livre I, chapitres III et XIII. Il semblerait môme, d'après ces
termes, que le grand sacrifice du Tang-se était offert au ciel,
bien que le Rituel n'en dise mot.
Les Wecelm sont les génies domestiques, prolecteurs du foyer et de la famille, mais surtout les âmes des ancêtres auxquels ce dernier rôle est spécialement attribué. Le Miroir de la langue
' Le lerme mandchou est Saman el non Shaman. •. .
mandchoue les définit « les esprits que l'on invoque et honore à la maison'' ». ■
L'étymologie et le sens du nom est des plus simples ; c'est un adjectif dérivé du radical wece, qui signifie « honorer d'un culte », « offrir un sacrifice ». Ce terme correspond ainsi exactement aux mots avestique et sanskrit yazata, yajcUa, qui dérivent également d'une racine yaj, yaz, ayant le même sens que wece.
Enduri n'est pas aussi facile à expliquer. On ne peut lui assigner aucune dérivation ; il n'a de rapport matériel qu'avec emluhen, jeune grue, et endunggiya, fouler, opprimer, et ce dernier sens est entièrement opposé au caractère reconnu des Enduri. Le Miroir ne fait qu'indiquer ce que ce mot désigne et ne le définit point : ce sont, dit-il, les esprits auxquels on sacrifie dans les temples et les maisons; puis il rappelle ce passage du Shih-king : « Si tu t'inclines devant les Enduri, ils te donneront la prospérité, la* puissance 2 ». Il ajoute, il est vrai : « ce sont aussi les esprits du ciel, de la terre et des ancêtres »; mais ici il se réfère au sens du mot chinois correspondant et aux idées chinoises.
Toutefois, dans l'esprit du peuple, le mot Enduri impliquait l'idée de céleste et de saint, car son dérivé endurimjge est employé pour désigner « les saints » de l'antiquité chinoise, ces hommes d'une vertu ou sainteté surhumaine, qu'ils possédaient par nature 3.
Le Rituel mandchou "énumère plusieurs fois les Enduri et Wecehi auxquels sont adressés les prières et sacrifices dont il expose les rites. Ce sont : Shangsi, Fucihi, Pousa, les murigan wecehi, les nirugan-i weceku, Giiivan mafa et les ivecekii mongols ^k Souvent aussi il se contente du terme général de Weceku.
Shangsi est regardé comme l'équivalent du chinois Shang-Ti, « le Souverain Seigneur, le Maître suprême », qui désigne
^ Voir Manju gisun-i buleku bilhe, partie Xfll, 8« sectioii.
* Ibid., 2« section.
3 Chinois, cfiing.
* Monggo weceku.