‹ La religion et la liberté (volume 2)Chapitre 66 sur 152 · Saint Grégoire de Nazianze, Ep · texte numérisé non relu

Saint Grégoire de Nazianze, Ep

SAINT BASILE

apprenait précisément que « l’orage allait éclater sur Césarée, et le nuage chargé de grêle fondre sur son Église*. » Valens se dirigeait vers cette ville, accompagné des évêques ariens qui suivaient sa cour. Ceuxci n’ignoraient pas les divisions du troupeau, le peu d’influence du pasteur, depuis le départ de Basile. La masse de la population, bien que remplie de zèle pour l’orthodoxie, se laisserait Aicilement entamer, n’ayant à sa tête personne qui fût capable de la mener au combat. Grégoire se hâta d’écrire à Eusèbe. Il connaissait la bonne volonté du prélat, qui pouvait céder, en temps de paix, aux mouvements mesquins de l’amour-propre, mais saurait s’élever au-dessus d’eux en temps de crise. « J’arrive, lui manda-t-il, pour prier et combattre avec vous*. » Il trouva l’évêque bien disposé, prêt même à écrire de la façon la plus pressante à son subordonné. Grégoire mit tout de suite Basile au courant de ces dispositions, l’exhortant à prendre les devants et à faire vers Eusèbe les premiers pas. « Accours, lui écrivit-il, et à cause des sentiments que montre aujourd’hui le très cher évêque (nous pouvons vraiment l’appeler ainsi), et à cause des circonstances. Les hérétiques sont ici à l’œuvre : les uns s’efforcent déjà de troubler les esprits; on annonce l’arrivée des autres. La vérité est en péril3. »

A un si touchant appel Basile ne pouvait résister. Le devoir parlait clairement. Grégoire, d’ailleurs, était allé jusque dans le Pont chercher son ami. Tous deux revinrent à Césarée. Si bien préparé qu’eût été son retour, la situation de Basile était délicate. Il s’en tira, à force de simplicité et de droiture. Son premier soin fut de dissiper les inquiétudes d’Eusèbe. En celui-ci, nous dit

i. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLIIl, 3o, 3i.

a. Saint Grégoire de Nazianze, Ep. 18.

Page 1