., que Héraclès est un héros solaire, je ne vois pas eonunent on peut se refuser à reconnaître dans les amours de Zeus et d'Alcmène (et, par consé(|uent, d'Indra et Ahalyàl l'union du ciel et de l'aurore qui donne naissance au soleil. — \'. II •]

3. Selon v. liradke (Zcitschr. d. Monj. Ges., XLVI, p. 165), ce serait une satire contre un certain prince et sa femme, déguisés sous les noms d'Indra et d'Indrânî. Possible, mais cela ne nous avance guère.

4. La restituti(Mi tentée par M. Geldner {Ved. Slud., II, p. 22 siiq.) est très ingénieuse, mais non convaincante de tout point.

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