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de la plupart de ses membres. Si d'aventure tout le monde s'avisait de mener la vie parfaite, l'humanité disparaîtrait pour toujours avec la génération présente. Un manque certain d'équilibre apparaît ici dans la doctrine, aussi dans la discipline que cette doctrine a fondée ou justifiée. Mais, pour être équitable envers le christianisme, on doit tenir compte des progrès qu'il a réalisés, non seulement des défauts qu'il n'a pas su corriger ou éviter.
Eu égard à la mentalité antique, c'était beaucoup de proclamer la femme égale de l'homme devant Dieu, au point de vue du salut ; et eu égard aux mœurs de l'antiquité, c'était beaucoup aussi de leur imposer le même devoir de fidélité conjugale. L'interdiction du divorce, nonobstant les atténuations qui y furent apportées dans la pratique, étaitune garantie pour la stabilité du mariage et de la famille ; elle fut surtout une garantie pour la femme. Le christianisme était beaucoup trop, dans les premiers siècles, une religion de l'au-delà, pour rien changer à la condition civile des femmes : on sait que pendant longtemps il ne songea pas non plus à changer celle des esclaves. L'égalité des époux dans la foi et devant Dieu était néanmoins un avantage appréciable, d'où se pourrait dériver peu à peu et finalement une approximative égalité dans la pratique ordinaire de la vie. Cette égalité religieuse commençait à 9*affirmer en certains cultes païens de mystères ; mais Ton ne manque de justice envers
LA DISCIPLINE HUMAINR
aucun d'eux en déclarant que nul ne constituait pour cet article spécial de la famille une discipline humaine comparable à celle du christianisme.
Même sur le terrain religieux le christianisme se garda bien de tirer toutes les conséquences qui auraient pu découler du principe de l'égalité Célibataire ou mariée la femme resta sujette, ici à son mari, là à la direction des clercs dès que les communautés se furent donné un clergé. L'institution des diaconesses ne dura pas, et elle n'avait pour objet qu'un service secondaire dans la participation des femmes au culte, ou bien un service de charité. L'Église a réalisé une émancipation toute relative des femmes dans l'état religieux, mais en les dérobant à la famille. Le sacerdoce leur est demeuré inaccessible. L'extraordinaire développementdu célibat religieux dans les deux sexes, explicable en partie par Tétat des sociétés où il s'est produit, n'en est pas moins, à beaucoup d'égards, une manifestation de mysticisme exorbitant. Dans l'Église d'Occident la politique de la papauté y a trouvé son intérêt. Sous la forme de célibat ecclésiastique ou de vœux religieux il dépasse certainement de beaucoup la mesure de ce qu'une société de constitution normale pourrait demander comme service de dévouement au célibat volontaire. En ce point l'Église catholique s'est fait une discipline qui a déjà été, qui sera de plus en plus accusée d'inhumanité. Mais la matière est de celles où les hommes, depuis qu'il y en a,