‹ La religion, la morale et la science [microform]Chapitre 4 sur 17 · I.A nEMGIOM, I.A MOHALK ET iJi fiTAtOUt · texte numérisé non relu

I.A nEMGIOM, I.A MOHALK ET iJi fiTAtOUt

rphari. Ici, vivre cl philosopher vont do pair : . on n'a ni le droit de ne pas instruire ses enfants, ni le moyen de les instruire s:)nâ leur transmettre une philosophie implicite.

C'est ainsi que, sans aucun litre à prendre le rôle d'arbitjfe entre le lli^ologien, le philosophe et le savant, l'éducateur osi forcé, bon gré mal gré, de décider entre eux, 'puisqu'il faut qu'il se décide lui-même. L'é(luc:ation,. qui , n'est qu'un humble système d'applications, se: trouve devenir la cause occasionnelle du heurt des principes eux-mêmes. On poiir^rait supposer à la rigueur une société d adultes qui éviterait indéfiniment ce choc, soit par indifférence, soit par tolérance raisonnéo, soit par scppticisme, soit par quelque motlits vivendi^ sagement concerté. Mais du moment qu'apparaît une jeunesse à* former, impossible d'élu^^

' der les questions brûlantes : se taire, c'est e«core prononcer sa déchéance. , < .

Vous le voyez donc, pour peu qu'il y ait matière à conflit, c'est au cœur iijéme de l'éducation que le conflit va éclater.

Mais y a-l-iT malière «Y conflit? v

Des ûmcs nmies do la paix veulent en «loiiler. Jaidis, leur sem|jle-t-il, religion, morale cl science vivaient en bonne linrmonie. Poui'quoi n'en serait-il plus de même?, S'il est produit linéique malentendu, un peu d'esprit uc concilialion ne suffirait-il pas h le dissiper?

fo'ut .autre est notre foncc|»tion du phéno- ■, mène que, faute d'un mot meilleur, nous avons appelé conflit. Si l'esprit philosophique et l'esprit scientifique disputent à tes|)rit religieux le gouvernement des ùmes ci par contre-coup j

celui des sociétés, à nos jîeux ce n'est pas im - J

accident, ou, «i vous voulez, c>'% un accident 4 nécessaire, un fait normal. Nous y voyons un phénomène de croissance. Il fallait qu'il .se I'

produisit ou que l'humanité cessât de grandir.

Tâchons d'expliquer celte 'manière de voir, de 'raconter dans ses phases essentielles l'his- C'^ toire de cette croissance et de montrer qu'à l'humanité passant de l'âge de la religion, à celui de la morale et de la science, il n'arrive , ^

9 LA nei.HiioM, ik MoRAUE rr u sciencb

pas autre chose qu'à l'enfant devenu adolescent, à l'adolescent devenant homme.

FÀieifque je vous demande pardon par avance, une fois pour toutes, si, dans ces aperçus, je me place toujours à un point de vue dpnt l'éducatenr s'affranchit difficilement. Pour lui, le mot de Pascak^st vrai kja^ lettre : l'humanité est un homme qui apprend toujours. Pour lui, i'enfunce de l'individu reproduit à peu près toutes les phases de Tenfance de l'humanité, ee petit monde reflète le grand. De là, dansr les< études que je vous soumets, un constant rapprochement, un parallélisme, qui vous fatiguera peut-être, entre la psychologie de tenlunl et la psychologie des sociétét à l'état denlanide. . '

Des trois disciplines que nous comparon^, il en est une qui a incontestablement l'avantage de la priorité.

Historiquement, la religion a été la première institutrice du genre humain. Qu'il s'agisse de peuplades émergeant à peine de la sauvagerie brutale ou des grands peuples de l'antiquité

OU foème des nations modernes, toute civilisar " tion qui commence, commence par une religion ; elle est une religion, et. pendant un temps plus ou moins, long, elle n'est pas autre chose.

Est-ce un hasard qu'un tel fait? Si partout où se constitue une société humaine, les premières éniotions éprouvées, les premières vérités trouvées, les premières lois acceptées par rhomme ou plus exactement par la société naissante, se sont expriffiées sous forme de tradition sacrée. Je révélation religieuse, c'est sans doute que celte fc^me était la aej^Je souh, . laquelle ce premier trésor pouyait être amassé, conserva et transmis.

Psychotogiquement, en effet,- la religion seule I réunit les conditions que doit remplir une discipline destinée a des débutants dans la vie de l'esjirit. 2

Et tout d'abord, elle leur parle le seul langage qu'ils puissent comprendre, le langage d'autorité. '

Pour un tout jeune enfant, ses parents, alors même qu'ifS ne font que répondre à ses instincts, que prévenir ses besoins, sont une gran-

LA nttir.ioN, LA MnnAU: et la sriExce

dp puissance extérioure, une puissanro qui, d'un signe» d'un mol, di'un regard, le taH IreraM^, le raik^claler en pleur!>(. Tel esl, et plus tremblant encore devmil ses dieux, àts qu'il en a, l'homme primitif : ce que les vieillard» de la tribu lui ^L>*eignnil ou lui. commandent, ni eux ni lui n'y (irtMeraient nllcntion s'ils i)arlaient au nom de leiir-|'\p<^rience; fis l^rlcnt au nom' de ifTlHiissance supérieur re quelle qu'elle soH : esprits des ancêtres,

-fantômes ou fétiches, génies des bois et des eaux ou dieux déjà personniHés, plus tard humanisés, plus tard encore surhumains, peu importe. A ce premier âge, il n'y a (ju'une manière de faire respecter une loi, c'est l'nulo- "i4té, et il n'y a qu'tme aiiloiité. relie dont on

*a peur.

Le tout petit enfant grandira; il. cessera de. trembler au seul bruit de la voix paternelle, mais pendant combien de mois ou d'années in raison dernière des choses pour lui sera-t-ello encore la parole du père, la volonté du père? Le père affirme et commande, l'enfant répèle «t obéil : ainsi te veut la nature, jgl l'enfunt

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ne devien,drn liumtnc que parce que longtemps , ainsi il aura répété et obéi, cru ce qu'on lui disait et fait ce qu'on lui prcscrivQ^il, sans en -, rechercher d'autre raison.

L'ttumanité 'wC, procède pas autrement. Même à un degré très avancé de culture, pendant longtemps, une loi na vaijdra pour elle qu'à litre de conunandemcnt d'un législateur souverain. Mime quand elle se sei-a élevé nssoZ' haut pour ne plus fragmenter la divinité, elle n'en tiendra que. plus à ce que l'ordre lui vienne . , ^ directement de Dieu. Lui demander de respecter l'ordre, le vrai, le beau, le bien en eux-mêmes et pour eiix-mémes, ce serait lui demander trop fôl un trop grand elforl d'abstraction. Elle né respecte que. ce qu'elle adore. Elle ne s'Inclinerait pas encore devant une jdée, elle ne s'inclinjB que devant une volonté vivante.

C'est pour cela (jue toutes ses premières conquêtes morales et même matérielles, l'humanité ne s'imagine pas les avoir faites; invariablement, elle les a reçues d'une bouche ou d'une main divine. Je viens de voir, en entrant ici, l'illustration de cette leçon d'histoire : ce n'est pas Triplolëme qui a imaginé la charrue

\t \.k nELIGlUN, U MURALE BT LA SCIENCK '

et semé le froment, c'est ude dé^esse ([xA lui donne lun et l'autre.

Mais Ihumanilé a beau attribuer son œuvre aux dieux, c'est bien son legvre, et une œuvre ^.^ (|ui porte sa marque. Prenez un peuple où vous voudrez, à quelque point de l'histoire et dans queiqi# région du monde que ce soii»^..^ examinez ses diverses instilution.^'^ociaies et comparez-les : leur contenu vous révélera leur âge respecUr. Vous en reconnaîtrez toujours une qui, viaiblement. à précéda toutes les autres, c'est l'institution religieuse. Elle leur est ' à toutes, par essence, à la fois inférieure et supérieure': supérieure par la simplicité de la pensée, par la sincérité de l'émotion, par l'unitéjde ^les, par la candeur de l'expression, surtout par la puissance dès liens qu'elle établit entre les hommes en les hittachant eu;cmëmes à tout Tunivei^s visible et invisible; inférieure pourtant, irrémédiablement inférieure, et pourquoi? justement parce qu'elle a toutes ces qualités .et que naïveté, fraîcheur, spontanéité, peurs folles et folles hardiesses, timidité «t témérité d'enfant, élans du cœur et rêves 4e l'esprit, ce sont là autant de signes du jeune

'première UJNFtRENCE

Age. Cet Age prend /in, un autre suit infailliblement, qui n'eal plus celui de la poésie, qui s'établit dans la réalité, qui observe, qiii. compare, qui réfléchit, qui analyse, qui raisonne, qui par conséquent aura d'autres besoins que les besoins religieux.

Que la religion ^oH->ainsi la fleur du printemps de l'humanité, ce qui le prouve ce n'est pas seulement la forme d'autorité sous laquelle elle se présente, c'est son essence même. Il y a eh elfe deux choses à considérer- : son

objet et sa méthode,. Essayons de nous enren» dre compte.

Quel'est l'objet de Ja religion? Ne nous hAtons pas de répondre en prenant pour type la religion la plus perfectionnée que nous connaissipns. Il faut une définition qui embrasse tout le défini, qui convienne & toutes les phases de la religion, qui^rende raison de toutes ses mues à travers les Ages, à ti'avers les races, à tant de degrés de civilisation.

On a proposé de''Hirer Cette définition soit des' idées, soit des sentiments, soît des actes, qui constitueraient spécifiquement la religion :

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*t4 I.A nEf.lfilOI*, U MOKALC ET I.A STIKNCf

^ des idées, cl alors la religion se reconnaît à un ensemble de rroyaiices cl de doclrines, soit liislori<|uea. soit tliéoritiues; — des sentimenls, et nJors la religion jéside dans une émotion sni yeneris, adoration, extase, foi, prière; — des actes, e1 alors lu religion se présente comme un ensemble de règles applicables au goiivernemcnl d<^ la vie matérielle et morale, do l'individu, de la famille, de la société, à comjnencer par les premiers de tous , ^es devoirs, les pratiqués cultuelles. , .

C'est évidemment' là non une définition, mais < une analyse du fait religieux, décomposé ainsi en ses principaux élément». ' Il faut bien ré-tablir l'unité brisée, chercher une formule qui en exprime l'ensemble et non plus les détails". Un peut la trouver en, développant la propor sition célèbre de Schleiermacher. Dans foute sa généralité, la religion est le sentiment de notre dépendance- vis-à-vis d'un principe supérieui".

Akiis est-ce même assez dire? Est-ce que lliomme primitif ou l'homme civilisé s'en tient à cette affirmation de son état de dépendance^ à l'égard du monde et des dieux? S'en tient-

rnEVIÊRE CcNFÉnEKCE IJ

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fl mémo li une émotion que produirait chez lui «•elte découverte? Non. Le phénomène est à la fois bcaucou|} plus* complexe et plu^ concret. L'homme, il est vrai, 3e voit et il se sent dépendant, c'est-à-dire exposé à l'action de forces malfai|finles ou bienfaisantes, mais, sûr l'heure et du même coup, il i-êve e^ il entreprend d'entrer en relation avec ceà forces, de lier société avec elles comme avec tous les autres êtres vivants. De ces forces, il se fera, suivant son deçré de culture, des représentations d'abord ((r^s grossières ou très enfantines, inférieures, ^puis semj)labies, puis supérieures à la nature , humaine; plus lard il les concevra non plus éparses, mais réunies dans la personne des grands dieux; plus tard encore, il fera entre elles un départ tout nouveau en distinguant lé bien du mai, lo vrai du faux, l'être du néant; il moralisera ses divinités; enfin, portant à l'infinir toutes les puissances du Bien, il les résumera un jour toute» en un, c'est-à-dire eTi Dieu.

Mais, à tous ces degrés, ce qui constitue l'originalité du fait religieux, c'est que l'homme ne se borne pas à constater, il réagit aus-

18 LA nCLMION, I.A MORAliE ET U aCIKSCR

sildt, d'une réaction qui lui est propre. I)e toute son Ame, intelligence, sentiment, volonté, il se Jette d'emblée à la poursuite du dieu qu'il a entrevu, ancienne bu moderne, une religion n'est pas* une dogmatique, n'est pas une éthique, n'est pas une esthétique : elle est tout cela, soit, mais elle est, de plus, la religion i ' Elle ne pense pas pour penser, n'émeut pas pour émouvoir, n'agit pas pour agir, elle agit, sent et pense en vue d'établir la chose esaentielle, la communication directe avec les ^ieux ou avec Dieu. La religion, c'est le contact avec le dtvin. Que le divin. Je le répète,, réside dans un fétiche ou dans un astre, dans les éclairs du Sin'aï ou sur les sommets radieux de l'Olympe, dans l'immense nature ou dans une suprême personne vivante, ou enfin dans un Dieu idéal saisi au fond de la conscience, voilà ce que crie l'histoire des religions de la première à \% dernière page! Appréciez comme vous - voudrez cette prétention, c'est celle-là même qui est l'flme de la religion, celle de nous mettre en relation directe, intime, réelle, avec le principe sounerain de l'univers.

PREMltlIE r.<i\Hfn>MK It

El pour ntteindro ryt ohjot, ' (luelPe ^a èCre ïaméthotlo (le la r«>li^ion, de loiil<vrclii(ion? .

iCIle sera aussi niiturelle, atiMHi naïve, aussi H|M)nl!Ui<^e'qii« Télail l;i rohreiilion même du hul à atletiulre. C'est ce que nous appellerions In mélhnde iiituitUw, relie tpii cunsisle en un simple ^'Inn <le loulf l'Ame vers i objet «le son (jiésiu. Intuition du rd'iir et de l'efprit, acte phmesnulier d'intellii^eiici' rmni('*diatement pi*é. cédé par l'émotion, inimédinlenienl suivi phr l'Hction, sans qu'à vrai' dire trtirs rea élëmenta se démêlent, tant un^mème effort les associe et les confond.

C^est le premier mouvement du petit enfaAt tondant ses bras vers l'objet qu'il désire «appelant de ses yeux, de ses gestes, de ses cris, que ce sdit un jouet. dnn» In rue pu la lune-au> ciel. Avec le temps, l'enfant apjwendra In différence du possible et de« l'iinpossiblo, il .découvrira qu'il y a des. limites ù l'accomplissement de âj's désirs : l'homme féru la même et amère expérience. Mais ni l'eufant ni l'homme ne renonceront de si lot u celte foi instinctive qu'ils ont dans leurs moyens naturels; ils s'en servent comme l'oiseau se sert de ses

IM U nEI.Kif(M. 1% MnilALP. ET LA SCIENCE

«Hes, ou le Hoir dp ses griffes. C'est cette foi — qai n'a rien de my.nlique, puisqu'elle se confond avec l'instinct vital — qui a engendré toutes les religions. Si le sauvage ou le barbare a foi en ses dieux, c'est parce qu'Hua fdi dao^' sa nature; c'est 'parce <|U'il a foi daii^ ses sens, qui, vingt fois, le ^our. la nuit, lui ont fait voir et entendre ces dieux, à des signes cer-

* tains, qui, le plus souvent, attestaient leur colère; c'est |)àrcc qu'il a foi dans son raisonne* ment, dont vous souriez,^ vous qui avez cinquante siècles d'expériences^ plus que lui, mais pour luiHI est iirésistible, car il porté sur des apparences .saisissantes, les seules réaliléjs qu'il soupçonne, et sur des analogies franpantes, le seul mode de comparaison qu'il connaisse; c'est aussi parce qu'il a foi (et quoi dé plus légitime?) dans, le témoignage des plus savants de la tiibu, dans la tradition des an-

'célres, qui, eux, sont encore vivants et puissants. Sa foi, qui vous semble stupide, est le résultat de sa science, de toute sa science. Sa foi, c'est de la bonne foi. Il n'invente pas des chimères, il ne fait pas de poésie, il traduit comme il peut ce qu'il a cru voir et ce quil

, ■. ;ip^^^?^f^3^*fÇ'wj'^« ?^^^^^

rix)i( savoir; il y apporte loulc l'applicalion dont son faible cei-Veau est capatrie, et il ^ ' 'met le pifks d'exactitude qui soit possible avec les ihstrumenla dont tl dispoHo. ^ ' T

Sans aller chercher/si loin nos "exemples, ie :«i

pauvre pôclieùr irlandais ou breton, qui va .?>

.porter «on l'x voto à la Vierge, ne doute pas. -fK ,

d'elle, paice qu'il ne doute pas de lui;" il n'a **^

pa& appiis ù douter de rien de' ce qui se trou- '-,'

ve gravé en sa créance. Son esfV'it ne s'est jâ-^ mais élevé jusqu'à cette |icnsée h la seconde' : ;; puissance qui consiste à penser sa pensée, à . \^i la contrôler, à la juger, ^Ja remanier, bref :'\ ' à réfléchir. Il pense tout droit comme il parle, par une sorte de jaillissement dont il ne règle .v,

pas le cours, dont il est parfois étonné^ croyant ^ ; y sentir l'action d'un autre, une poussée qui ■■

n'est pas de lui^ un je ne sais (|uoi dont il n'est pas le maître.

Cet état d'esprit, ' qui est celui. do l'immense majorité des hommes, ne comporte d'autre méthode que l'absence de méthode, c'est-à-dire la pure spontanéité.

Les religions primitives nous présentent, à son maximum, cette spontanéité sans limites;

SO U NCMCION, LA Moll AIE ET IJi WIENUE

\ elles ne sont pas le proiluil, rommo on l'a dit, * de i^n folié M (lu il<^règlemont de riinaginulioh; c'est simplement le premier jet^onfus et dé- • sordunné (1c toutes les fandt^'^s humaines up6rant librement (à i^eu près comme o|)éreralt : l'entant s'il était abandonné & lui-mémo, au lieu de. trouver' dans son berceau tous les instrumtfits forgéi* |)ar les siècles, & commencer ' . par l'outil merveilleux du langage). Mais, même on idoine civilisation, ce qu^^ reste la mar- . •-À que distirictive de liv rfligion, c'est toujours la même méthode, l'affinnatioii immédiate, la prise de possession dlemblée et d'epsembic. Faite' pour h) masse humaine et non pour l'élite, il faut bien qù'plle se compose d'éléments , accès- "" Bibles àtous, qu'elle i-épynde à leurs idées, . qu'elle se plie à leui's habitudes d'esprit, qu'elle emploie leurs moyens et parle leur langage. De là vient que, même après tant de 'siè-, cl.es de'civilisation, la religfon a encore, A tou- • jours les caractères essenliiéls que nous venons d'énumérer : elle se fonde et se transmet par " autorité, elle se donne rommo révélation di; vine, elle prétend siilsir Dieu directement, et, pour y parvenir, elle ne demande à chacun (|uc^

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