‹ La religion nationale des Tartares orientaux [microform] Mandchous et Mongols, comparée à la religion des anciens Chinois, d'après les textes indigènes, avec le rituel tartare de l'empereur K'ien-LongChapitre 10 sur 76 · RITUEL MANDCHOU · texte numérisé non relu

RITUEL MANDCHOU

MANJUSA-I WECEKE METERE D0R04 BIÏHE.

PRÉFACE ET DÉCRET ÉCRIT HE LA MAIiN DE l'EMI'EUEUR K'IEN-LONC

Nous, peuples mandchous, naturellement respectueux, 'droits et sincères, constants et fermes depuis notre origine, nous avons toujours attaché la plus haute importance aux sacrifices, aux offrandes faits avec respect au ciel, à Fucihi et aux esprits.

Les mandchous des difierentes tribus, suivant les usages particuliers à la contrée de chacune d'elles, avaient, à la vérité, certaines coutumes différant avec les pays, quant aux rites des offrandes, des invocations et des sacrifices; mais pour l'essentiel ces différences étaient d'une minime étendue, et tous ces usages, au fond, se ressemblaient parfaitement.

Dans la famille Gioro i qui est la nôtre, depuis la maison souveraine jusqu'à celle des rois (Wang) et des princes (Kong) '^, on considéra toujours, comme chose de la plus haute importance, les paroles des sacrifices.

Les Samans des temps antérieurs, originaires tous du pays mandchou, en avait appris la langue dès l'enfance. Aussi en

» Nom de la famille royale-impériale de la dynastie mandchoue qui régnait d'abord sur les tribus de l'Amour, puis fit, vprs 1646, la conquête de la Chine. Elle lire ce nom d'un ancêtre célèbre nommé Aisin-Gioro, qui réunit diverses tribus isolées et leur donna le nom comnjun de mandchou.

2 Titres honorlliques. Voir plus haut, page 23.

tout genre de sacrifice et d'invocation, dans les actes préparatoires à l'offrande d'objets précieux, dans les cérémonies pour demander la prospérité, une heureuse récolte, dans les imprécations, dans les sacrifices offerts pour les produits du sol, les chevaux, etc., observant ce qvii était convenable et appropriant tout à chaque affaire, ils savaient réciter les prières et faire les cérémonies requises.

Dans la suite des temps, les Sanians n'apprirent plus les termes mandchous que par tradition ; ne les récitant plus dans les prières et invocations qu'en les lisant conformément à l'enseignement traditionnel, ils dévièrent peu ù peu des lettres et des sons originaires.

De cette façon, chez les princes éloignés du centre commun et isolés, il arriva à là longue que les traditions ne restèrent pas identiques. Non seulement il se forma des divergences, mais dans les diverses espèces de sacrifices domestiques, dans les prières et invocations, les mots, les accentuations et chants primitifs ne concordèrent plus.

Si donc on ne revenait sur ces erreurs, si on ne les corrigeait point et ne consignait point ces règles par écrit pour les transmettre à la postérité, si on laissait la tradition suivre ce chemin, après un certain temps les omissions et les erreurs iraient augmentant de plus en plus, et l'on ne pourrait plus y mettre un terme.

C'est pourquoi j'ai désigné des princes et hauts fonctionnaires pour cette mission ; je les ai chargés de faire toutes les recherches possibles, avec le plus grand soin et l'attention la plus sérieuse. J'ai fait rédiger le tout, en distinguant soigneusement les différentes espèces d'objets, j'ai fait graver les figures des instruments du sacrifice et, après avoir tout revu et vérifié, j'ai porté un décret réglant le tout avec soin.

Pour corriger les lettres et les sons des prières traditionnelles, j'ai consulté les vieillards expérimentés et les gens du pays et j'ai statué en conséquence. Quant aux objets, tels que l'arbre Nan-mou, qui n'avait point de nom en mandchou, j'ai fait transcrire ces noms du chinois en mandchou; après avoir

recueilli les avis, je leur ai donné des noms mandchous et j'ai fait ainsi composer et publier un ouvrage en six livres.

Ainsi les anciens rites des mandchous ont été préservés de Foubli et de l'erreur, à tout jamais, et j'ai pu réaliser mon désir de remettre en honneur les lois du sacrifice. L'ouvrage étant arrivé à sa fin, qu'on lui donne pour titre : « Livre des rites et des sacrifices des Mandchous » et que l'on consigne les noms des princes, des hauts fonctionnaires et des autres magistrats qui l'ont entrepris et exécuté.

Conformément à ce décret : noms et rangs des princes, hauts magistrats et fonctionnaires qui ont préparé, composé, écrit, gravé, corrigé le « livre des rites mandchous », réglé par ordre impérial '.

RJTUEL

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