Des esprits
Les objets de leur vénération étaient lesEnduri et les Weceku.
Par le premier terme ils désignent les esprits de premier ordre,
les êtres invisibles d'une haute intelligence et d'une puissance
surnaturelle, qui dominent le monde et peuvent disposer des
forces de la nature. L'adoration du ciel, dont on fait la partie
commune de toutes les religions tartares, est à peine mentionnée
dans leur code religieux, et l'on n'y trouve point celle d'aucun
astre : soleil, lune, planètes ou tout autre d'espèce quelconque.
Dans la langue mandchoue môme, le mot ciel {abka) ne désigne
rien de surnaturel, et le Dictionnaire ou Miroir de la langue
mandchoue, rédigé sous l'inspiration et la surveillance du
grand empereur K'ang~hi, ne le définit que de cette façon-ci :
Ahka umesi den, lumen jaka be elbehengge, c'est-à-dire : cette
(chose) immense qui recouvre toute chose. Il en est ainsi dans
les cérémonies de notre Rituel. Mais dans la préface l'empereur
dit expressément que le culte antique de sa nation s'adressait
« au ciel « et aux esprits, et la même chose est répétée au