OPINION DES CHINOIS SUR LE CHRISTIANISME
La façon dont l'esprit chinois accueille le cliristianisine peut servir à déterminer la condition religieuse de ce peuple. Nous no pouvons pas espérer de voir accepter à première vue la religion de la Bible, avec une fois sincère et sans hésitation, par la population d’un pays comme la Chine. Il faut, avant cela, qu’elle supporte les critiques qui ne manquent pas de se faire jour ; la nature de ces critiques dépend de l’idée dominante chez ceux qui les émettent. Les Chinois ont un certain étalon d’après lequel ils forment leur o}»inion sur les sujets moraux ou religieux. Les objections qu’ils opposent au christianisme sont donc un indice de leur état moral et religieux.
Un des reproches qu’ils font le plus fréquemment au christianisme, c’est qu’il n’admet pas le culte des ancêtres. Ne pas adorer ses ancêtres est, pour le Chinois, l’équivalent de l’oubli complet du devoir tilial. Confucius disait que les sacrifices aux parents décédés étaient obligatoires d'après les convenances et les vieilles coutumes. Négliger ce devoir, ainsi que le devrait celui qui se convertirait au christianisme, est considéré comme un grand crime. Celui qui s’en rend coupable est ditpuh heaou, « impie, — uufilial, » et l'animosité de ses pires ennemis ne saurait rien trouver de plus fort contre lui. Quand l’Empereur A"ung-ching se décida à persécuter les convertis au catholicisme romain, dans les premiers temps du dix-huitième siècle, ce fut en vain que les jésuites mathématiciens, qu’il employait au tribunal astronomique, intercé-
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dèreiit auprès do lui. Il leur répondit que l’adoption do leur religion détruisait la}dété filiale. Ils se défendirent en représentant à l'Empereur que le christianisme ordonne ex}ircssément la piété filiale comme l’iin des jilus solennels et des plus obligatoires des devoiis de l’homme. Ils représentèrent aussi que, bien loin d’oublier les parents décédés, les chrétiens en conservent soigneu sement les [lortraits et d’autres objets, reli(pies de leurs morts, et portent des anneaux qui les rap})ellent à leur mémoire. L’eni})ereur ne voulut pourtant pas comprendre qu’il pût y avoir là une compensation' à la suppression des sacrifices et du culte religieux, et se refusa à révoquer l’édit de persécution.
Les missionnaires jésuites auraient voulu permettre aux convertis de conserver l’usage de sacrifier aux ancêtres, en l’envisageant comme une formalité civile et non comme une règle religieuse. Les missionnaires des autres ordres soutenaient une opinion contraire; ils considéraient ces sacrifices comme une pratiijue indiscutablement religieuse et exigeaient son abandon conq)let de tous ceux qui déclaraient abjurer le paganisme. La querelle fut portée devant le Pape, qui prononça contre les jésuites sur ce point comme il l’avait fait sur un autre ; car les missionnaires de cet ordre avaient échoué quand ils avaient jilaidé devant lui l’adoption des anciennes expressions de Shang-te, Tien et Ciel, comme équivalents du mot Dieu; l’expression nouvellement inventée, Ten-choo, seigneur du ciel, (pie préféraient les autres ordres, fut aussi préférée parle pape et imposée par ordre aux missionnaires et aux convertis.
Dans une critique dirigée contre le christianisme un auteur moderne dit : « La religion du seigneur du Ciel en ne permettant pas aux hommes de rendre « un culte aux tablettes de leurs ancêtres, ni do leur offrir des sacrifices, tend a à faire perdre à rinnnanité le respect qu’on a coutume de professer pour ses « parents et ses aïeux. » Il condamne la religion de l’Occident pour sa similitude avec les systèmes de certains anciens [iliilosophes chinois qui furent condamnés comme non ortliodoxes par les contucianistes de leur époque. \ ang’ et Mih, aux doctrines desquels il compare le christianisme, avaient pris pour principes de leurs systèmes respectifs la droitiu'e universelle et sans distinction, l’amour universel et général. Les discij)les de Confucius avaient prétendu que ces doctrines étaient incompatibles avec les devoirs de piété filiale et de fidélité (pii obligent à donner à certaines personnes plus de respect et
rrninoiir qu'à il’autres. Un auteur chrétien ayant écrit : « Les fidèles des ro- « lig’ions bouddhiste et taouiste s'alfrancliissent de leurs devoirs env- rs leurs « princes et leurs parents et ne iiaraissent pas avoir conscience de leurs devoirs (( envers le Ciel : les discijdes de Confucius eux-inèines ne sont pas sans re- « proche sur ce point; » le critique chinois se fâche de ces mots; il défend les bouddhistes et les taouistes en disant que dans les temples ils honnorent la tablette du dvayon, et prouvent ainsi leur tidélilé envers l'Etat. La pratique à laquelle il fait allusion a pris naissance dans les temps de persécution. Les bouddhistes furent forcés de placer dans leurs temples une petite tablette consacrée à rEmpereur immédiatement devant la principale image, de sorte qu’en s’inclinant devant l'image le lidèle s’inclinait aussi devant rEmpereui’. 11 cite également un passage d’un livre bouddhique disant qu’il est moins méritoire de prier mille Pratvékas Louddhas ({ue d’adorer ses parents dans la salle de la piété liliale. 11 poiu'suit en défendant le système de Confucius et en portant de grossières accusations contre Jésus, entre autre que s'il avait été crucifié c’était pour avoir violé les lois de son pays.
Ces appréciations et beaucoup d’autres de mémo genre se trouvent dans l'ouvrage récent Hae-kwah-too-che, généralement connu sous le nom de Géo[iraphie de Lin. Le j)rinci[ial conqiilateur et compositeur de cette vaste publication — c'est un ouvrage en viugt-(|uatre volumes, qui a eu cinq éditions en peu d'années — fut àVeï-yuen, (pii ne survécut pas longtenqtsà son collaborateur plus célèbre. Lin tséh-seu. Ils étaient tous deux ennemis déclarés de l’Angleterre et des Anglais ; ils montrèrent leur haine l'un dans ses actes comme commissaire pendant la guerre de 1842, l'autre dans les écrits qu’il a publiés depuis cette époque.
11 est une autre méthode d'attaque contre le christianisme habituelle en Chine dans la class(3 (des lettrés, c est d exprimer do l’incrédulité p(.uir ses vérités. Je reçus [dusieurs fois la visite d un savant, très instruit des livres de son pays, appelé Cliow-téen-ming. Beaucoup de }*ersonnes, douées d’un esprit curieux, rendent visite aux missionnaires étrangers, dans les villes maritimes (|u ils habitent, espérant oldiuiir d eux ([U(3lques rens(-?ig'nements scientiti(pies.ll était de ce nombre. 11 fut présenté parmi ami chinois, sous le prétexte (pi il désirait s entretenir des vingt-ciiK] histoires, gramle collection des annales des dynasties successives de rEni[)ire di^ Chine. Bient('it la conversa-
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lion tomba sur le christianisme. 11 prétendit qne le récit de la mort du Christ sur la croix ne pouvait pas être antérieur à la dynastie Ming ; car ce fut à cette époque (au seizième siècle) que les missionnaires catholiques romains pénétrèrent dans l’Empire du Milieu et apportèrent les premières notions d(^ leur religion. L’Angleterre, disait-il, était un pays nouveau, comparée à la Chine. Son histoire, comme nation, ne remontait qu’à un petit nombre de siècles. Nous ne pouvions connaître avec certitude des évènements survenus à une époque aussi reculée que celle qu’on attribuait à l’existence du Christ. 11 était évident pour lui que le Nouveau Testament ne pouvait pas être si ancien qu’on le disait; car, dans ce cas, les faits principaux de la vie du Christ eussent été connus beaucoup plus tôt en Chine. Je lui répondis que, si la nation anglaise n'a que peu de siècles d’existence, nous possédons une masse considérable de livres du vieux monde qui nous sont parvenus dans les langues anciennes de l’Europe et de l’Asie occidentale, et que cette littérature était aussi antique que bien prouvée par le témoignage de la critique. 11 déclara se rendre, mais sur sa physionomie se lisait l’incrédulité.
Je lui demandai alors s’il avait vu l’inscription syrienne qui contient la preuve que le christianisme avait été enseigné en Chine dans le septième siècle. C’est un m'umment extrêmement intéressant de la première introduction de notre religion dans la Chine, grâce aux eiforts des missionnaires de l’Eglise nestorienne. 11 fut découvert accidentellement, il y a deux cents ans, par quelques ouvriers dans la ville deSi-ngan-fou, au nord-ouest de la Chine. Les savants indigènes le considèrent comme un très précieux spécimen de la calligraphie et du style de la dynastie Tang, à l’époque de laquelle il appartient; mais ils ne savaient comment expliquer sa nature chrétienne jusqu’au moment où les missionnaires jésuites sont venus à leur aide. Mon ami convint qu’il l’avait vu, mais il no pensait pas qu’il se rapportât à la religion chrétienne. Le fait de la mort du Christ n’était pas clairement indiqué et il croyait que la phrase qui parle de la division du monde en quatre parties en forme de croix n’était pas une allusion à la mort du Christ, mais seulement aux quatre points cardinaux de l’horizon. Je lui désignai alors d’autres passages de l’inscription, qui parlent de la Trinité des Personnes dans la nature divine, qui citent le nom syrien de Dieu, Aloho, et le nombre vingt-sept, en parlant des livres sacrés, qui, évidemment, se rapporte au Nouveau Testa
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meut. D'auti'os ailiisiuiis au sabbat hebdomadaire, à la naissance du Sauveur sous le nom de Messie dans l'empire romain de rextrènie Occident et à d’autres faits du christianisme donnent la certitude que c’est bien là la religion décrite dans le monument. Je lui démontrai ainsi que sa prétention d’établir que le christianisme n’était pas plus ancien que le temps où les missionnaires catholiques romains pénétrèrent en Chine était insoutenable. Il devait remonter au moins jusqu’en 781 A. D., date de ce monument.
Celui qui plaide la cause du christianisme en Chine trouve dans cette inscription célèbre des armes utiles pour répondre à des adversaires de même catégorie que cet homme. S'appuyer sur les preuves habituelles, celles qu’on appelle historiques, n’est pas concluant pour des gens aussi ignorant qu’ils le sont de la Judée et de son histoire. Par la preuve qu'il domine de la réalité des Ecritures chrétiennes, ce monument est une assise importante pour l’ere du christianisme primitif, et il a souvent été utilisé à cet eüèt dans les ouvrages publiés en Chine par les missionnaires catholiques et protestants.
Les monuments juifs de Kai-fung- foo aident à défendre en Chine la réa lité de l’Ancien Testament, de la même façon que celui de Si-ngan-foo contribue à établir celle du Nouveau. Quand ce visiteur prétendait que nous autres Anglais nous étions un peuple trop moderne pour posséder des livi'('s aussi anciens que ceux que nous avons, prenant une Bible hébraïque je lui dis qu’en Angleterre nous avions coutume de faire ce que les Chinois négligent, c’est-à-dire d’apprendre d’autres langues que la nôtre, et que nous lisions et conservions aussi soigneusement les livres écrits en langues anciennes que les modernes ; de sorte (|ue l’origine récente de la nation anglaise ne signifie rien pour l’exactitude de nos connaissances de livres et d'évènements vieux de deux mille ans et plus. Notre Bible hébraïque est la même que celle de Kai-fung-foe, sauf qu’elb' renferme, outre les livres de Moïse, le reste d l’Ancien Testament; les signes écrits sont les mêmes dans les deux documents et c'est de ces signes (|ue notre al[»habet a été tiré. Je lui re[)rocbai d’avoir trop [U'omptement mis mi doute l'exactitude de notre dire sur rantifpiité de nos livres. Il répondit : « Ne vous fâchez pas. Je n’ai pas l’intention (c d’insulter à votre religion. Dans ce pays, nous professons la religion du sage (( Confucius, comment pourrais-je donc mal parler d’une autre croyance? » Je lui répliquai qu’il devait [trouver sonrespecf pour la morale de l’ancien sage
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par « ses l)ons sentiineiits envers les lioinnies venus de loin ». Suspecter l’exactitude des aftirinations faites depuis deux cents ans par les mission naires catholiques ou protestants sur l’origine de la religion, c’était manquer au précepte du sage. 11 me dit qu’en sa qualité de lettré il étudiait, pour sou propre com|)te, ces questions, d’après les aftirinations contenues dans les livres et s’eübrçait de les apjn’onfondir de son mieux. Je lui conseillai d’apprendre les langues étrangères, lui disant qu'il serait alors mieux armé pour critiquer la littérature de l’Euixqx'.
Ce même adversaire s’appuyait, pour attaquer notre religion, sur la différence de ton moral, qui existe, selon son appréciation, entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Quand on entend des hommes instruits, pour ces pays païens, émettre des o})inions superticiellos sui' l’excellence relative des livres de Dieu, il s’éveille en nous un vif sentiment de colère, mais il n’est pas possible de leur imposer l’autorité de la parole divine par notre simple témoignage. Pour eux ces livres sont nôtres, ils ne sont pas de Dieu. Il faut les amener par la })atience et la discussion à admettre qu’il en soit l'auteur et il faut attendre qu’ils aient lu et jugé. Rien, dans le cours ordinaire des choses, ne peut faire qu’un païen instruit voie dans la Dihle, quand il l’ouvre pour la première fois, autre chose qu'un livre humain. Ce Chinois nous disait qu’il préférait beaucou}» le Nouveau Testament à l’Ancien et il hnirnait en ridicule certaines j>arties de l'Ancien Testament. Je lui répondis (jue les mauvaises actions des hommes, quand elles sont rapportées dans l’histoire, ont, autant que les bonnes, le don de mener à la veitu. Le but des auteurs de l’Ancien Testament, dans tout ce qu’ils nous ont transmis dans leurs œuvres, était indubitablement, })Our no })as dire plus, de faire progresser la }>iété et la vertu. S'il voulait [tersister à le considérer comme une composition humaine, il devait voir dans ce fait leur justitication d’avoir perpétué le souvenir des mauvaises actions; bien plus, (|ue la fidélité était la gloire de l’histoire et que dans les livres classiipios de son pays hîs actes des hommes pervers étaient rapportés en même temps (pic ceux des gens vertueux; que pourtant les moralistes chinois ne considéraient [)as ces livres comme nuisibles a la vertu sous ce rapport; qu’ils étaient tenus pour modèles et partout mis entre les mains de la jeunesse pour son instruction morale ; qu’on avait
trouvé que de tous les livres rAiicieii et le Nouveau Testament étaient ceux qui portaient le plus à la vertu.
Il blâmait la prétention exorbitante du christianisme à se croire la seule religion divine. Il pensait que l’autorité des classiques chinois était indiscutable [)üur ses compatriotes et pour lui-même. Quand la conversation tomba sur la question de savoir si Tâme est simple ou si elle peut se diviser en deux au moment de la mort, il conclut que sa dualité était positive, parce qu’elle était établie dans les livres classi({ues. « Nous avons ces livres, disait- « il, depuis trois mille ans, ainsi que d’innombrables publications de savants c qui ont écrit dans l’intervalle de cette période. Notre Confucius était de « plusieurs siècles plus ancien que Jésus. »
L’éclat de la science et de l’antiquité devait, dans son opinion, donner la supériorité à la religion de la Chine. Nous répondîmes à cela que la grande antiquité de Confucius ne constituait pas un droit suttisant à la supériorité, vu que Moïse, le sage Israélite, était [)lus ancien que lui et même que AVen et AVoo, les deux illustres rois de la Chine du onzième siècle avant J.-C. « Alais, répli(pia-t-il. nos sages Empereurs Yao et Shun étaient antérieurs (( à Moïse. )) « Notre antiquité remonte bien plus loin encore, lui répondîmes- « nous; Yao et Shun ne datent pas de plus loin que 23U0 avant J.-C.; mais U nous avons Adam, Enoch et Noé qui appartiennent à une époque encore plus (( ancienne. » Il entreprit alors, avec bonne humeur, de démontrer que sur un autre point l’Orient l’emportait sur l’Occident s’il ne pouvait pas rivaliser d’antiquité. Il allégua que l’art de l’écriture avait été emprunté par nous à l’Asie, puisque notre alpliabet tirait son origine de celui qu’employait le peuple Hébreu.
La répulsion (|ue le Chinois éprouve pour le christianisme provient de préjugés nationaux. Il déteste la religion de l’étranger parce qu’il hait l’étranger lui-même. On trouve parmi les bas ofliciers des Ahunouns beaucoiq» de violents ennemis des étrangers. Depuis quelques années je rencontrais un de ces adversaires dans un temple de Shanghaï. Il commença par aftirmer que notre calendrier était faux ; que nos mois ne concordaient pas avec la nouvelle et la pleine lune, ni avec les grandes et les basses marées. On lui dit que notre calendrier était composé, pour plus de commodité, de façon ii faire concorder les mois avec le mouvement du soleil })lutot (pi’avec C'Uix de la
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lune. Il dit alors qu’il était absurde que nous vinssions les exhorter à la vertu puisqu’ils avaient des livres qui enseig’naient la morale depuis bien plus longtemps et bien mieux que les nôtres. « Toute notre science et notre érudition c( disait-il, était empruntée à l’Orient. Laou-Keun, le philosophe taouiste, c( idait allé dans l’ouest, ainsi que le rapportait l’histoire, et, sans doute, avait « communiqué la science chinoise aux peuples chez lesquels il voyageait ; « d'autres l'avaient suivi ; la science s’était répandue de la Chine à toutes « les nations environnantes et c’était ainsi que nous avions reçu la civiliu sation. )) 11 appuyait surtout sur ce que nos dires sur Jésus étaient déraisonnables. « Comment pouvait-il gouverner le monde à lui tout seul? Il lui c( fallait des divinités inférieures pour l’aider. Nous ne voulions pas recona naitre leur existence, mais elle était indispensable à la direction du monde. « Notre Mathieu, prétendait-il, car il avait lu quelques chapitres de l’Evangile K de Mathieu, était un Chinois cité dans les 'Trois Roi/auuies (roman histo- (( ri(|ue du second siècle de l'ère chrétienne), dont le nom était presque le « même que celui de Mathieu pour la prononciation. Pour croire en Jésus il K fcdlait alqurer la piété filiale, car il était défendu de sacritier aux ancêtres. » Et comme on lui disait que si cette pratique était défendue par Pieu elle devait être abandonnée, il ré})liqua (ju’elle était juste indiscutablement puisque l'Empereur lui-même s’y soumettait. Il est clair, par l’exemple que nous venons de présenter, que cet adversaire n’était pas fort sur le raisonnement. 11 est un exem})le de cette hostilité qui ne raisonne pas, si fréquente en Chine. Tout ce qui est étranger est regardé avec les lunettes du préjugé. L’esprit d’exclusivisme caractérise la classe de gens dont nous parlons, il les induit à considérer comme ridicules toutes les coutumes et toutes les opinions qui ont Cours chez les Barbares.
Leur manière favorite d’attaipier le christianisme consiste à le représenter comme dérivé en })artie du bouddhisme et en partie du système de Confucius. (( Que parlez-vous de ciel et d’enfer ? dira souvent un adversaire au mission- « naire, nous avons dt'jà ce dogme. C’est une idée bouddhique et elle n'a rien « de nouveau pour nous. » Les Chinois ont, en etfet, des descriptions très détaillées des tourments de l’enfer. Les images peintes qui représentent ces tortures, très répandues dans le peuple, m'ont souvent fait souvenir des planches du Boxes BooJc of Marhjrs et des livres catholiques romains illustrés à