‹ La religion nationale des Tartares orientaux [microform] Mandchous et Mongols, comparée à la religion des anciens Chinois, d'après les textes indigènes, avec le rituel tartare de l'empereur K'ien-LongChapitre 8 sur 76 · Tome XL · texte numérisé non relu

Tome XL

Les Mandchous attachaient aussi certaine idée d'impureté au deuil, à l'influence de la mort d'un parent sur les survivants de sa famille et surtout de sa maison. C'est ce qui apparaît clairement dans les prescriptions que l'on trouve dans noire Rituel, au chapitre III du livre i, vers la fm.

Le deuil souille les yeux, dit le texte; il est probable cependant qu'il s'agit du cas où l'on aurait vu le mort. En ce cas, on ne peut rentrer chez soi pour faire le sacrifice. On doit attendre un mois avant de sacrifier et faire ce qui est prescrit en cet endroit : changer de vêtement et se laver avant de rentrer chez soi.

Le père de famille mandchou qui a un mort chez lui doit porter les esprits, c'est-à-dire leurs tablettes, dans un autre endroit. Il est également parlé d'une purification par le feu, en sautant au-dessus d'un feu allumé sur le sol devant la maison. On retrouvera cette pratique chez les anciens Mogols (voir V Appendice /).

Ces peuples considéraient aussi certaines choses, certains actes, comme souillant le lieu du culte, ou contraires au respect que l'on doit y observer : entrer avec un fouet, y porter de l'argent, y pleurer, y parler de choses affligeantes, y tenir des discours offensants pour d'autres, etc. (voir loc. cit. à la fin).

SECTION m. — La religion des tartares orientaux avant

LA FONDATION DE l'EMPIRE MANDCHOU.

Telle était donc la religion de la Tartarie orientale au temps de l'empire mandchou, fondé par le grand roi Tai-tsou en 1616 (commencé en 1583). Les souvenirs rappelés dans la préface et le discours préliminaire du Rituel rédigé par ordre de l'empereur K'ien-long, nous indiquent que cette religion était devenue nationale en Mandchourie depuis un temps assez éloigné de là. Toutefois, il est aisé de constater qu'elle n'est point la religion originaire des peuples de ces contrées. On voit sans peine que telle qu'elle est constituée dans ce code liturgique, elle est formée de deux éléments tout à fait hété-

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