Matth.,m
comme dans sa vie sociale. Il lui est donc permis, et même ordonné, de défendre son droit tout en remplissant son devoir, et ainsi de résister à rinjustice, à l'oppression, à la tyrannie, autant qu'il le pourra et par tous les moyens légaux, de quelque côté qu'elles viennent, et quels qu'en soient les instruments.
Les adversaires de l'Église, désirant là ruiner dans l'estime et l'affection des peuples, l'ont représentée comme la citadelle du despotisme, l'arsenal du pouvoir absolu, non-seulement l'exerçant avec rigueur dans son propre sein par l'administration ecclésiastique, mais encore cherchant toujours à l'établir ou à le soutenir autour d'elle pour étendre son autorité, assurer son empire et dominer tout le genre humain par le double joug de la puissance spirituelle et du pouvoir temporel. Ils ont cru trouver la raison de ces accusations dans les propres maximes de l'Église, qu'ils n'ont point comprises, ou plutôt qu'ils ont voulu comprendre mal, comme il arrive toujours à la partialité de la passion. Us ont voulu voir dans les paroles apostoliques, qui recommandent à tout chrétien d'obéir aux gouvernements de la terre, l'ordre
positif, absolu, d'obéir à toute puissance, quelle qu'elle soit.
Il importe donc de montrer que ces paroles, si souvent alléguées en faveur du despotisme, et pour justifier l'obéissance passive, ne signifient nullement ce qu'on leur fait dire; que l'Église n'y a jamais vu' une consécration du fait contre le droit; mais qu'au contraire, dans sa sagesse divine qui apprécie toutes choses au point de vue et par la mesure de l'éternité, ne se faisant pas juge des droits terrestres qu'elle n'a pas la mission de défendre, les laissant subsister tels qu'ils sont selon la loi naturelle et les lois humaines, elle s'inquiète par-dessus tout d'une seule chose, l'ordre dans là société, la paix publique, la justice commune, afin que les peuples, profitant des avantages de l'état social pour s'instruire et s'améliorer, connaissent mieux les intérêts supérieurs de leur âme, et se rendent plus capables de comprendre, de recevoir et d'apprécier les dons du ciel, dont elle est l'unique dispensatrice.
La doctrine de l'Église catholique à cet égard est fondée sur les paroles suivantes de saint Paul : Omnis anima potestatibrÀS sublimioribus
êubdita sU: non est enim omnis potestas nisi à Deo; qux autem stmt, à Deo ordinaîœ swU. Itdque qui resisUt potestati^ Dei ordinationi resistit.... (Princeps) Dei enim minist^r est tibi in honvm. Si autem malum feceris^ tims ; non enim sine causd gladium portât. Dei enim minister est^ vindeœ in iram ei qui malvm agit^.
c Qfxe toute personne soit soumise aux puissances supérieures ; car il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, et c'est lui qui a ordonné celles qui sont. Celui donc qui résiste à la puissance, résiste à l'ordre établi par Dieu.... Oar le prince est le ministre de Dieu pour vous dans la vue du bien. Mais si vous faites le mal, craignez, parce qu'il ne porte point en vain le glaive. Car il est le ministre de Dieu pour exécuter sa vengeance en punissant celui qui fait le mal. »
D'abord nous demandons, et nous ne croyons pas être trop exigeant, qu'on veuille bien faire à saint Paul l'honneur de ne pas le croire déraisonnable et absurde. Il y a dans ses épttres assez de sagesse et de science pour qu'on puisse nous