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L'EXTENSION DU MYSTICISME

De tels phénomènes ne sont pas rares.

Nous avons déjà parlé des cultes d'excitation des primitifs. L'ethnographie abonde en exemples. L'histoire nous a conservé des formes nombreuses de cultes orgiastiques en Asie, en Afrique, en Grèce, à Rome. L'histoire du christianisme contient une quantité considérable de phénomènes mystiques de tout ordre et de toute grandeur; période des charismes, glossolalie et prophétie; tliéologie mystique de l'Aréopagite et de son école, mysticisme des cloîtres, les Victorins, les dominicains allemands du xiii* et du xiv^ siècle, le Carmel du xvi^ siècle ; mysticisme des sectes hérétiques : quiétisme et illuminisme ; sentimentalisme religieux de certaines sectes réformées ; mysticisme individualiste: propliétisme, phénomènes de réveil. Et tout cela est loin d'être éteint de nos jours.

L'Inde est aujourd'hui encore une terre sacrée; elle a ses Yogis virtuoses de l'ascétisme, épris de contemplation : sa contemplation bouddhique ou brahmanique, son mysticisme hindouiste, les fêtes d'excitation de Çiva. Dès l'époque brahmanique, les exercices ascétiques de l'Anachorète et de l'Ascète, le « Tapas » a trouvé un point d'appui dans la doctrine du Brahma neutre. Là synthèse de doctrines, par exemple, le Sankya, et de pratiques, le Yoga, est à l'origine du bouddhisme. Il n'y a peut-être pas de groupe de religions où le mysticisme s'étale plus librement.

L'Islam a eu et a encore ses sectes mystiques : Chadelya, Aissaoua, Uefaiya, Kadriya et bien d'autres cultivent l'enthousiasme. Le Soufisme s'est formé sans doute sous l'influence du

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Néoplatonisme, et peut-être de l'Inde ; à un certain moment de l'histoire de Flslam, la doctrine néoplatonicienne de Fascétisme et de l'extase, la .doctrine bouddhique d'anéantissement et d'absorption sont venues donner un fond dogmatique aux pratiques de certaines sectes : en face de l'Islamisme formaliste et dogmatique, le Soufisme se comporte à peu près comme le Mysticisme chrétien à l'égard de l'Eglise (i).

Encore qu'Israël ne se soit attardé ni au développement dog-J matique, ni aux elïïisions mystiques, qu'il se soit attaché surtout à sa loi cérémonielle et à sa foi prophétique, oscillant à travers son histoire et aujourd'hui encore entre un théisme universalist( et une religion nationale d'observance, il a eu, dans le passéj ses prophètes, et maintes fois ses inspirés, et aussi, sous lin-] fluence de l'hellénisme et de l'Orient,. ses écoles extatiques. Aui temps des Gaonim, il y a eu le mysticisme de la INIercabeh. La Kabbale est une réaction contre la casuistique talmudique. Les Nouveaux Hassidim sont, à certains égards, une secte mystique.

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