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se mêlent au tintement des cl(.)ehettes des mulets. Un piéton rpii est allé vendre rpielipie marchandise à Kwany-chan^’ reidrc chez lui, à Yu-chow, son joug sur l'épaule. Un autre qui jiioite sur le dos un j»aquet pesant s’est assis sur une jûerrc au bord de la route et se repose, appuyant pendant ce tenq)S son paquet sur une autre pierre placée en face de lui.
^h;)ici la tin de la Grande Muraille. IGi li^^aucoup d’endroits elle est réduite, a un simple amas de lûerres brutes; mais à Tszé'lving-lv^\■ang nous la voyons dans son meilleur état. A mesure que nous approchons elle devient très visible, escaladant les sommihs élevés, et présentant partout ses créneaux. Elle est soigneusement con.^truite en pierre dans le bas, en briques dans le haut. ''rszé-King-Kwang est assez iin[»osant. 11 y a des quantités d’inscriptions du règne de A\Yn-leih. 1 ’lusieurs. fois des armées ennemies ont pénétré dans le Ghih li par cette route beaucoup plus commode que celle de rsan-Ko\\'. 11 n’y a pas à traverser ici de vastes gisements de rochers épars comme ceux de Ku-yung-Kwan. On a donc fait de grands etlbrts pour la fortifier. Dans une inscri[)tion jilacée au-dessus de la porte nord de* ce fort, il est ap[)clé King nnn le yc hinny Kicae, « le premier passage fortifié au sud de la capitale. » Plus de deux cents familles habitent dans la forteresse. Les murs sont hauts et les porti's solid(^s. Ici sont [lostés des douaniers quelque peu désagréables. Ils nous demandent des droits de transit. Nous refusons par la raison que nous ne sommes pas des marchands, mais des étrangers voya géant avec des passeports et sans marchandises. Après avoir bien crié pendant dix minutes ([lU' nous devons [layer, ils Unissent par nous laisser tranquilles.
Du cot(‘ sud do la fortc'resse, nous nous trouvons au point culminant d’une route de montagne très rapide (pd passe par une vallée do toute beauté ornée entre autres clioses de pe/si nnnnu.'<. Goux-ci i\\Qc leurs fniits rouges constituemt un des aspects agréables de rautomne ici (d en général dans tout 1'.' nord (h; la Chine, surtout dans les régions montagneuses. Ouehjues-uns de ces arbres sont plus grands ipie les plus gros }»oninners ou })oiriers, car ils ont de trente à (piaranto pieds de hauteur. (Jiiand le fruit C‘st nouveau, il coii' lii'ut un élément fortement astringent; (piand il est doux et iniir, la saveur astringente abandonne la }udpe mais se consi'rve dans l’écorce. Les Chinois lont sécher le persunmon, et, de cette Gçon, le conservent jusqu’au })riidem[»s.
Ann. g. — IV
Les feuilles toinbeut avant le fruit, et les arbres que nous voyons sont, en ce moment, presque entièrement clé})Ouillés de leur feuillag'o.
Nous nous arrêtons i)Our nous rafraîchir dans une petite auberge sur le bord de la route et admirons la vue de la vallée colorée richement par les feuilles d'automm,' qui réjouissent l'oid j.ar leur beauté avant qu'elles ne tondjent sur la leri-e et red('viennent une partie constituante du sol ([ui leur a donné la vie.
Nous descendons i'a[)idement et remarquons le changement prononcé de niveau entre Tszé-King-Kvang <d les [»laines d(> Yu-chovn Nous sommes ici de 1 ,5(.)0 j)ieds [»lus élevés (|ue dans la plaine et cependant nous sommes en apparence au niveau de la vallée de Kvang-chang. Richtoven a passé par cette route en allant à AVoo-taï, et sans doute l'élévation rapide do niveau qu’il a constatée ici constitue une grande partie de la hauteur qu’il attribue au A\'oo-taï-shan. Une petite rivière suit la route }»endant qu(?lques milles. La vallée est limitée par des collines élevées, parmi lesquelles on voit beaucoup de roches calcaires profondément dentelées })ar les pluies d’orages des siècles écoulés. Mon muletier me montre une de ces montagnes calcaires et dit avec un C(mtain enthousiasme : Cheshan shi tsaï chancj ii yen ya, « cette montagne s’est élevée avec une forme certainement bien rare et très élégante. » Alais, tout à coup, de la }>oésie de la nature il est ramené à la réalité vulgaire }>ar certaim's marques de mauvais caractère do sa bête, qui l’obligent à faire claquer son fouet et à la presser par des paroles qu’elle semble comprendre. A'ers les ponts, la rivière a trente yards de largeur, Gà et là quelques saules au feuillage vert liétri f)iit un peu de diversion. On commence à voir maintenant un peu de blé et de coton. Ces plantes sont inconnues dans h' haut de la vallée de la Ivu-nia. La vallée que nous traversons cette après -midi ]>araît promettre beaucoup au botaniste ; il y croît une grande variétt' d’arbres et de plaides. Los accacias ijiii ombragent l'auberge et un temph.‘ voisin sont di“ ti'ès beaux échantillons de l’esjtèce. Dans la vallée, divers autres arbres lirillent de toute leur lieauté automnahn Le peuple commence à se montrer mieux vêtu. Dans certains districts delà montagne l'habillement de beaucoig» de gens est insuflisant. Un jeune homme do vinet-neuf ans, dont les haliits étaient quehpie peu déguenillés, me dit qu'il n’avait pas de femme et ne pouvait payer pour on avoir une. Beaucoup d’autres jeunes gens de sa connaissance étaient dans la même situation. Derrière lui se
tenait un garçon irime ([uinzaino (rannées tout aussi déguenillé ; ce garçon si }tauvre avait cu[H'ndant été pondant ciiuj ans à l'école. Ils nu' dirent (pie leur nourriture ordinaire se composait de millet; ils n'a’iaient ni orge, nibhd
A roiiest de Tszé-Iving'-lv\vang-, « [>asse de la bramdn^ pourpr(', » sont (b's montagnes nTaniti([ues indiquées par la présence d'immenses blocs dans b' lit de la rivière. Ils sont arrondis par um? attrition constante et cette rotondité même att(*st(Aeur dureté. Ils forment un obstacle irritant à la course de la rivfu'e et aug'nient(mt son élan et son bouillonnement quand elle passe entre eux. Dans (piel(pies-uns di‘ ce‘s immenses bl')cs on r('marque de belles veines do quartz : les unes se croisent à angles droits, Ic's autres sous toute espèce d’angles. Nous allons remtrer maintenant dans une région où la pierre est moins dure et jdiis inaniabfn
La [>assion des Chinois ]»our les s(uitences élé’gamment tournéc's, arrang'ées en versets de deux vers, s'étend même jiis(pie (.lans les montagnes. Comme partout, il y a un teiuple dédié à Kvan-ti. Sur la porte sont écrits ces mots : S/tmi men pu so taï sine fen<j. c La i)orte du tenqde n’a point besoin d’être fermée ; attends et la neige va la sceller. Dans b' vieux monastère ([u'est-il besoin d’une lampe? la lune brille sur lui. » En tète d'une liste dj souscripteurs pour les f)iids du temple se tiatuve cette sentence : Yin Ku:o piih. rnei, c cause et etf d ne sont ]»oint cachés à l’observation. •> L'idée i[ue doit fdr(} naitre cette son tence obscure est (jue la V(‘rtu, l'aunn'uie et rammir d(' riiumanit('‘ ne })euv(mt manquer d'ètre reconnus et récompensés; ou bien encore qin* cette liste a pour but do rappeler les actions cliaritaldes des personnes qui y soid nommées.
Le bouddhisme se sert beaucoup (b' cette doctriin' de caus(‘ et d'ellèt et at’tirme en secret ipie la l'étribution morale suit toutes les actions, mauvaises ou bonnes, avec la régularité d’une loi établie.
Comme d’autres choses qui se trouvent dans le Douddhisme cette doctrine })eut être utilisée p(jur enseigner le christianisme à un jieuple pour leijuel elle est familière. C'est un exemple de la [(réparation au chidstianisme que nous devons au système doctrinal du bouddliisme et du confucianisme et, à un moindre degré, du taouisme également.