‹ La religion, la morale et la science [microform]Chapitre 12 sur 17 · SR · texte numérisé non relu

SR

17U u Rr.u«iioN, I.A MiinAir. rr iji Hrinux

celui qui frappe le plus, c'est bien cel appel i»icessanl ù la conscience comme h la force religieuse onlérieure et supérieure à toutes les religions; cest celte conviction •|u'il n'est pas (l'œuvre plus religien.'i^ que o-ilc à laquelle on Ir'avaijle. quand on travaille à se faire une Ame droite et à en fair*^ naître de pareilles nuU)ur de soi. Uooi de plusi toucliant que de voir un même homme nHnfhcr sans hésitation un prix infini à l'œuvre morale de la plus humble institutrice et savoir *>n même temps lui rappeler si franchement combien celte o'uvri' est petit»', humble, étroil*', et avec ipielle mo(lesli> il faut s'y enfermer?

Voici un passage seulement d'un*- lettre à une de ses plus proches collaboratiic^es qui. comme beaucoup d'autres, traversait en province des heures de tristesse et de découragement en mesurant la distance entre ce qu'eile voyait autour d'elle et ce qu'elle avait vécu à Fontenay :

J*ai dévoré cette semaine le romnn en il^ux volumes le plus dramatique, le plus poignant. Hélas! c'eât une histoire cruellement véridiquc dans son austère- précision : Hiiloire diptomalique de la guerre IrancomoUemande, par .Xlbert Sor«l. Après

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rnvojr lu, 011 aiiiM? <loiib!«>«nonl non piiy», mais on est d»ubli!m«nt anxieux sur aun avenir, et ion so dWT^nde ce que niHis autres, 8i potHs, noua pouvôn»-faire d'oftoctivemenl utile pour lui.

Mous pouvons quelque rliofw, ni noua ne l'ôvonn pas do grniMls dcNitotn» et d<- bruiH|ue« transfornialions, /tiluinrr la tlanum- sacrée duns une iteulo ftnie, f(»nner un raraclère libro et ferme, faire naître une seufc dicnoB filhw A la vie <l« la claire raison, de la droite jUHliirc, ue la iltarilé, du respect, du rouraije, c'est Ix^aucoup pour le paya, c'<*t tHniucdup ' pour nos faibles talents. Kt cela est en noire p«Hivoir si nous savoiw y nioiire k prix.

A une dîrerlricc qui ne réagissait pas as.Hfz contre le découragement, il écrit :

Si ft votre Age vous rclblisacz^ que sera-ce «■ mien? N^nirais-je ptiH lieu plutôt <le faire ^>IKl (or vous et sur vos luimpa^nes lorsquo ju suis lenlé et défaillir?

Allez vous retremper dans le n*po8, dans la laniillc, doios de bonnes lectufca (Marc-Aurùl^.

lUuiM la méditation pnittib.V cl rocuoilHie o» prés^sicc de Dieu. Vous verrez les cliosos sous un jour plus vrai en reprenant des iorccs, vous verrez la faveur insigne qui vous a été faite de participer à la plus belle œuvre de l'eaprit qui se puisse imaginer, ou vo4g ne pouvez rien aflUmplir qui valle, âaii« valoir d'abord vous-même... Osez vivre, osez être vous-, même au,ri8que do commeltro des erreurs ou des fautes : la pire ne seralt-ell'C pas de ne vivre point et d'éteindre par e«prit de mortification votre activité?

Il y a un mot de saint Paul qui est h retenir, tombant des lèvres de ce rude jouteur : Soijez tovttum ioyeux- H avait ses raisons de l'être qui ne sont pas tvt tout UiM nâtres, mais qui le sont assez pour justifier, pour curamander la confiance et le courage.

lit LA UCLHilUN, U MlMIALK Kl lA NCIKMJI

A une «linniriri» qui, aux pi-lse» avec une «iifflcullé grave dans le gouvernement de M iiiaisoii, lui iletuanduil «onséil, il r^^pondait : « D'abonl, ne vous découragez pas, «El il ajoutait :

• A vnlie plnre (fenuM-je niirux qiK; voua? |« ne le croia pon). Nilmnent je me replierais chaque jour .HUi- mni.niAiiic, rherchant en moi, dans le recueille.; ment et i Humilité, et tlons l'iillerlUHi pour ces pauvres eufaiils (des élevp» indisciptinées) des ressuur. <'e8 uotiveUoM. des moyens plus |M*nétrajitii d agir sur toul«8 H sur quelques-unes. Nialgié tout il y a en flics qiii>li|iie cliose d'Iiumain que l'on peut tou. jours AvMqiKT. /Vllons! conriniice et «spoir; en alteodflfit, (-eH jmnm fille« vous cantraigiuiU (k> v&itiir plu»' que vous n'auriez vnMi sans elles. » '

A une luilre qui, encore .simple professeur, rencontrait bien des obslncleM à la large tArhe déducUiin' qu'elle avait rêvée, il écrit :

Vous 6teM presque résignée, me drtcs.vous, ù ne vous occuper que de J'enscignemeirl. nc«tez-en au pmque, et iw vou» y enfermez pas.

Ne renoncez jamais à éveiller chez U>s nouveilex , venues d'aulres sentiments que ceux d'ôcoliôre des. Unées ti foniter doR érulièreH. Ne vous ai.jo ptut dit souvent que ce serait pour cliacuii de nous une t)elte récnmpoii«4> de '<)U8citer Hculemetit quelques termes oonscience«, quelques Ames libérales et généreuses parmi ces jeunes flUesT Empêcher la prescription, faire que le namt>eau — celui' qui nous a éclalréi — iv> s'éteigne pas en France, au moins dana le coiri du champ qui nous a tté départi et que quelquea-

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nn«« de nos fontenoi -ieniies le trananif lient cl"ir «t vif à d'nuirefl, c'wit encore n'avoir pan vécu en vain. Tant que voua Henec à X..., ne w^^i épiitgnn pas A aviver avec pem^vAraftce la moindre étincelle motiile; quand voua dinjjerez une érole, vous verrez que le principal aoin H la «ninde difflcullé c'est de fortner un personnel qui librement «oasocw à vos vues. J'ai Joui lan(efnfnt de re bonheur; je n'élaiv pas seul dans l'édurolMin, pas |»lus que les profes- '"seiirs n'élniont seuls dan» 1' .nMèigivein4>>nt.

Et il «joulail dans une nuire lettre :

, C'est wi-n le devoir de votre Age d'apporter li l'œuvn» oMniiiune uit espiiit de jewxMWc, c'asl-à-dire de onnfianre, de courage, de joie, (''csl, vous vous 1*^ rappelez, ce que j'atlendr. des fille» dt- Kontenay, tpi'elles Hupplèent pai' leur bonne hunteur et par leur allègre activité oux défaillances de leurs devanciers. Votb* nous devez de iiouit aider it rester icunea. > plaimlrals m pay)» tH l'esprit de r«^<i||>iation, si Je découragement V4>riail à dominer parmi vous, si la général on nouvelle des diirectncm cl des maîtresses dra écnlos normales, attendant tiMit de ses premiws gu'des, renonçait i\ so renouveler pas çUe.,méme. Vous serez au moins quelques-une» il conjurer oe malheur.

Et & une autre encore :

Je vo«i» suppHe surUout de ne jamoM c«der ù Ih pire des tentations, celle de déue^pérer des aulreh uU de vou»-mém«. Eik viendra, oette ttintationi, ei elle n'o«t déjà venue, à de certaine li«iM«e. Klle ennpnmie en gronde partie sa force ix notre amutien excessive, pour ne pas dire à notre orgueil qui tux» induii k feJt« peu de cas des pc<itA réKullafu* et des oeuvres obscures. Knlrelenez toujours l'espénnce. la conflaiMo à (''efAcacité du bien. Je re.

174 u nn.iciON, LA MniuLK rr i.a M-.MBun

liaai» I autre jour un cluirmaiM mut Inlin «Jo Biitnt- Cyron, (UIII''He l\ tninupcirtM* «n rninçaw «Iadh mi (tmcJRiun : l iule nrdel, inde hiret. LA où l« cœur ItrAle, puurrnit-riii livulu:re, Ih I>ril1e |a lunM{>r<\ Aimer, c'est la moitié de cniinr dit VicInr.Hugu.

-^ Tel a été renM>ifi;nftinent dfi ce nouveau Port- Hoyal, où l'histoire < signalera la figure de hYlix P^^raut comme celle d'un Saint Cyran lait|ue, philosophe et républicain. • On ne saurait mieux résumer son œuvre et .su doctrine que dans les quelques paroles d'un des hommes qui l'ont le mieux connu (1) : c 11 pensait avec cette intensité de réflexion qui liii était propre, que la morale avait un fond religieux et devait- avoir une âme religieuse... H pensait que, pour se tenir debout et avoir ,su pleine vérité, la vie morale a besoin de s'appuyer à quelque chose d'immuable. Il croyait à une parenté et A une dcHlination divine de l'homme. Pour bien faire son devoir au poste" qui lui est assign<^, le plus hunUHe a besoin de savoir qu'en le faisant il est en concor donce avec l'ordre universel et y collabore. Or, cette foi certaine et vive, c'est la religion m6-

(1) Article de M. Kiibal'cr, dons la Tempt, du X auût IMW.

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mo. Pé< aut. qui avait commencé |*ar traiiHfurmer «a i-t'li^un d'enfance, en la voulant ex- «■liiHivemtnt morale, transfigurait à la fin sn mimile vn In faisant profondértient religieuse. Celte intime fu)<ion de deux puissances qui,

. dans notre MN-iété, sont si violemmeAl en guerre, faisait son originalité universitaire et sa force intérieut-r. Il a vécu avec sincérité, et il est mort paisilde, parce <|u'il nvnit la conscien-

* ce d'avoir, lui aussi, pour sa part, coU«l)oré à rordr* universel. »

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