I.A RELIGION EN CHINE
moral, l’esprit du taouisto se préüccu[)e plutôt de ce qui est grossier et de ce quiestjjur. Il entreprend de soumettre l’iiomme, pris en bloc âme et corps, à un procédé de puritication. Sur la terre tout est prossier ; dans le ciel tout est pur. Ceux qui emploient pour eux-mêmes une méthode de discipline, semblable aux procédés employés pour transmuter les substances g-rossières en or et pour rétablir un corps malade dans l’état do santé, tiniront par acquérir le pouvoir de quitter la terre et de s’élever au ciel. Le corps [>erdra sa matérialité, l’ânie s’épurera et alors aura lieu l'apothéose.
Dans le système du taouisme, l’idée de péché est la même que dans le confucianisme. Sa classiticatiun des vertus, sa notion de la rétribution dans la vie présente, sont identiques à celles de ce système. Tous deux ont bâti sur les mêmes croyances nationales. Voici en quoi ils diüêrent : Confucius se contente, pour récompense, de l’approbation de la conscience ; le taouisme veut, pour réconqiense de la vertu, la longévité, l’opulence, la santé, le rang et une postérité nombreuse.
LaO'keun, le fondateur de la religion taouiste, prescrivait la tranquillité et l’empire sur soi-même. (( Que toutes les passions soient soigneusement réprimées. » (( Dans le re[tos, on trouve la force et le [)rogrés. » Ses disciples interprétèrent sa doctrine comme exigeant la vie ascéti(|ue : mais ils ne jugèrent pas, comme l’ont fait les bouddhistes, (pi'il fut nécessaire do fain' vœu de célibat, ou de se raser la tête, ou d’évitec de donner la mort aux ani maux.
L’àme n’étant (|u’une espèce de matière supérieure, l'idée de salut en arriva à être celle de raffranchissement de toutes les souHrances corporelles ou spirituelles. Si le corps peut devenir inattaquable à la maladie et à la mort il sera semblable à ceux des immortels. A dillérentes époques, des hommes ont cherché la plante qui rend immortel et ils l’ont trouvée. D'autres on tenté de découvrir par la chimie le moyen de transmuter en or les métaux inférieurs. L’agent principal de ce procédé étant un élixir universel peut s’employer pour rendre le coiqis immortel.
Les taouistes n'ont guère pu s’élever au-dessus de cette idée grossière do la manière de délivrer l'homme des maux de la vie jusqu’à ce qu’ils aient fait des emprunts au bouddhisme. La vie ascéti(pic était un point de similitude qui facilita une imitation générale du système de cette religion, lis commen-
ANNALES DU MUSEE GUIMET
cèrent par donner à Lao-keun beaucoup des traits du Bouddha; puis ils inventèrent des personnages correspondants aux Poosas. Le repos et la méditation sont les voies de rédemption et rinstituteur humain est un rédempteur. La rédemption de l’homme s’exerce sur tout ce qui est grossier et impur, soit dans le corps, soit dans l’âme.
Cet a])erçu des résultats où sont arrivés les Chinois aidés de trois systèmes religieux anciens et populaires, en ce qui concerne les grandes idées de péché et de rédemption, est bien fait j»our éveiller des sentiments de pitié profonde dans l’esprit du chrétien. La nature de l’Evangile qui répond si bien aux besoins de l’homme et l’histoire de ses victoires précédentes rempliront d’un ardent espoir le cœur dé ceux qui s’efforcent de répandre dans ce vaste empire la doctrine de la rédemption divine par un Dieu sauveur.