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LE DESIR ET LA FORCE MAGIQUE

^i 11» nous faut bien étudier ^ ài. grands traits cette pensée i('*aliste qui est au fond du culte et qui s'exhale en eflluves puissantes pour enchanter ses fidèles ; il nous faut aussi marquer à grands traits ses dégradations vers le symbolisme jusqu'au moment oîi elle disparaît, comme se dissipe le rêve au réveil, à moins que l'on i n'arrive à se faire illusion dans la conscience de l'ilhision même, à se rendre dupe ilu-mirage au moment même où il se dissipe, ou à projeter sur la création artilicielle que l'on tient en «on pouvoir des émotions plus profondes qui confèrent une réalité momentanée à ce qui, sans^ elles, ne serait qu'un jeu de l'esprit.

Le réalisme, c'est la croyance à l'efficacité externe, objective de certaines pratiques. Le Rite est véhicule de la force religieuse, et -moyen de réalisation. Il tient à la fois de l'intention qui l'anime et des objets sur lesquels il doit agir ; au fond du réalisme magique, il y a cette thèse qu'il arrive a:ux choses exactement ce qui arrive aux moyens magicpies qui les représentent, qu'une cérémpnie produit exactement ce qu'elle figure. T"n symbolisme réaliste, telle est la forme extrême du culte.

Cette forme extrême, c'est la Magie. Naturellement nous ne songeons pas ici à Fétudier en elle-même, mais nous sommes bien obligés d'eflleurer tout au moins ses problèmes, car la force magique intervient dans la plupart 'des religions; on ne peut pas admettre en dehors de> la religion, par exemple le sacrifice, acte essentiellement, rcdigieux, ([ui- enferme quelque chose de magicpie : rinfluence qu'exerce sur le monde invisiJjle ' la -puissance libérée parle sacrifice; de même les sacrements, sous la forme de Vopiis opeiatnm. Notons pourtant que la Magic va beaucoup plus loin dans* le réalisme (.jue la religion. Nous avons déjîVdit que la mise en œuvre et l'utilisation de la

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Grâce matérialisée, suppose la foi au sens large; par exemple, il faut qu'il y ait chez le célébrant lïntention de faire ce que fait r Eglise ; sinon le Rite ne s'accomplit pas (i) ; il faut qull y ait chez le fidèle une certaine disposition intérieure, sinon il ne bénéficie pas de la grâce sacramentelle (2) ; les champions les plus audacieux de Vopus operatwn ne vont pas jusqu'à dire que les sacrements confèrent la grâce ex opère operato chez ceux qui sont en état de péché mortel (3).

Il semble que la religion apporte à l'action magique une restriction considérable ; au cas tout au moins où celle-ci s'exercerait avec une efficacité pleinement contraignante, indépendamment de la volonté du sujet, indépendamment aussi de la volonté du magicien. Pourtant nous n'oserions pousser trop loin cette distinction, car l'action magique n'est peut-être pas de forme striclement mécanique, et peut-être requiert-elle quelque intention? tout au moins exige-t-elle certaines précau-

(1) C'est un point sur lequel insisLe EisiiNiioi i;«, J landbiich der KatlioU' schen Liturgik, 1912, p. 25, pour distinguer le « liturge » «lu personnage magique. Il faut signaler pourtant que Marrett se demande s'il y a des actions magiques sans l'intervention de la volonté, si l'incantation ou à tout le moins la direction de l'intention ne paraît pas, dans tous les cas, conditionner l'exercice de la magie.

L'action magique n'exige-t elle pas non seulement la continuité extérieure des rites, mais encore une ferme constance dans l'état d'esprit du magicien en ce qui concerne les forces magiques, et l'intention du rite ? Ne doit-il j>as avoir dans le résultat automatique du rite une confiance qui ne fléchit point? L'attitude interne ne correspond-elle à l'attitude externe? L'acte n'entraînet-il pas et ne suppose-t il pas la foi? (Cf. Hubeut et Mauss, Mélanges, p. 3().)

(2) Gabriel Bii:l, in lil>. iv, dist. 1, qu. 3. La difliculté relative au baptême est levée, chez l'adulte, par le vœu du baptême, chez l'enfant par les arguments que nous étudierons plus loin ; le baptême étant donné dans l'Eglise, c'est la foi de l'Eglise qui devance celle de l'enfant et qui s'offre pour elle et qui i)ermet au rite d'avoir plein effet. Si on allait jusqu'à l'entendre comme un processus mécanique de purification à la suite d'une infection indépendante de la A'olonté du sujet (péché originel), il faudrait toujours remonter à la volonté pécheresse initiale et à l'intention divine de pardon, qui a institu(' le sacrement.

(3) Pour différencier sacrement et magie, le catholicisme fait volontiers appel à une notion morale.

« Le sacrement... c'est Dieu qui lui donne sa vertu par un effet digne de lui, la sainteté du cœur. Le symbole magique a sa vertu propre, son efficacité contraignante, indépendamment de toute préparation ou précaution morale. « (P. BouviKH, Religion et Magie. Recherches de Se. religieuse, 1912, xi et i<,)i3.i

lions de sûreté rituelle, sans quoi elle ne s'accomplit pas, ou s'accomplit contre le sujet : il y a des compatibilités et des iiiconipalibililés entre les forces que la Magie suppose à Vœnwv.

Pour le reste, nous réservons et laissons entièrement de côlé le problème si débattu et si difficile des relations bistorifiues ou logiques de la Magie et de la Religion (i).

On sait comment l'école anthropologique anglaise explique la Magie par robjectivation des lois de l'association des idées ; l homme transporterait naturellement dans les choses la contiguïté et la similarité, ces deux lois fondamentales de sa pensée. Tout n'est pas faux dans cette hypothèse que Sir James Frazer a exposée avec tant d'éclat, mais elle est certainement incomplète. Ses insuffisances sont celles de la psychologie qui l'a inspiré(\ La croyance magique, pas plus qu'aucune croyance, ne saurait se ramener à une simple association d'idées. L'association d'idées Vii à l'infini : les idées se suivent et se suggèrent sans fin : dans l'opération magique, comme dans toute action et dans loiite croyance il y a des jugements ; on choisit des images, on les arrête, on abstrait, on dirige son attenlion et son intention. L'association des idées s'accompagne d'une vague croyance; nous n'adhérons pas pleinement, sauf le cas du rêve ou du délire, anx images (pii Ira versent notre

^I) Xoloiis seulement que, dans les religions supérieures loul au moins, les l'orces magiques sont le don d'nn Dieu qui se lie lui-même, qui se met tlans les rites, qui s'oblige à oiiéir à leur action eontraignante, justement ' parée qu'il s'est identilié à eux. Sous l'opus oprrntnrn et sous Vopns opcrans des sacrements, il y a ïopus opcratitis (pii est Dieu ; l'action sacranientell<' repose au fond siir l'institution divine, et non pas sur la nature des choses.

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esprit., Le magicien croit fortement: à ises pratiques. Autre chose est un défilé d'images, autre cliose l'affirmation de robjectivité. Une fois de pius la psychologie anglaise a;rëté victime de Fassociationisme, qui n arrive pas à expliquer J'csprit humain (i). Explrqucrait-on ainsi la Magie, qu'on se retrouverait encoreen présence du même problème, comme oo magicien poursuivi par le fantôme. qu'il exorcise; car l'Asso-» dation des Idées, comme l'entend Fécole anglaise, est une sorte de magie, une attraction inexpliquée du contigu par le contigu et du semblable par le semblable. Loin d expliquer l'esprit, l'Association le suppose ; sans l'unité de conscience où les moments divers d'une même expérience psychologique sont groupés de la façon la plus intime, de sorte que pour toujours ils tiendront ensemble, la contiguïté resterait iiieflicace ; sans l'unité de raison qu'il y a sous les rapports fondamentaux dont la ressemblance n'est que le nom confus, hi similitude n'aboutirait à rien.

L'hypothèse semble plus heureuse quand il s'agit d'expliqué i* les moyens que la magie met en œuvre; car ils sont empruntés aux choses mêmes sur lesquelles on veut agir; ou bien ils imilent les choses et l'action qu'on veut j)roduire; ne voit-oii pas ici, à plein, la contiguïté et la similitude? Mais MM. Huberl et Mauss ont montré avec beaucoup de force qu'il y a un travail de choix et d'interprétation dans la création des symboles magiques; la similitude peut être très conAcntionnelle; de l'objet choisi, le magicien retient un trait seulement, la couleur, la forme, etc. ; de plus, certaines qualités seulement du symbole sont transmises au symbolisé. Enhn,. étant donné le petit nombre des symboles magiques, alors qu'en droit ce nombre

(i) Noire critique • très générale rejoint les objections très i3énétrantes de MM. Hubert et Mauss, basées sur l'analyse dès procédés magiques.' (Voir livBBivT ei Mavhs, 'Esquisse d' ane théorie générale de la Magie, Année isociolp-: giqiie, t. VII, 190^, et Mélanges (riJistoire des Reli<jiont<, p.-Kvii, 1909. Voir aussi Leuba, La Psychologie des phénoniènes religieux, p. 210.)

csl illiniilô, il l'aiit bioii (iiie la tiadition clioisisse et impose quelques symboles privilégiés.

Aiusi il y a dans la pensée magique des opérations mentales complexes. Klles sont mises en jeu, soutenues et dirigées pai* (les intérêts puissants, par des besoins violents. On ne peut se dispenser de taire intervenir iei l'interaction du sentiment et de la pensée. La Magie n'existerait pas sans le désir: eertaines lins, ardemment souhaitées, mettent en mouvemeul I esprit (pii s'ingénie à les réaliser et qui poursuit leur réalisation [)ar des moyens nés du <lésir. L'action du désir est, du reste, renforcée souvent par des pratiques? extatiques qui elïaeent dans i"esj)rit la distinction du possible et du réel, par un étal de vertige (jui altranehit pleinement la croyance (i). Enlin dos traditions s'élablissenL garantes de la puissance niagi(|ue en généralj garantes de la valeur j)articulière de certains rites. Une magie calme, coditiée, accessible à tous, alterne avec la magie excilée et créatrice. Il nous i'aut examiner tout cela.

Lu ()remier lien, la pnissance (hi Sentiment. Un sentiment \ iolent, un désir inq)érieux s'accompagne d'espérance, c'est-àr dire de foi dans l'aviMiir; aux moments les plus intimes dn désir, l'obstacle du tenq)s disparaît presque et l'objet espéré devient presque réel. Il y a, dans le désir, une vive attenté, une prédisposition à la foi.

Mais il y a bien autre chose dans la magie. Elle n'est pas la croyance d<i désir en la réalité ou en la réalisation indé- |»endante de son objet, mais la croyance à la réalisation de >on objet par la mise en (cuvre de moyens extérieurs. Même si l'on admet l'existence d'une magie du pur désir, la puissance du [)ur désir à produire ses objets, elle serait encore la croyance à la léalisation de l'objet par la puissance du désir, par Textériorisation du désir en ([uelque sorte, conçu comme

(f C'est cr ([Mc M M \uss n loi-l bien iiMuiln'-. (N'oir VOrircine des /lomoiis

nue force extérieure, supérieure au sujet et capable de produm^ l'objcl. Le désir sort du sujet pour atteindre les choses, pour s'y objectiver, s'y réaliser. Il y a dans toute magie la croyance à la puissance objective, réalisatrice du désir, que cette puissance soit considérée comme immédiate ou qu'elle ait, au contraire, besoin de moyens pour s'exercer.

Or, le sentiment s'épanche nécessairement en mouvements^ paroles et gestes ; en mouvements incohérents, suivant la loi de la décharge diffuse ; et aussi en mouvements cohérents et adaptés, parce que tout sentiment se rapporte à une action^ parce que tout sentiment répond à une adaptation nouvelle, à une attitude; l'homme en colère ébauche l'attaque, Fhomme en proie à un désir violent, par ses gestes, ses paroles, ses images mentales, prépare, commence la réalisation de son désir; il ébauclie l'action qui le mettrait en possession de Tobjet ou qui lui permettrait d'en jouir. Tout désir est un commencement d'action; tout désir contient le plan de construction d'un acte au moyen d'images et de mouvements ; cette ébauche est d'autant plus riche et plus forte que le désir est plus violent, elle est d'autant plus exacte qu'il est plus précis. Ainsi h' désir s'extériorise nécessairement en gestes qui s'adressent à son objet, et qui le représentent, comme il s'extériorise aussi, en vertu de son intensité seule, en gestes quelconques. Tous ces gestes, nés du désir, sont en étroite relation, dans le désir, avec l'objet du désir. Désir, objet du désir, pression mécanique ou mimique du désir, tout cela forme une profonde imité psychologique.

La gesticulation du désir va droit aux choses, soit qu'elle ait besoin de se dépenser par son action sur les choses, soit qu'il y ait dans les choses quelque rapport avec l'objet du désir (pii l'attire sur elles; l'homme furieux casse une chaise parce que sa fureur a besoin de se dépenser, et c'est le premier objet rencontré qui pàtit de sa colère: mais il détruira aussi un objet parce que cel objet lui sera hostile ou odieux:

ainsi l'homme qui jette au teu le portrait de sa maîtresse qui l'a trompé, ainsi le taureau qui se rue sur le manteau laissé dans l'arène. L'émotion se dépense volontiers sur des objets, liés d'une façon quelconque à son objet principal • tout ce qui nous rappelle ce que nous aimons ou ce que nous haïssons, nous l'aimons ou nous le haïssons et nous agissons envers lui comme envers l'objet même, dans la mesure exacte oîi il le représente pour nous ; non qu'il y ait là transfert d'émotion par contiguïté ou par similarité; mais il y a unité, dans rémotion, de tout ce qui constitue l'objet de l'émotion; notre amour s'adresse à toute la personne et comprend tout ce qui la constitue; telle partie d'elle-même, ses cheveux, ses vêtements, isolés d'elle, retiennent quelque chose d'elle : un charme puisé en elle, dans l'émotion totale, synthétique, qui s'adresse d'abord et d'un seul coup à la personne entière. De même nous aimons d'avance, dans l'amour que nous avons pour une personne, toutes les images qui seront vraiment capables de révoquer devant notre esprit.

De la même manière, le désir anticipe Taclion désirée; il en réalise à l'avance l'esquisse. Ainsi l'imitation qui est à la base du culte magique a son principe dans l'action ; c'est elle qui fonde l'association par similitude et le raisonnement par analogie. Désirer, c'est commencer d'accomplir; et les moyens que l'action met en œuvre, puisent, renforcent dans l'action leur parenté avec la fin poursuivie. On pensera l'action du semblable parce qu'on fera naturellement ce qu'on veut qui soit, parce qu'on agira inévitablement le semblable. L'action immédiate, spontanée, pur réflexe du désir, se continuera, du reste, lorsqu'elle se sera montrée eflicace, par rimitation volontaire. C'est toujours par l'imitation volontaire qu'on passe de l'action naturelle à la convention. L'imitation volontaire, la convention, renforcée par la tradition, gardera, grâce au succès et à la tradition, Teflicace que son caractère naturel assignait d'emblée à l'action immédiate, et la puissance

de contrainte qu'on lai attribuait sur les choses. Et de même que chez Fenfant, l'imitation volontaire de ce qu'il désire est le premier langage, le premier effort pour déclencher rintervention d'autrui, le rite, quand il se vide de sa puissance immédiatement contraignante, reste sollicitation, prière, exposition du besoin ou du vœu dont il est la représentation mimée.

De môme, la valeur du contact est également puisée dans l'action ; les éléments contigus que retient pour ses opérations l'action magique sont liés naturellement ou accidentellement dans une action d'ensemble. Un moment de l'action devient la représentation de l'action totale; une partie d'un objet ou d'un être, la représentation du tout, parce qu'on réagit à la partie, liée au tout, comme on réagit à la totalité ; loi psychologique, que l'étude des réflexes conditionnels n'a t'ait que renforcer- la partie, l'élément isolé, pouvant être, du reste, plus ou moins intrinsèquement représentatifs de la totalité, et pkis ou moins aptes à recueillir et à condenser sa puissance intrinsèque; d'oii la vertu particulière du souffle, de la salive, etc.

Voilà donc le désir, extériorisé par ses lois mêmes, en gestes et en actions; le voilà s'exerçant sur des choses qui représentent plus ou moins précisément son objet. Mais, si nous tenons déjà l'explication de l'action magique, nous ne tenons pas encore l'explication de la croyance magique; de la croyance à l'efficace externe de tels gestes, de tels actes, de tels objets; de la croyance à leur aptitude à réaliser au dehors la fin qiie poursuit le désir. Nous avons seulement cette indication que le désir croit aisément à ce qu'il espère ; et aussi qu'il croit aisément à ce qu'il effectue spontanément vers la réalisation de soïi objet; se confondant volontiers avec sa fin réalisée, il confond volontiers avec elle les moyens par lesquels il ne fait que se réaliser soi-même. Il y a dans la grande illusion du désir un commencement de croyance magique, mais qui, le plus souvent, ou ne se développe pas,'parce que celui qui

désire est perdu dans son désir même (l'émotion violente ne voit pas au-delà d'elle-même), ou bien est aussitôt réprimé. Nous en montrerons des exemples.

Il nous faut donc passer de cette^Iagie implicite, fondée dans le désir lui-même, dans son penchant à croire à sa valeur objective et à la valeur objective de son développement, à la Maijjie explicite (i), c'est-à-dire cette croyance que les gestes, mouvements, paroles, par lesquels se traduit le désir ont une efficace externe, que quelque chose leur correspond dans la réalité. Le désir prépare à une telle croyance, nous l'avons vu ; et il lui fournit son support, ses moyens d'a-ction; c'est parce qu'il ébauche l'action vers laquelle il tend, que l'imitation sera choisie comme moyen magique pour le réaliser; que le semblable vaudra le semblable (2); c'est parce qu'il assemble les divers éléments d'un objet pour embrasser cet objet dans une vision synthétique que l'un de ces éléments pourra paraître apte à représenter le tout, que la partie vaudra le tout. Mais la Magie explicite change la valeur relative de ces deux éléments, le désir et la chose; elle va droit à la chose et elle pense objectivement les gestes du désir, comme des moyens symboliques de la chose, propres à la produire.

Cette croyance à l'objectivité a son origine dans l'expérience et dans l'esprit. Comme l'ont très bien vu les anthropologues anglais, la Magie se soutient par son succès, qui est dû à des coïncidences. Ce succès, du reste, est souvent à peu près inévitable, lorsqu'on, s'adresse par exemple à des rythmes

(i) Cette distinction correspond à peu près à celle que fait M. Maiihktt <ntre la magie rudinieutaire et la magie développée. (Voir llie Thrcshold of religion, p. ^4 et suivantes.)

(2) Le geste rituel a plus d'importance encore que la matière rituelle ; il porte avec lui reflicacitc de l'action. Dans un rite de pluie, l'eau sans doute <st figure de la pluie, mais c'est en répandant l'eau <iu'on représente et (|ue l'on pense amener la chute de la pluie. La chose qui est moyen de l'action sacrée i)rend une dignité croissante et tend à devenir le principe de l'action sacrée; le pain eucharistique représente toute la vertu du repas communiel.

naturels déjà prêts à se déclencher; comme lorsqu'on cherche à amener la pluie vers la fin d'une période de sécheresse, ou ce qui est encore plus aisé, lorsqu'on cherche à déclencher la venue normale des saisons ; ou bien encore, lorsque l'opération magique est effectuée sur des hommes et qu'elle a grande force de suggestion ; tel le rite de l'envoûtement. Donc, comme les pratiques magiques (i) coïncident souvent avec leurs eff'ets, elles paraissent les produire. Indépendamment de la satisfaction que l'acte magique procure au désir (2), cette coïncidence a probablement contribué à engendrer la croyance magique; si l'acte attendu se produit en même temps que l'une des expressions mimiques ou mécaniques de l'attente, un lien s'établit entre l'acte et l'expression qui passe pour son symbole efficace (3); on reproduit intentionnellement cet acte d'abord spontané ; la liaison est d'autant plus facile à établir qu'elle se fait au sein du désir, et souvent dans des états d'exaltation et d'obnubilation (4).

(i) M. Marrett signale justement le rôle de la magie pratiquée par l'homme sur l'homme et dont le succès est aidé par la suggestion.

(2) Satisfaction d'autant plus intense et d'autant plus propre à produire l'illusion que le besoin est plus ardent. L'illusion collective joue aussi un grand rôle, comme l'a bien montré Durkheim.

(3) C'est ce que Leuba a fort bien montré, p. i86 et suiv. ; v. par ex. p. 206 : ' Nous avons essayé d'expliquer les danses magiques auxquelles les femmes se livrent pendant que leurs maris sont à la guerre, en les présentant comme étant dues, dans leur forme originale, à une expression spontanée d'inquiétude et d'émotion. La durée et la répétition de cet état d'excitation seraient favorables à sa manifestation par des mouvements coordonnés, intelligibles, par exemple une représentation mimée du combat. Si, maintenant, apparaît le sentiment d'une connexion nécessaire entre cette mimique et le succès à la guerre, ce qui n'était d'abord que la manifestation spontanée dune émotion deyient une pratique magique. Ce pas n'est pas impossible à franchir; en effet, si, pendant que la danse va son train, le désir de voir les combattants triompher est à son paroxysme, la danse en viendra à être considérée comme une condition de succès. Ce dernier pas serait l'expression de la loi de l'association : les choses qui se sont trouvées ensemble dans l'esprit tendent à se rappeler. Ainsi, des formes de conduite qui ont eu leur point de départ dans un besoin de se soulager des tensions émotives assument graduellement un caractère défini et deviennent des moyens d'exercer une influence magique. »

(4) Puisque la tradition ne fait que conserver l'autorité de pratiques déjà reçues, l'invention magique ne peut avoir lieu que sous deux formes: l'in-

D'autre part, il faut bien faire intervenir un état d'esprit. La Magie est le monde du désir réalisé; puissance et impuissance du désir, puissance et impuissance des choses, tout cela se heurte et se combine. Le désir impuissant à se réaliser par soi seul, aspire à Tobjectivité et se crée des moyens de réalisation indirects qui doivent captiver et asservir la puissance des choses. Le monde subjectif et le monde objectif s'affrontent et s'entendent par compromis. Deux puissances contraires sont aux prises; un moyen est établi pour subordonner la puissance étrangère à la puissance intérieure. Le désir contraint le monde au moyen de pratiques dont l'efficace est toute puissante. Il y a donc dans la Magie une vaste.anticipation de l'expérience, un excès de subjectivité qui déborde en objectivité, une sorte d'hyperadaptation, si l'on peut dire, qui prévient la réalité, quelque chose comme cette attention expectante qui crée l'image hallucinatoire du signal. L'action, trop intensément préparée, se décharge en mouvements, en croyance, endoctrine. Elle se proclame elle-même. Car ce que la Magie affirme, c'est la causalité du désir au moyen d'intermédiaires issus du désir-, donc la croyance que le monde subjectiT peut se muer en monde objectif par la mise en œuvre des forces objectives qui obéissent au désir. Du même coup, et dès qu'elle se pense elle-même, elle est un commencement de critique du désir, et une limitation de la subjectivité, puisque malgré sa puissance il se heurte aux choses, puisqu'il lui faut aller chercher dans les choses mêmes un moyen de se soumettre les choses. Elle est donc un appel aux forces naturelles, un commencement de science : et c'est ce que plusieurs théories ont justement montré. Elle met en jeu l'idée de causalité, encore qu'elle l'utilise à faux, au

vontion individuelle chez certains individus privilégiés, ou bien la poussée brusque et nnanime de tout un groupe. L'invention individuelle a lieu à l'état de réflexion ou dans des états d'extase. Sur tout cela, voir Maiss : Origine des pouvoirs magiques. On ne saurait trop insister sur les étals d'excitation, souvent entretenus -et provoqués par des procédés de toute espèce, i|ue l'on trouve à l'origine de la Magie.

contraÎTe de la technique. L'état d'esprit magique c'est donc la prédominance de la subjectivité, qui se prend pour Tobjectivité; un état d'esprit inculte, et que l'on doit retrouver partout oii le sentiment de l'objectivité n'est pas encore né ou s'afï'aiblit; il y a ici cette attitude réaliste, cette promptitude à réaliser que les psychologues ont si souvent signalées comme un mouvement naturel; impulsivité, crédulité primitive opposées au scepticisme acquis; pouvoir des images; cette participation si profondément vécue qu'elle n'est pas encore pensée, et que la représentation et ses objets demeurent confondus dans l'indistinction primitive qne soutiennent les mouvements et les actes. Ce n'est que progressivement que des freins se montent, des contre-poids* s'établissent. Tout n'était pas inexact dans la thèse de Frazer, qu'il y a dans la Magie une objectivation naturelle de l'esprit humain.

Si la Magie se développe, cela tient à la fois à ce qu'elle se confirme par l'expérience et à ce qu'elle se renforce par la spéculation : une philosophie naïve entrevoit la connexion sous la consécution, l'identité sous la ressemblance et opère sur la liaison et l'harmonie universelles, sans être encore retenue par la détermination empirique ou rationnelle des liaisons particulières. Science et philosophie, elle se donne la double autorité d'un recueil de faits à la fois et d'un système. Elle commence par reproduire intentionnellement l'acte qui s'est trouvé assurer le succès; ici le rite est tout près de l'expression mimique du désir ou de l'action qui lui est connexe; l'opération rituelle est presque naturelle. Puis l'action magique va de la nature à la convention et à l'établissement d'un système d'opérations de plus en plus arbitraires. Il se fait, si l'on peut dire, un glissement du symbolisme; de même que l'écriture idéographique s'éloigne, à mesure qu'elle évolue, de son rapport naturel avec la chose qu'elle signifie : de même que le geste naturel passe progressivement à la convention; retenue et contrôle de l'expression d'abord spon-

tanée; abréviation et simplification d'une part, complication de l'autre, déviation progressive du sens primitif, insufflation de motifs nouveaux, intervention de considérations tliéoriques, stéréotypic, tels sont les principaux facteurs de ces altérations. Des principes rationnels se dégagent; des formes nouvelles sont créées de propos délibéré. L'autorité de la tradition, l'autorité de magiciens particulièrement puissants, l'autorité de la raison, tout cela se combine et se renforce mutuellement. L'art magique est le terme de la Magie ; art souvent formidable ; spéculation vertigineuse, entassement de recettes, grimoires, qui par la complication des idées et des rites, par l'épanouissement du symbolisme et de la mythologie sont devenus inaccessibles à d'autres qu'à des initiés.

Les grandes synthèses confuses du début de l'art magique, forgées dans l'hypertension émotive, Textase et Tenthousiasme, survivent à froid, soutenues par la tradition et par la complication même de l'œuvre qui en est issue ; et aussi, chez les adeptes, par un vague besoin, qui, dans les circonstances sociales oii ils sont placés, serait incapable de les produire, mais qui leur permet de les accepter et de les maintenir. C'est ainsi que tant de grandes créations se survivent.

Enfin il convient de signaler qu'il y a dans l'-action magique une part de pouvoir personnel. Là oii la Magie est pratiquée, tout le monde n'est pas magicien; et lorsqu'on présente les (jualilés requises, il faut une initiation pour le devenir (i).

Hegel a profondément compris la Magie (2), qu'il a étudiée surtout d'après les rapports de Parry et Ross sur les esquimaux.

(ij Voir Mauss : Orig-ine des pouvoirs magiques. (2) Philosophie de la Relig-ion.

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Pour lui, elle repose d'abord sur la force des choses, sur leur action propre et leur interaction. Le Magicien est l'enchanleur, mais c'est par la chose même qu'il se soumet la chose. Ainsi opérera la Science. iNIais la Magie ignore le rapport rationnel entre les choses, la relation mécanique du moyen et du résultat. Et elle est orientée vers les objets du désir, vers ces choses-là seulement qui attirent l'attention intéressée. c( Le Soleil et la Lune n'existent que lorsqu'il y a des éclipses. » L'Universel n'existe pas pour l'homme primitif.

La force du désir donne à l'homme l'impression de l'empire direct de la volonté sur la nature. Elle l'élève au-dessus des moyens techniques par lesquels il assure les actes ordinaires de sa vie. Elle lui semble dominer les choses parce que le monde des choses n'est pas encore constitué.

Pour manier cette puissance, il faut s'élever à un état singulier, au-dessus de la conscience normale. Certains individus privilégiés sont l'organe de cette force obscure, dans des états privilégiés d'engourdissement et d'obnubilation, oii leur personnalité s'éteint, où a la conscience abstraite et sensible » est surexcitée à un point extrême. Danses, musique, cris, orgie, promiscuité sexuelle, amènent ou favorisent cet engourdissement. Telle est la différence entre la « conscience individuelle empirique » et la « conscience magique ».

La spéculation renforce la pratique. A la base de l'art magique le principe de la liaison universelle, mais qui ne sait pas descendre, comme la science, aux liaisons particulières. La tradition fixe et consolide; il y a des pratiques définies, que le magicien doit apprendre.

La Magie est distincte de la religion, qui est libre adoration, croyance en une puissance libre. Entre elles, il y a une forme intermédiaire, la Religion de la Magie. Les puissances de la Nature apparaissent à l'homme comme des êtres universels et par suite comme dominant la conscience individuelle et empi-

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riqiie. Mais en même temps on s'efforce d'exercer une action sur elles ; l'adoration et la Mygie se mêlent.

L'état d'esprit, d'où la Magie procède, intervient môme dans notre perception la plus solide. Nous partons, la plupart du temps, pour constituer l'objectivité, de quelques données subjectives très rapides et très élémentaires. Nous croyons avoir une perception ou une image ; un examen plus attentif révèle que la plupart du temps nous n'avons que quelques esquisses de mouvements, ou quelques mouvements commencés, avec un vague savoir et un rare et pauvre éveil de sensations ou d'images ; ces éléments sensoriels insignifiants jouent le rôle de la perception ou de l'image complexes, parce qu'ils sont soutenus par les mêmes tendances et les mêmes impressions affectives. Nous les prenons pour la perception et l'image. D'où beaucoup d'erreurs et aussi quelques vérités.

Cet état d'esprit est bien visible encore, sous les revêtements de la civilisation, dès que fléchit l'équilibre instable entre l'objectivité et la subjectivité.

Tel est par exemple l'état de jeu. On y voit à plein l'esprit symbolique de l'enfant, sa tendance à objectiver ses sentiments dans les figurations matérielles. L'intention qui commence à se réaliser passe à ses yeux pour la chose. L'intention, débordant son objet, se contente de n'importe quelle figuration de cet objet : tout peut devenir un jouet ; un jouet peut tout de-

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venir : u'iiii|)orte quoi peut représenter n'importe quoi. C'est que l'attention orientée surtout vers les sentiments et les aetes n'emprunte à la réalité que ce qu'il faut de matière pour fournir un point de repère et un support au rêve de l'enfant. L'enfant qui joue agit en rêvant ; son rèvedépàsse son action véritable ; une indication suffira à exprimer une scène entière, un bala* pour représenter un cheval; des symboles, esquisse des actes visés, figuration très approximative d'objets précis, valent pour les actes mêmes et pour les choses ; de môme pour son art, et d'abord pour son dessin. Le jeu se crée un monde ; des intentions se posent sur des espèces sensibles et tout cela constitue un univers qui pendant un temps est le seul réel. Le joueur se perd dans son jeu ; illusion que renforce l'assentiment des autres joueurs et l'intluence de conventions préétablies. Que deviendrait le jeu, s'il n'était arrêté, contrôlé, et par les adultes, et par ce qu'il y a de vie adulte chez les enfants (i)?

La vie adulte montre encore tous les germes de la superstition. Beaucoup d'individus ne passent pas pour superstitieux parce qu'ils échappent aux superstitions traditionnelles ; mais ils ont leurs petites pratiques personnelles et une forte propension à la superstition ; l'un et l'autre s'étalent naturellement dans les moments d'émotion intense. Miss Fletcher, parlant des Indiens de l'Amérique du Nord, écrit que lorsqu'une course a lieu, ils croient qu'en dirigeant leurs pensées et leur volonté vers un des concurrents, ils l'aideront à gagner. Cet état d'esprit n'est pas particulier aux Indiens. Sur le turf, au moment passionnant de l'arrivée ou à tous les moments accidentés d'une course, les spectateurs soutiennent du geste et de la voix le che-

fi Pour la dispositien à la raag-ie chez les enfants, voir une curieuse observation de Flournoy, Arch. de psych. Mai 1915. Voir aussi J. Sully, Stiidies of Childood, p. 80 (la petite fille qui croyait qu'en s'arrangeant les cheveux, elle empêcherait le vent de souffler , et Lblba, Psychologie, p. 209. Ce que nous savons de ce schématisme enfantin est Lien appuyé par les études sur le dessin des enfants.

val au([uel ils s'intéressent et certes pendant un moment ils s*identifient tellement à l'effort du cheval qu'on peut dire que leurs vociférations et leurs gestes sont plus que des actes d'encouragement; pour un moment ils luttent avec leur cheval, ils le «portent au poteau» comme fait le jockey, ils sont le jockey, le cheval, la course ramassée en l'un des concurrents ; la violence de leur désir leur donne l'impression de la puissance ; pour un moment il y a dans leur esprit comme l'ombre de cette idée qu'ils aident au succès. Ils sont au seuil de la Magie.

De même le joueur. Il joue avec ou contre une force immense, la fortune : le gain est moins un profit que le signe, le symbole de la fortune ; il fasciné le joueur plus encore par la faveur dont il l'assure que par son utilité matérielle ; n'apparaît-il pas comme un bonheur subit, exaltant le don gratuit d'une puissance supérieure? Aussi le joueur, indépendamment de son habileté, recourt-il à tous les moyens de fixer la fortune ; mille petites pratiques, insignifiantes en elles-mêmes, lui paraissent receler une vertu magique.

D'une manière générale, dans tous les états d'excitation, — orientée vers l'attente et la réalisation, — dans tous les états d'émotion violente, avec attente et intention, la Magie est en germe. Chez un sujet très normal, au cours d'un état d'anxiété assez prononcé, dans l'attente incertaine de l'événement libérateur, j'ai vu apparaître le^ désir de consulter les sorts, le désir du pacte, l'invocation, l'action de grâces après le succès et le don de reconnaissance. Même de grands actifs et des esprits très précis n'ont pas échappé à la superstition ; on a signalé souvent chez de très grands hommes d'action, sous la croyance à leur fortune, à leur génie, à leur étoile, les rudiments d'un culte magique. Dès qu'on pense en termes de désir, et qu'en face de son désir on met une force, l'idée qu'il y a des moyens pour le désir d'atteindre, de contraindre, de forcer cette force, jaillit de la vie même du désir, de sa dépense affective et motrice et de la connexion des mouvements ou des actes, par les([uels

il s'exprime, avec le résultat visé et obtenu. On est sur le chemin de la Magie. De là le rôle des vœux, des pactes dans la vie de tant de gens : la propension si naturelle à supposer une relation entre ce que nous faisons ou pensons et l'ordre des choses : la tendance à croire que notre conduite, outre ses conséquences naturelles, en a d'autres qu'on ne peut mesurer. On voit, au cours de grands événements, beaucoup de gens enclins à croire que de leur conduite dépend en partie, par une sorte de transport d'influence, ce qui se passe loin d'eux (i). De là l'effoit pour fixer parfois par d'étranges moyens la destinée qui déjoue la conduite humaine et qui se laisse duper pourtant. Beaucoup éprouvent en pareil cas le sentiment dé l'étrangeté, du mystère, du caprice, mais ne se laissent pas aller à des pratiques correspondantes, retenus qu'ils sont par l'éducation et l'esprit critique. Ainsi la superstition,^„mème dans les esprits normaux, n'est souvent retenue que parle contrôle de l'objectivité ; elle affleure souvent les couches supérieures de la vie mentale. Rien d'étonnant qu'elle s'épanouisse et chez les individus incultes et dans certains états de déséquilibre. On la rencontre volontiers dans la psychasthénie, sous la forme de gestes et tics de défense, de réparation, de tics et gestes symboliques, de manie des pactes, des présages, de la conjuration, de la réparation, de l'expiation; dans les délires de persécution (2) et d'interprétation, dans certaines formes légères de démence, dans certaines formes d'exaltation ou de dépression mentale. Elle apparaît quand avec l'afl'aiblissement de l'esprit critique et l'excitation émotive se rencontrent une certaine disposition à l'interprétation exogène, une certaine perméabilité du diaphragme psychique, l'altération

II) Ghkon : Témoignage d'un converti, 128 ; « Ah ! le moment où se fait le silence, où l'artillerie se taisant, les vaillants sortent des tranchées et où le feu des mitrailleuses ennemies nous renseignera sur leur sort. On claque des dents dans la nuit; on tend toutes ses forces d'amour, pour les aider de loin et attirer sur eux la protection de l'invisible. »

(2) Exorcismes, conjurations verbales, formules écrites, ou mimique spéciale du persécuté.

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des sentiments de relation, la tendance à aller chercher au dehors les raisons de ce qui se passe au dedans et à supposer la répercussion au dehors de ce qui se passe au dedans.

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