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La con.stellation de ce nom. R. V. I

5. III. 59; mais peutOtro faut-il le répartir en deux, soit stances 1-5 et 6-9.

160 VARUNA, MITRA ET LES ADITYAS

aux poètes dans la description du dieu Sûrya, dont le caractère solaire demeurait vivant dans leur conscience, TAtharva- Véda', en revanche, parle en ees termes du Dieu qui em brasse tout l'unixcrs et \it dans tons les êtres : u TjC soir, il devient \"anina, Auni; il devient Mitra, le matin, ([uand il se lève. » C'est donc ;ï dire (|ui\ le soir, le dieu s'idnitifie avec .^gni. (pii éclaire les hommes durant la nuit, et avec Varuiia. (pfon nous donne, ici comme dans les textes étudiés plus Ixis, pour le roi des espaces nocturnes, tandis ([u'au uiatin... qui peut être celui qui se lève ainsi et qu'on salue du nom de Mitra, sinon l'astre du jour?

Je ne connais aucun passa.uc vé(li(|uc oii l'identité du soleil et de Mitra soit al'iirmée avec autant de netteté ([u'cn celui ci. Bien plus fréquentes sont les antithèses, conçues du moins dans le nu'Mue esprit, où les rôles respectifs de Yaruiia et de Mitra s'opposent l'un ;'i l'autre comme la nuit au jour ou au matin. AtharvaA éda. IX. )!. IS. on lit : « ('e (pie \ aruna a com[)rim(', puisse Mitra, au nuitin, le faire é[)anoiiir !' » Et la littérature postérieure des Brahmauas fourmille de textes qui, sous diverses formes, reproduisent la même idée : le jour appartient à Mitra, la nuit à Varuna; Mitra a créé le jour, Varuna a créé la nuit '. Enfin, par voie de conséciuence, le rituel prescrit fréquemment de sacrifier à Mitra une victime de couleur claire, à Varuna une victime de couleur sombre, ou à tous deux un animal pie^

De ce que tous ces textes sont relativement récents, serat-on tenté de conclure ([ue la conception qu'ils représentent

1. XIII. 3. 13. — Hors celui-ci, je ii estime point probants les passu/ïes colligés par M. HillebramU. V((runn und Mitra, p. 111 sq.

2. Cf. llillebrandt, np. rit., p. 67. — Quant aux citations du H^ V. auxquelles Bergaigne (III, p. 117 sq.l attache le même concept, je ne saurais leur atlriljucr en ce sens une valeur même approximativement sûre.

o. Voir quelques-uns de ces textes dans: Bergaigne. III, ]). 116 si|. -, Dictionnaire Bôhtlingk-Roth, s. y. \'uran<r. V. Henry, sur A. V. XIII. 3. 13.

4. Taitt. Samh. II.l. 7. 3 sq., etc. c IManc et noir », dit expressément Maitr. .<^amh. II. 5. 7. Cf. Hillehrandt, Viiraïui, p. 67 et 90.

VARTNA, MITRA ET LES ÂDITYAS 161

soit secondaire, étrangère à la pensée du Rig-Véda? Lexégèse védique tend peu à peu à exclure de la plupart de ses domaines ce mode dargumentation spécieux et trop rigide. Si Ion n'admettait jamais pour ancien que ce dont on a pour garants des textes anciens, les concepts nouveaux seraient sans racines dans le passé. En fait, d'ailleurs, la direction dans laquelle a postérieurement évolué la personnalité de Varuna nous est bien connue : elle n'a rien à voir à son caractère nocturne. Pour Mitra, le rapprochement du Mithra éranien vient en surcroit de preuve. Il ne me semble pas un instant douteux ipie leur mythologie ne remonte à une très antique tradition.

S'il en est ainsi, nous n'avons plus, je crois, qu'un simple |)as à faire, un pas désormais inéluctable, pour >aisir la nature originaire de tout le groupe divin que dominent Mitra et Varuna.

Repassons encore une fois nos documents.

Dans rinde comme dans l'Éran. un ensemble de sept dieux similaires : de par leur nature commune, ils sont célestes et lumineux ; deux d'entre eux forment couple, et l'emportent de beaucoup sur les autres, qui s'effacent à l'arrièreplan; l'un de ces deux est un dieu solaire; l'autre cumule avec des attributs lumineux la royauté qu'il exerce sur la nuit.

La conclusion me parait s'imposer: originairement, Mitra, c'est le soleil; Varuna, l'Ahura éranien, c'est la lune; les Àdityas sont les cinq planètes '.

1. Peut-être la priorité de cette découverte appartient-elle k M. Hillebrandt, qui a écrit {Ved. Mijth., I, p. 5:>5l: « Il se peut que la lune et le soleil s'incarnent encore dans un autre couple divin souvent méconnu: celui de Varuna et Mitra: je n'oserais me prononcer sur ce point.» M. Hardy, lui aussi {\'cdi-'ch-brahmani.<rliAs Période dur Relif/ion), envisage Varuiia comme un dieu lunaire. C'est indépendamment deux que je suis arrivé à ma conclusion: circonstance qui serait de nature h la corroborer. — .J'observe en passant que l'interprétation de Mitra et Varuna par le soleil et la lune cadrerait bien avec la préséance traditionnelle attribuée à Mitra, qui est la règle dans le Véda, mais qui n'est pas sans avoir laissé des traces

OLDENBERG. — Védu. U

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A cette proposition j'en ajoute une seconde, que je considère tout au moins comme hautement vraisemblable : c'est du dehors que le peuple indo-éranien a reçu, a importé ce cycle de divinités.

Autant, en effet, l'Inde et l'I^^ran s'accordent sur ce concept mythologique, autant il y demeure confiné, rebelle à toute comparaison avec les divinités des autres nations indo-européennes. Que l'on compare les rapprochements auxquels se prêtent les types traditionnels, tels que ceux d'Indra ou des Açvins, voire le prototype du sôma : on se convaincra que des dieux aussi remarquables que les Adityas et Varuna devraient au moins accuser quelques vestiges de leur existence en dehors de l'Inde et de l'hlran ' . Il faut donc l)ien, ou que les Indo-Éranions les aient créés, ou (pi'ils les aient importés de l'étranger.

Qu'on pèse maintenant ce nouvel argument : les Indo- Éraniens avaient, de temps immémorial, un dieu solaire et un dieu lunaire, sur la nature desquels ils ne pouvaient pas se tromper, puisqu'ils les nommaient tout simplement « Soeil » et (( Lune ». Or, voici cpiesiu-git un second dieu solaire; voici un second dieu lunaire, dont le symbolisme naturaliste parait complètement oublié, ou peu s'en faut, dès l'époque indo éranienne. et qui n'en a retenu que des attributs moraux; voici enfin, dans ce même grou])e de rois et régulateurs du monde, les dieux des cin([ planètes, aussi effacés d'ailleurs et incompris que le précédent, — des cinq planètes, alors qu'il est notoire qu'elles n'ont jamais occupé la pensée des gens du Véda ni de l'Avesta. bien plus, alors que la croyance éranienne les a rangées au nombre des puissances

daus l'Avesta lui-même: .1. Darmesteter. Orina^d et AJn-ùnaii, p. 65, n. 5. En contraste avec la suprématie reconnue h Varuna- Ahura, cet ordre a quelque chose de surprenant, et l'on y soupçonne la survivance d'un concept originaire antérieur aux tormes historiques sous lesquelles nous apparaissent ces dieux.

1. L'équation jadis enseignée Varuna = Ojpavo; est, comme on sait, fortement battue en brèche par la phonétique et ne se soutient qu'à l'aide d'expédients. S'il est vrai que Varuna soit un dieu-lune, elle sera condamnée sans appel.

LE KTA 163

malfaisantes! — N"est-il pas infiniment pr()l>able que les Indo-Éraniens ont dû emprunter à quelque autre peuple plus avancé en astronomie, — et dès lors, selon toute apparence, aux Sémites', — ces notions qu'ils ont adoptées à l'état brut et sans les bien comprendre-? A ne considérer ensuite que le panthéon védique, cette impression ne se vérifie-t-elle pas de tout point? Xe voit-on pas ([ue ce groupe de dieux lumineux forme un cycle fermé, étranger, distinct de tout le reste de cet Olympe? Varuna en regard d'Indra, le souverain de l'univers en contraste avec le sabrcur ivrogne et fort, n'est il pas le représentant dune civilisation plus élevée et datant de plus loin, le témoin de l'heureuse influence exercée, sur le peuple ([ui alors mettait le pied au seuil de l'Inde, par (juelque nation occidentale de culture supérieure'? Les Sémites semblent s'être élevés, plus tôt que les Indo-Européens, à une conception plus mûre de la vie morale : est-ce un hasard qui veut que le mythe qui nous apparaît composé d'éléments sémitiques soit précisément celui où les antiques forces naturelles accusent la tendance la plus marquée à devenir des puissances morales ?

fj' Rta. — ■ En exposant les conjectures auxquelles se prête la personnalité physique de Varuna et des Adityas, nous avons déjà été amenés à parler du rôle que jouent ces dieux comme rois de l'ordre universel, témoins et juges du bien et du mal. Dans cet ordre d'idées, il est essentiel de se rendre un compte précis de la relation qui unit Varuna et les Adityas au concept du rta- ou de 1' (( Ordre » : le moment est donc venu d'analyser ce concept, tel qu'il ressort de la repré-

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