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ET LA LÎBËMÉ. 263
que de Lui ; wisonuable, par ce qu'elle est motitrée , propter Deum. Vous n'obéisse:^ à l'homme qu'autant quil est le ministre, l'entoyé de Dieu, minisitr tibi in bonum.... a Deo rnissus ad iHndictant makfactorum, laudeni vero bonorum.
' Ces paroles du prince des apôtres sont encore plus explicites que celles de saint Paul. Les fois et les chefs des hâtions sont envoyés pat* Dieu pôUr puhir les méchants et récompehser les bons. Donc le caractère de leur légitimité devàUt Dieu est facile à reconnaître. Le but de leur mission est de faire observer la justice, d'ap* pliquer la loi du bien et dU malj d'établir et de maintenir l'ordre dans la société. Donc, S'ils he le font pas, ils manquent, ils sont infidèles à lélit' vocation ; car la puissance ne léxxt a été donnée par Dieu qti*â cette fin, et tous les moyens qti'ils ont a la main comme princes ou gouverneurs des peuples doivent y être. employés. S'ils leë tohrhetit â leur intérêt propre, aU détriment de de la chose publique, ils deviennent des ministres prévaricateurs, et aihsi agissant contre leur mission, ils perdent aVec l'assistance et la grâce de celui qui les a envoyés, letir véHtable force, la sanction de leùt- autorité, de leur légi-
timité. Alors, comme Thistoire le montre, Dieu brise ses instnmieuts et s'en choisit d'autres, toujours pour la même fin, et après les trônes renversés, les dynasties chassées ou massacrées, et tous les désordres, toutes les calamités que les révolutions traînent avec elles, l'ordre se rétablit sous l'autorité de ces puissances nouvelles, appelées à leur tour à devenir les ministres de Dieu pour le bien et devant s'affermir et se légitimer par leur fidélité dans ce sublime ministère, dans l'accomplissement de cette haute fonction, qui les fait les représentants de Dieu sur la terre, et les dominateurs de leurs semblables au nom de Dieu et pour Dieu:
propter Deum.
Tel est, il nous semblç, le vrai sens des paroles apostoliques en ce qui concerne l'obéissance aux puissances. Ces textes sont la base de la doctrine de l'Église en cette matière, et la conduite de l'Église dans les temps de révolution, et au milieu des bouleversements qu'ils amènent, a toujours été conforme à cette doctrine, laquelle peut se formuler en ces termes : On doit l'obéissance à la puissance constituée, au gouvernement établi, et Ton reconnaît
qa'une puissance est constituée et un gouver-> tiement établi, quand ils maintiennent Tordre dans la société et y font régner la justice. L'Église dédare un pareil gouvernement respectable et ayant droit à l'obéissance, proprerDcum, c'est-à-dire à cause du bon ordre qu'il fonde et de la justice de Dieu qu'il réalise. Donc ceux qui lui résistent, en tant qu'il est ministre de Dieu pour le bien, résistent à la volonlé même de Dieu. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse faire des représentations et même des oppositions à certains actes du pouvoir, quand il se trompe ou dévie ; cela est toujours permis, mais à la condition que la fin de l'opposition ou de la résistance soit de l'éclairer, de le redresser, et non de le renverser.
L'Église veut donc qu'on obéisse à un tel gouvernement, d'abord, parce qu'il agit conformément au droit naturel, ou en harmonie avec son institution et sa fin ; tout gouvernement étant institué pour le plus grand bien de ceux qu'il régit, et la fin de la société , qui est l'intérêt commun de tous ses membres, ne pouvant être accomplie que par le maintien de l'ordre et le respect de la justice. Puis, l'Église a encore un
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atitl*e motif pouf recOfflniatidet l'obêiSBance k la puissance établie, ministt'e de Dieu pour le bieU; c*est que, comme Église catholiqtie ou universelle, instituée par Jésus-Christ pour rametier les âmes aux voies de Dieu et les introduire dans le royaume éternel , elle ne peut feire son œuvre d'une manière générale jsarmi les hommes, c'est-à-dire les préparer et les initier aux grâces de la vie surnatutelle dont elle est la dispensatrice , qUe si lès conditions morales de la vie naturelle sont remplies. Elle ne peut les élever au règne de la gtâce, que si la loi naturelle est accotnplie; car, à l'exemple de son divin fondateur, elle n'est pas venue pour déhiiire la loi , mais pour l'observer, la développer et la perfectionner. Elle est donc satisfaite quand les gouvernements lui préparent le terrain par le maintien de Tordre et de la justice au milieu des peuples; car ils sont institués à cette fin, et alors ils remplissent leur mission. A ce titre TÉglise les reconnaît, veut qu'on les respecte, et traite avec eux comme ayant la légitimité du fait, sans s'ingérer datis la discussion de la légitimité du droity pour laquelle elle ^ déclaré iticompèteute.
Ce premier point tious semblé donc nfis hors de dbute, savoir : que l*Èglîse en nous prescrivant d*obéir aux puissances , entend les puissances constituées, les gouvernements établis qui maintiennent l*ôi*dre, font observer la justice, et, â ce titre, sont ordonnés par Dieu même dont ils sont leà tninistîres pour faire le bien. Une seconde question ée présente. Si la puissance constituée devient oppressive, tyrannique; si, abusant de son autorité dans un intérêt privé et au détriment de la chose publique, soit dans sa direction géfaérale , soit par des actes particuliers, elle niarche contre sa fin, qui est le bien ' de totts, (Jtie devra faire le chrétien , le catholique î ï^oùrra-t-il résister en conscience , au ijioins dans certains cas , ou .bien l'obéissance que l'Église lui impose â l'égard de la puissance est-elle passive et absolue ? Doit-il se soutiiettre même devant l'évidence de l'injustice , devant rihicJUite flagrante f
Nôiis ferons d'aboi-d remarquer que l'obéissance ptu-ement passive, strictétnetit absolue , est impossible k l*homme, à moins qu'il he soit tout à fait dégradé et devenu semblable à l'animal muet et sans raison. L'homihe est une
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créature intelligente et libre , et il doit rester libre et intelligent , dans quelque position qu*il se trouve, sous peine d'abjurer sa nature et les droits de l'humanité. Il faut donc que sa raison et sa liberté aient leur part dans tout ce qu'il fait ; autrement son action ne serait ni humaine, ni morale.: ce serait un mouvement animal ou mécanique. Donc, quelle que soit son obéissance à Dieu ou aux hommes, elle doit toujours être raisonnable, suivant les paroles de l'apôtre: rcuionabile obsequi/um vestrum^ , par conséquent réfléchie, délibérée, motivée et voulue. Un homme ne sera jamais une machine, et par quelque force qu'on le domine, quelque ascendant qu'on exerce sur lui , on devra toujours compter avec lui en quelque chose, et faire une part, si minime qu'elle soit, à sa volonté. Dieu qui a pu nous créer sans nous, dit saint Augustin, ne peut pas nous sauver sans nous. Il faut à l'action de la grâce le concours delà volonté créée. A plus forte raison dans l'action de l'homme sur l'homme, il faut la coopération de rhomme, c'est-à-dire la réaction plus ou moins