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LA FOI IMPLICITE

aj)i)arlieiil, comme il appartient à la nation. Ce soJit les aspirations nationales que la religion divinise. La nation est à la t'ois le sujet el l'objet de la religion. La religion peut, au reste, comprendre le peuple entier, ou seulement une fraction du peuple (i).

Sous la seconde forme (religions universalistes, églises j)roprement dites), la religion fait appel à toutes les nations ; c'est l'individu, quel qu'il soit, c'est l'homme à qui elle offre le salul. Ses rapports avec la société civile, avec l'État peuvent varier singulitM^ement ; réprobation de l'Etat (négation de la société civile et du monde, la fuite du monde, le monachisme), simple reconnaissance de la société civile, collaboration, prétenlion à l'indépendance absolue, exigence du concours de l'Ktat. appui prêté à l'Etat, tendance à le dominer, tyrannie théocra tique, etc. ; en sens inverse, domination de l'État sur ri^]glise, appui prêté par le bras séculier, simple reconnaissance, séparation, réprobation et persécution.

Lorsqu'on dit par exemple qu'une Église universelle, donc internationale dans son principe, redevient une religion d'État, ce mot est pris dans une acception nouvelle ; on veut dire que cette Église est privilégiée, exclusivement reconnue et soutenue par l'Etat.

On comprend que les attitudes du sujet varient dans ces (lilférentes hypothèses, et qu'il y ait complication, interférence, conflit, des sentiments civiques et de la piété.

(i) Tiele cherche à nionlrcr que la religion s'affranchit de l'État par deux moyens : la formation d'une puissante caste sacerdotale qui domine et absorbe l'Etat; la formation de sociétés secrètes et de sectes. Le processus est plus varié et peut, du reste, se réaliser historiquement de bien des m.inières. Voir par exemple Bousset, Religion des Judentlnims, p. 62, sur la foruiation d'une Kglise juive au temps des Maf'cha])ées. La domination étrangère décharge les Pieux de tout souci poliliiipe ou national. L'Etat profané cesse d'être le su|)port de la religion. En même temps, la communauté juive, par la Diaspora, franchit les limites de la nationalité. Mais ici la tendance à l'Universalisme reste à mi-chemin et le caractère national se maintient, en même temps r[ue les espérances (PaA-enir cf le Messianisme.

lO L\ RELIGION ET LA FOI

Les Kglises iiiteinationales tendent à se nationaliser à nouveau, et surtout aux périodes oii le sentiment national «'exaspère. Un Dieu supérieur aux peuples tend à redevenir le Dieu d'uu peuple particulier.

Une Église est une société religieuse organisée et indépendante; une société de fidèles unis par la même profession de foi, par l'exercice du même culte, par la soumission à la même autorité. Cette société s'attribue une valeur transcendante.

Une Eglise entièrement développée a donc un canon, une tradition, une théologie; un eorps sacerdotal avec une hiérarchie plus ou moins complexe; un culte, un rituel, des sacrements, un calendrier, des fêtes, une règle de vie pour ses fidèles : entrée dans l'Eglise, noviciat, profession de foi, discipline ecclésiastique, pénitence.

L'Eglise se rattache les fidèles par un triple lien : le lien hiérarchique, le lien symbolique, le lien liturgique. Tout cela se tient. Il faut qu'une religion soit un culte, sous peine de ne plus exister. Le dogme apporte la vérité : il fournit un témoignage apparent d'adhésion à l'Eglise (i) ; il décide entre des opinions divergentes, il donne une règle de discipline et d'ortho-^ cloxie. Dogme et hiérarchie s'impliquent et se supportent pour l'organisation des croyants en société et la conservation de cette société. Car l'autorité soutient la formule en qui elle puise autorité. On comprend quelle autorité donne au clergé la

(i) Les credos ne sont guère développés que dans les cultes universalistes et propagandistes. Gomme le disait R. Smith, les vieilles religions consistent ï)resque exclusivement en institutions et on rites.

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