‹ La religion, la morale et la science [microform]Chapitre 13 sur 17 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Il nous resle ft cssoyer de conclure.

I)(> la discussion Ihéoriquc <]uc voiia avex bien voulu suivre dans ses longs détours, et puis de l'exemple d'application pratique que je viens de vous retracer sommairement, quelles conclusions poll^■on9.-nous tirer?

Si l'on entreprenne de les réduire, suivant la nii^'lliodc d'aiilrcfois, à quelques thèses formelles, ce seraient, je ci'ois, ù peu près les suivantes...

Mais qu0 vais-Je faire?

Au moment de les i'noncer, 'je proteste con- Iro ces formules^ car j'en sens par avance le vid(>, la raideur et l'étroitesse. Qu'il est donc loin de nous, le temps où, sur quelques phrases de ce genre, bien tranchantes et bien dogmatiques, les uns et les autres partaient en guerre, bataillant pour, bataillant contre, sans (pie le moindre souffle de doute effleurât leur pensée! Notre pensée à nous n'est plus capable de cette intréi^ide assurance. Et pour que j'ose vous soumettre des conclusions rédigées en

IMU LA RELIGION, LA MOHALK KT U iClttiCM.

celte forme, il faut que nous ayons i-ésolu de pousser ensemble l'effort de sincérité auss^ loin que possible 1 ce nest, pour nous tous, qu'une étude. Ni vous ni moi ne sommes dupes de l'apparente rigueur des mots, nous ne leur demandons que de nous aider A délerminer une orientation.

Voici donc la mienne.

Toute éducation doK élix> fondée sur les lois de la nature humaine. L'éducation intellectuelle n'est que le développement normal de la conscience (On envisagerait de même l'éducation esthétique comme le développement normal du sentimcnl).

Toute prétention d(> .substituer soit à l'autorité de la raison, soit d celle de la conscience, une autorité pi-élendue supérieure, va à l'encontre des loisTle la nature humaine et nouii empêche de remplir pleinement noire destination.

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CONCLISIONS 181

-Vit^ . ^ .

Mais ni )'<éducalion intellectuelle, ni l'éducation itioraj£#^ n'est complète et vramient conforme h n^f nature, si l'on supprime le sentiment Pt l'idée des limites où elles s'enfermeht, en d'autres termes le sentiment et l'idée que notre science n'épuise pas le réel, que notre conscience n'épuise pas l'idéal. L'éducation inlollectuelle iriT^grale suppose, par delà le fini que la science étudie, l'infini qui lui échappe. L'éducation morale intégrale suppose, au-dessus de la plus haute moralité, un idéal de perfection morale qui la dépasse (^)^. Ni cet infini n'est accessible 'à la science, ni cet idéal accessible à l'activité humaine, mais l'un et l'autre servent d'abord à nous marquer le sens dans lequel nous devons marcher, ensuite à nous prémunir contre l'illusion d'avoir atteint le but et fermé le cycle de l'effort soit intellectuel, soit moral (3).

(1) Ni l'éducation esthétique. Je n'insist« pas sur ce troisième termfr, qui est en dehors de l'objet de CCS conlércnces.

(2) On çn dirait autant pour l'éducation esthétique.

(3) Soit esthéf'que. '

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