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LES ÉTATS NÉGATIFS

La certitude mystique se poursuit à travers ' des états négatifs : dépression et sécheresse, oii la joyeuse possession de] tout à rheure se change en absence ; mais cependant la foi tu lléchit pas. « Car cette sécheresse pour Tàme qui aime, esj plutôt une épreuve qui rend son amour encore plus fort etj plus délicat, qu'une punition de ses infidélités; et quoiqu'oi puisse profiter de ces deux choses, il est facile de voir quand] c'est par épreuve (2). » De ces grandes oscillations, inévitables chez de grands affectifs, les mystiques font' volontiers un système et une méthode de purification. À

Enfin, il y a l'autre pôle du Surnaturel, le royaume de^ démons. Les états démoniaques sont la contre-partie des étalÉ

(i) Dumas, Psychologie de deux Messies, 216. *

(2) Sœur Marie-Colette, 181, i25. « Gomme toujours, l'obscurité suit W lumière, et les désolations la consolation. Mon âme est ainsi conduite, qu'elle est, à certains moments, prête à toucher le ciel par ce qu'il lui semble éprouver de si suave et que bientôt après, il lui semble être au moins à là porte de l'enfer. » Cf., sainte Chantai, Vie et Œuvres III, 461. « Les sécheresses que les commençants en la vie spirituelle peuvent appeler grâce insipide ou cachée sont plus précieuses que toutes les consolations, jDarce que l'expérience nous apprend que toutes ces vertus croissent sous les aridités et les, souffrances comme le blé sous la neig-e. » Cf. Catherine de Jésus. (La Vie dài^ sainte Catherine de Jésus, iC3i) citée par Brémond. Hist. Litt. du Sentiment Religieux. II, 339.

« 11 lui imprimait quelque chose du délaissement du Père éternel qu'il porta en la croix. Cela faisait en elle un effet si grand et si extrême qu'elle croyait retourner au néant, exprimait sa peine, tantôt par le nom d'anéantisscment^ mais plus ordinairement par celui de privation, lui semblant que Dieu lui faisait porter un retirement de lui qui lui était insupportable, no6n pas qu'elle vît que Dieu se retirait d'elle par la grâce nécessaire au salut, ni par aucune sorte de grâce, mais c'était une manière de privation dont Dieu usait avec elle, par une sorte d'épreuve et de souffrance... laquelle ne se peut pas expliquer... et n'en peut en donner aucune raison, sinon que celui qui est tout-puissant l'a voulu et l'a fait ainsi. »

LA cp:rtitude mystique 2^0

divins. Le Mystique flotte entre ces deux conditions extrêmes, parfois fort embarrassé de discerner. La « Sauvagerie sans nom >) force parfois la confiance.

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