‹ La religion et la libertéChapitre 16 sur 21 · Àet., nr, SO;«»m · texte numérisé non relu

Àet., nr, SO;«»m

E7 y, UBEf^fÉ. m

à I9 ¥Oix d^m général mïep, module de robéisr sauce ^t dn (¥>urage militaire d^ps les çai^p^ ou sur le champ de l>ataille, r^istait à Tordra d'encenser les idoles, et se lai^t égorger l^ artms h la main plutôt que d'obéir aui hommes coDtFè Ilieq. Partout et toiû^ura les yrais obré? tiei^f ont agi de la ^orte.

Il Q'est donc pas douteu]^ que dan^ ces circonstances le chrétien ne puisse, ne doive rér sister au pouvoir. Il a le droit de refuser ce que sa conscience lui interdit. Alors il mourra plu? tôt que d'obéir; il sera martyr.

Il en est de .même de tous les cas où la loi naturelle serait violée par le pouvoir, où il exigerait des actes contraires aux seqtinients ou aux droits sacrés de la nature ; car la loi naturelle vient auss} de Dieu, et en la suivant c'est à Dieu qu^on obéit; eu la méprisant, c'est Dieu qu'on méprise. C'est pourquoi aucune autorité, aucune loi humaine ne peut prescrire contre elle. Ainsi, tout ce qui serait demandé par la puissance civile contre les dictées de la cqu^ science morale, contre lep sentiments les plus honnêtes, la pudeur, les devoirs de ^ille et d'humanité, pieut être refusé. L'ime, dans ce

cas, posée en face de Dieu et de sa loi, dans la conscience de sa nature , avec le sentiment intime et spontané du bien et du mal et le bon sens de l'équité naturelle , reprend toute son indépendance vis-à-vis des lois et des autorités humaines, auxquelles elle ne peut se soumettre à de si dures conditions et avec un si grand détriment de sa dignité. Ici, encore, elle peut dire hardiment : nonpossumm.

Mais même dans la sphère de la loi civile, le commandement ne peut jamais être absolu ni Fobéissance entièrement passive. On doit commencer par obéir à l'autorité constituée ; mais il y a toujours le droit de réclamer auprès d'une autorité supérieure , si l'agent inférieur a erré ou prévariqué. Dans toute société humaine, il doit y avoir un recours, un appel quelconque, fût-ce de Philippe à Philippe mieux informé ou à jeun. Paul, condamné par le préteur, en appelle à César, et il est conduit à Rome au tribunal de César. Emprisonné illégalement et indignement battu de verges, puis relâché par peur, il se plaint, quoique libre, d'avoir été traité injustement, et exige la réparation due au citoyen romain outragé dans sa personne. Tout

chrétien peut en faire autant suivant les circonstances.

Il est donc quelquefois permis et même prescrit de ne pas obéir à la puissance établie. Ces cas sont rares, il est vrai, exceptionnels, et il faut les discerner avec soin, les déterminer avec exactitude, afin de rester scrupuleusement dans les limites du droit, ce qui n'est pas toujours facile. Mais évidemment cela ne peut se faire que par l'exercice de la raison et de la liberté, sous l'inspiration de la conscience; et par conséquent l'obéissance aux gouveniements , que l'Église impose à ses enfants, doit toujours être raisonnable, libre, et ne peut jamais être aveugle et absolue; car c'est l'homme gui obéit, et il doit obéir en homme, humainement, avec la connaissance de ce qu'il fait, et parce qu'il lèvent.

Ce second point démontré, savoir : que la résistance à l'autorité est quelquefois licite, arrive cette question : quelle espèce de résistance permet l'Église? question bien grave dans la pratique, et dont la solution intéresse vivement la conscience du chrétien.

L'Église catholique, qui^ a les paroles de la Vérité étemelle, ne peut ni errer ni se contre-

dire, et tout, dans sa doctrine et dans sa conduite, se tient et s'enchatne admirablement.

Nous venons de voir pourquoi elle jirescrit l'obéissance àujc puissances établies ; c'est |)arce qu'elles sont les blinistres de Diëù j)out' tnaiiitëilir l'ordre et ia justice, sans ieisi|ùëls aticune société n'est possible. Donc ce qti*elle veht avant tout, c'est Tordre et la justice, qui sbbt l'expi-ession de la volonté de Diëii dans la société , et les conditions vitales de son existence.

Cependant, nous l'avons vu, il y a des ciirconstaiices oà la i*ésistàhcé est licite, autôHséé, parce qil*il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hottimes, parce que la loi civile ne peut Téttit)Ortôr isur la loi naturelle, parce que dans l'appUicatiôn de la loi civile il peut y avoir erreur ott abus. Ëh bien! résister dans ce cas, c'est être aussi le niinistre de Dieu pour lé bîeh, minister ïki in honum. Le droit dé résister dérivé ufliquemeht de cette condition, et la fin, dont cette condition est le moyen, est de garâhtîr ToMi'e ei la justice dans la société. Votis he pôuvei donc user de ce droit qu'en àcccomplissant la condition essentielle qui la valide et la restreitit tout ensemble ; savoir : qUe vous he troublerez pas

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rotare social, et qu*en cherchant à redressef ou réparer utie injtistice, tous n'en conimettrez pad utië plus gbandë, ou autremeht quë 1q rëmêde, qui doit gtiêrir ou détruire le mal, he sera pâfe plus funeste que le nlâl lui-même.

En ôUlre, chacun ri^agit bien, légitimeihënt, que dans Tordt-ë de sa position et de ses rapports. La pilissâilcë établie, ordonnée par Dleti pour gottvet-het là société, porte le glaive & cette flh, et doit eh fraptjer ati besoin ceux qui fotlt le mai; c*ëst son dëVoit*, et par fcohfeéqhënt sbti di^oit comnie puissance. Vous, fconime sujet de la loi, et pat conséquent de la puissance qtii là teptésente, Vous devez obéir patce Qu'elle est le tnihistrë de Dieu, et alors c^est à Dieta iâêthe qhe Votis obéissez.

Que si elle s'égare ou se pervertit, si elle abuse du glaive eU frappant à tort ou à côté, VoUs, sujet, qui pouvez devenir à votre tout* ministre de Dieu et de sa justice par la résistance légale, eh tant que soumis à la puissance, Vous n'avez point de glaive à lui opposer, sauf le c'^as extrême où l'excès de la tyraUniè^ ramêhë la société et riridividu du droit et à rîHdigriâtton de la défefase naturelle

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Si VOUS tirez le glaive dans TÉtai sans cette nécessité, vous êtes un rebelle, un usurpateur; vous allez contre la volonté de Dieu, quand la puissance établie, que vous cherchez à renverser, suffit encore au maintien de Tordre et de la justice en général. Vous vous faites puissance de vous-même, dans un intérêt propre, sans mission véritable; vous substituez la violence au droit, vous prétendez repousser des injustices partielles par une plus grande iniquité; vous bouleversez la société sous prétexte de la défendre; vous suscitez la guerre civile, vous déchirez le sein de la patrie, vous risquez de la tuer pour la sauver. Votre acte est donc à la fois immoral et absurde: immoral, parce qu*il est contraire à Tordre public , à Tintérêt bien entendu de TÉtat, qui réclame la réforme des abus et non une révolution; absurde, parce qu'il tend à ruiner ce qu'il doit réparer. -

L'Église n'autorise donc jamais la résistance armée à la puissance établie, bien qu'elle puisse parfois Texcuser. Elle ne veut pas qu'il y ait deux glaives opposés dans la même société, parce qu'elle a en horreur la guerre intestine,

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aussi contraire à Tintérêt de TÉtat qu'à la charité chrétienne, et par conséquent elle réprouve la révolte, la sédition, i'insurrection, et tous les désordres qui en sont la suite.

Mais entre l'obéissance passive qu'elle ne prescrit point et la résistance violente qu'elle condamne, elle indique et conseille une voie moyenne, qui procure plus sûrement les effets heureux et légitimes de la résistance à l'injustice, sans en avoir les inconvénients. En suivant cette voie avec prudence, et il en faut beaucoup parce qu'elle est ardue et glissante, avec patience, parce qu'elle est sinueuse et longue, le chrétien pourra défendre efficacement la liberté de son pays, sans risquer de blesser sa conscience et d'offenser Dieu.

Pour cela il a deux choses à faire en face d'un gouvernement oppresseur: il peut lui résister, mais passivement; il doit lui obéir, mais en faisant tout ce qu'il peut faire légalement pour affaiblir ou entraver l'influence funeste du despotisme.

Résister passivement, c'est-à-dire endurer longtemps avec la patience et la résignation que la foi chrétienne peut seule inspirer, tout

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ce qi4 peut se supporter, et cela pour plusieurs raisons :

}*» Parcîe qu'uu gouvememeut ne se juge point par quelques actes. Il peut commettre des êrreprs ou des fautes, sans être vraiment tyrannique ou oppresseur. Il faut donc beaur coup de temps, pour qu'il se juge lui-même par sa conduite de tous les jours, par le système perséyérant de sa politique; et comme, en tant que gouvernement établi, il a été orr donné par Dieu pour maintenir Tordre, on ne doit point lui faire opposition, ni même Tinquiéter gravement, tant que l'ordre n'est pas sé-î rieusement compromis, tant que, par son administration générale, il peut encore paraître aux yeux des peuples ministre de Bien pour le bien.

3"^ Entre deux inconvénients, la raison veut qu'on choisisse le moindre. Or il peut arriver que le remède soit pire que le mal, et en fait de révolution c'est le cas le plus ordinaire. On tombe de mal en pis; et quand on a renversé ce qui existait, on se prend le plus souvent à regretter ce qu'on a détruit ou perdu. Or personne ne peut prévoir ni mesura d'avance ce qui sortira d'un bouleversement social, et» par

ET î^ I43£RT$. â7â

cop^équent, t8\m qwp 1^ md 4'p^ gopv^rne-.

lafinX ^t SHppQrl^We, U ^^ sage de le tolérw p^r ift cfwite 4'un plm grwd mal.

a« 4 c§s dwi^ w«Ufs de prudence hum^ne, 1^ yeJyfjQii efli qjpvite im troisième d'un autre ordre^ qui ei^prime uu CQUseil et non un pré-r cepte ; c*e§t qu'en gépéralia souffrance eu ce monde est utile w chrétien, surtout quwd elle est acpeptée et supportée pour la cause de la justice: iMo^i qui p^Tsm^^iomm patiuntur prop" ter ju^^itium^, Hieu ne nous détache plus du monde, de sa joie, de ses illusions que les mécQflflptpSi les contrariétés et les iribulations; et, au eontrmre, ee qu| nous éloigne le plus du ciel et des Qhoses éternelles» c'est la jouissance des biens de la terre, les plaisirs des sens, la satisfaction des passions et tout ce qui exalte liotre nature inférieure.

Dans ce point de ^vue surnaturel, il y a plus de proût h souffrir qvCh jouir ici-bas ; et ainsi la chrétien fidèle trouve dans ses peines, 8*il les accepte i^vec résignation, s*U les subit avec pa-^ tience, le motif de son espérance et lé gage de

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