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op fjuïl peut toujours donner, la foi el l'obéissance. ,
Si la pauvi-c pelile tribu errante ne finissait pas par s'a>;n''ger à d autres et par former un oommenceinent de nation, ^ù lé frotjtement accélôj-era lÏMlucation mutuelle et créera peu à peu toute la complexité de la société humaine, jamais l'homme n'éprouverait le besoin, pas plus qu'il n'aurait le moyen, de modifier en rien l'édifice religieux à l'ombre duquel il est né. * *
Mais si lentement que ce soit, à moins de disparaître, une société se développe. Et peu è peu, au fond des espritsi'qui s'en doutent le moins, un travail se fait tout bas» sourd et silencieux, (|ui aboutira lentement à une double transformation, l'une au point de vue inlÉfecliiel, l'autre au point de vue moral.
La religion jusqu'ici était tout : science, art, industrie, hygiène, médecine, législatipn, droit' politique, morale, connaissafice du passé, du présent el de l'avenir, pirissance d'action sur les hommes, sur les choses, sur les dieux, elle contenait tous les trésors. L'histoire de la ci-
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vilisation est l'hisloii-c de la désagrégaUun progressive de ce bloc primilif. Du tronc vénérable se détachent, l'un après l'aUlre, des rejetons qui, pour grandir, vont lui prendre beaucoup de sa sève. Le prêtre cesse d'èlre l'homme universel. A mesure que la société se complique, elle se créera d9s organes distincts pour des ofrices distincts, elle remettra la guerre aux guerriers, la justice aux jngos, le& affaires publiques aux chefs, la médecine aux médecins; les arts atlx artisans.
De cette- grande histoire de la division du travail, nous n'avons à envisager ici que deux chapitres : comment la science et comment te morale se détaclient'^élles de la religion?
La science d'abord.
Toutes les mères ont observé en souriant le. moment fugitif où renfant.se représente toutes les choses comme des êtres semblable» A lui, agissant à sa manière, au gré de leur caprice. « La lune est méchante ce soir, disait
un bébé, entendu par Guyau : elle ne veut pas ^'îî1||
se montrer. > Moment fugitif pour nés enfants, parce qu'autour d'eu^c tout' corrige aussitôt cette illusion, mais moment qui fut long pour l'humanité' enfant; personne n'étant là polir J'avertir, il lui a fallu se désabuser toute seule. De là vient «lue la ^iremière conception de l'univers que se soient faite, que se fassent encore sous nos yeux les non-civilisés, c'est celle d'un monde où tout est |M)ssible, d'une immense fantasmagorie où passent, comme des ombres, les images les plus variées, sans rien entre elles qui ressemble à un lien, à un ordre, à une loi.
Qu'il faudrait remonter haut dans l'histoire de l'humanité pour saisir l'heure où s'est for- • mée dans l'esprit humain la première et vague idée d'une nature, la première limitation du désordre universel, le premier soupçon confus d'un enchaînement régulier des choses!
C'est à cette heure-là que naissait virtjiieliement la science. Ainsi du moins commençait à se constituer vn domaine échappant à la mouvante inconsistance du hasard et du chuos, où 4es faits suivraient^invariablement d'autres ^
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faits, où certains événemonls pourraient ôlro prévus à coup sûr, où se fixerait peu^i peu la terre ferme du çonnaissable et du connu. Continent qui ne fut longtemps qu'un Ilôt imperceptible, infime, perdu dans l'immensité où continuaient de se jouer les fantaisies arbitraires des puissances inconnues. Néanmoins la coupure était faite,- une distinction capitale était entré'^ dans l'esprit humain. 1! y aura désormais pour lui une nature, qui est fort peu de chose, et w»i surnaturel, qui est presque tout. Le temps se chargera de renverser le» proportions. *
Au début, cette sépar.ition des deux domaines ne semble guère diminuer celui de la religion.
Qu'importe que le sauvage sache maintenant que le soleil ne manquera pas de se lever demain, que le ruisseau ne peut ne pas couler ou la pierre lancée ne pas retomber, qu!il soit même persuadé que le blé, mis en terre, germera? D'abord il faudra des siècles pour qu'il en soit convaincu au point de n'avoir plus peur qu'un sorcier puissant ou quelque esprit malin ne lui ravisse son soleil, na