‹ La religion et la libertéChapitre 12 sur 21 · Êp. ani Hom.> chap« tni · texte numérisé non relu

Êp. ani Hom.> chap« tni

ET LÀ LIfiERTË. S65

faire préalablement cette légère concession. Or, n'y aurait-il point déraison^ absurdité à enseigner qu'il faut se soumettre sans résistance à toute violence qui s'impose, à toute injustice qui a l'ayantage de la force, à toute oppression qui triomphe? Gela serait intolérable dans les relations privées ou entre individus; ce serait renier le droit, détruire la justice, dont TÉvangile prescrit si positivement TacconipUssement. Or, si cette énormité ne peut se concevoir entre particuliers, conunent voulez-vous qu'elle soit enseignée, autorisée par la parole de TËglise pour l'état sodai et dans les rapports politiques. A ce compte^ on ne devrait pas même résister à l'ennemi du dehors^ dès qu'il serait défliiitivement vainqueur, et la première victoire qui le rendrait mattre du siège du gouvernement déciderait du sort d'un peuple. Une nation aurait le droit d'opprimer celle qu'elle aurait vaincue, de la gouverner à son gré ; et le vaincu, tant qu'il serait le plus faible^ n'aurait point le droit de se relever et de résister au pouvoir oppresseur, sans résister à Dieu même. Ces conséquences, évidemment absurdes, montrent que tel n'est pas le sens de la parole sacrée.

Pour saisir ce sens, examinons d'atbord soigneusement la valeur du mot potestas^ sur lequel porte toute l'interprétation, et nous rapprocherons ensuite de ce terme mieux compris] d'autres paroles des versets suivants, qui concourent à en déterminer la signification et l'application dans le cas présent.

Potestas signifie littéralement une puissance, un pouvoir ; et l'apôtre, en employant ce mot au pluriel, veut certainement désigner les puissances constituées qui gouvernent les nations, à peu près comme nouis disons en français les puissances étrangères, pour indiquer les gouvernements étrange^. Il ne s'agit donc pas ici de toute force individuelle ou collective qui voudrait s'imposer par la violence ou par la conquête. Il s'agit d'un gouvernement qui, s'étant une fois établi, sans que l'apôtre nous dise comment, est constitué convenablement et fonctionne avec régularité pour maintenir l'ordre, conformément à la fin de toute sodété. C'est ce qu'on appoUe aujourd'hui un gouvernement de fait^ qu'on tolère ou admet sans discuter son origine ou son droit d'exister, pourvu qu'il fournisse des garanties d'ordre et sa-

tisfasse aux conditions générales de la justice.

On est quelquefois trop heureux d'obtenir un gouvernement de ce genre après les horreurs de la guerre civile et les déchirements de l'anarchie; et par cela seul qu'il apaise la tempête des révolutions et rétablit l'ordre dans le chaos social, il devient le représentant de Dieu dans le monde et l'instrument efficace de son actionprovidentielle pour la restauration de la paix.

Donc, quelle que soit l'origine ou le droit d'un gouvernement, dans quelque ch*constance qu'il soit placé, s'il agit conformément à la justice, la respecte et la fait respecter, protégeant et récompensant ceux qui font le bien, poursuivant et punissant ceux qui font le mal, il doit être regardé comme ordonné par Dieu, potestcts a Deo ordinata^ parce qu'il fait dans l'état politique ce que Dieu fait dans l'univers. Il coordonne les éléments, met et maintient chaque chose à sa place, les faisant toutes conspirer à un but commun.

C'est pourquoi l'apôtre ajoute, que toute puissance, ainsi constituée, agissant de cette ma- • nière, vient de Dieu : Non est enim omnispotesta

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nisi a Dm. Ce qui ne lent pas dire qm twte force, puissance ou faculté vient de Dieu, comme toute ehose; cela est trop évideut, et eette vérité, par sa gtoéralité mftmet n'aurait pas de valeur icL Mais il faut entendre qu'un homme ou plusieurs, voulant constituer un gouvernement, ne peuvent effectivement l'étar blir et le maintenir qu'en accomplissant les conditions essentieUes de Fétat soeial ; et que si réellement ils accomplissent ces conditions, et font régner le bon ordre et 1^ justice, ne pouvant y parvenir qu'avec le secours de Dieu, par ses inspurations, par sa grâee et en son nom, leur œuvre, conforme à la volonté de Dieu et à ses commandements, peut être regardée comme l'œuvre de Dieu même. Voilà pourquoi TapAtr^ ajoute : Qtm autmn $untf a Dm oréinatx mut; car les puissances ainsi établies sont mises en ordre, constituées pour le bon ordre ou ordonnées par Dieu, et ainsi celui qui leur résiste, résiste à 1 Vdinaliem même de Dieu : Itaq'uê qui ¥$sUHt potestati, Dei ordinationi rmstit.

Si mainteqant nous rapprochons du mot jfiaustaSy ainsi entendu, plusieurs expressions du verset suivant, noti« explication pavaUra

enpQre plqs çlaif e. p est dit &u verset {t> quç l^ PQftYQlr CQ^^titH^ pofeffW « ^ or^iflû% ç§t mUûslfre 4^ Dieu à Tégaf 4 du peuple et pouf fairç le b^OA : ^i ^^im ^|n#^^ ^^ ^^^^ ^ tcm^t^. Dowe, il n'y a 4e TO^ puissance, jou qui 4wt ètr^ r^cpiifiue commç t^t^i Q^e celle-là ^eu-? lejpa^t 4^1 s^ iQOiitfe ^e piinistre ou l%7i struïo^t 4e Piw PPW fair^ l^^bieu du peuple ; c'estT^r:4iy# qu'elle pe devient un gouvfiru WWt rég^U^r, rpçp^U et re(}oiiiif^is$^e, que si eU@ met m ^VdUt, et coipiaçi % deiruière d^ ses actes, riutérit géuâr^l 4^ la uatlcMpi et le Imk privé de tous les citpy^s, C'est pouy c^la qi^ Dieu Xi\Biiix\ m W perpet de s'établir i ^le n'a de dr«t, 4'wtcarité qu'l^ cette CQuditiPft, qu'elle m^^ 1# piim^trç 4e Dieu> P^ mimst^^ et qu'elle fera s^yir au fei^ m tomw, la ferce puI4^qu6 dwt fiUe diispo^.

MàQie quDu4 UU gau^eruenient dé^i^ 4e c^tt^ lign^ ^t% s% hims^ eulraluer par la passîi^ tour^ au ^poti«»e» à la tji?awiei il alEect^ encore 4« ?» ^ar4îl^w qm le Weu w^lkt i il Mi tmmsfk lO'^ssiou 4'#tr«^ le uiinistre de 1^ justice, h cws$ffva,teur ^ di^t* M% «n ^|fi^, tantqa^ makàtîeat l'^«4ii^) latoei Vf m dç gr4fi^

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