MUSÉE OUIMET
I,A RELIGION EN CHINE
souvent, qu’un honinio réputé vertueux est monté au ciel, Shang-teen, on emploie le langag'e des taouistes. Les livres de cette relig'ion parlent de nombreux palais construits au milieu des étoiles et où résident les dieux et les génies. Ils supposent que la mort est, pour la plupart des hommes, la destruction du corps et de Tàme, mais qu’un petit nombre de personnages vertueux obtiennent pour récompense de demeurer dans le paradis des génies. L’âme, tsing-shin, s’élance, à l’instant où la mort rompt ses entraves, vers la région des astres et jouit en ce lieu de l’immortalité du bonheur.
On place la demeure de Laou-Keun, fondateur histori(pie de cette religion, dans le Tae-tsing-kung, le palais de pureté sahlirne . Le paradis où résid-^ la première personne de la Trinité taoiiiste [»orte le nom de Métropole de la montagne de perle ; i»n y accède [>ar la porte d'or, imitation du style oriental (|u’on emploie habituellement quand on parle de la demeure royabn La divinité si universellement connue, Yuh-ti^ subordonnée ù cette trinité, trône dans le Palais de perle pure.
Les étoiles qui avoisinent le pôle Nord sont les plus souvent citées dans les légendes qui traitent des séjours des génies. Certaines étoiles ont reçu les noms des dieux que l’on croit y habiter ; d’autres sont désignées par les noms des parties d’un palais, tels que: salon du ciel, porte céleste, etc., qui, sans doute, leur ont été donnés par suite de cette idée ({iie les étoiles servent de résidence aux divinités qui gouvernent le ni aide, f.es astres avaient reçu leurs noms avant que la nomenclature des divinités taouistes tut créé 3 mais les inventeurs do cette noniniclature, qui remonte au conimencemsnt de l’ère chrétienne, y tirent entrer t<.»utes les notions po[iulaires sur le ciel et les dieux qu’ils trouvèrent convenable pour leurs projets .
Dans leurs livres on représente souvent le dieu de l’un de ces palais sidéraux instruisant une foule de disciples dans les doctrines du taouisme. Ces auditeurs sont les génies affi-anchis de la mort et on prétend que les hommes vertueux sont destinés ù prendre place parmi ces génies et ù monter au ciel après leur mort .
Dans la fable chinoise primitive, les monts Kv'un-lun, dans le Tibet, étai nit la région choisie de [)rétérence comme résidence des génies. Situées au nord de rilimalaya, ces montagnes no le cèdent en élévation qu’à c:tte cliaine; elles furent connues de bonne heure par les Chinois. Une divinité féminine
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ANNALES DU MUSEE OUIMET
(lu nom de Si-wang-mou, qui joue un imle important dans la fable religieuse de ce peuple, réside sur un des plus hauts pics de ces montagaies. On voit souvent les héros de la mythologie taouiste se reudre dans ce lieu et y demeurer comme en un paradis terrestre. Les Seen-jin, ou g'énies, sont teen seen, immortels célestes, ou ti seen, immortels terrestres ; ih sont tous doués de sagesse, vertu, jeunesse éternelle et puissance magique ; mais il y a des degrés dans ces qualités. Ceux qui jouissent de pouvoirs inférieurs demeurent dans un paradis des montagnes du même genre que celui de Kwun lun, tandis que ceux d’un rang supérieur sont transportés dans les astres.
Le cœur du chrétien saigne en songeant qu’un peuple sage et savant comme lallation chinoise est aussi mal instruit de l’avenir de ràmcque l’indiquent ces quelques observations ; mais elles prouvent du moins que l’homme, s’il est [•rivé de la Bible, s’efibrce de parvenir par un système quelconque ou par quelques articles de foi, si incongrus et erronés qu’ils puissent être, à donner satisfaction à cette conscience d’une vie future qui est innée chez tous. La possession de cette conscience est une préparation au christianisme, et un jour ce peuple apprendra à aimer la vérité en proportion de la fausseté et des insuffisances des croyances qu’il abjurera pour aller à elle.