Jamblique, TraiUdes Mysteres^ premiere partie, ch$p. xii
mouvoir lui-m^me, ni avoir une autre cause de sou mou vement que le Dieu immobile. Or, comment un 6tre peut-il, sans se mouvoir lui-m6me, 6tre cause d*un mouvement? C'est en agissant comme cause Quale'. Par exemple, quand un general fait executer un mouvement a une armee , et qu'il place un drapeau sur un point en donnant ordre a ses soldats de se ranger a Tentour, chaque bomme fixe les yeux sur ce signe immobile, et sait en le voyant a quelle place il doit se ranger; ou encore, quand un marin se trouve en pleine mer loin de tout rivage, il cboisit une etoile vers laquelle il guide son navire. Dieu est Tetoile indifferente qui sert de phare a I'humanite et au monde, et de ce mouvement vers un m^me point lumineux r^sulte rharmonie universelle.
II y a quelque cbose de brillant dans ces trois bypotb^ses; mais, a les regard er de pr^s, on reconnatt qu'elles ne prouvent pas ce qu'elles sont destinees a prouver. Au contraire, elles ne font que constater de plus en plus Timmobilite, et Ton pourrait presque dire Tindifference de Dieu. Ce n'est que par une Equivoque veritable qu'Aristote pent parler de la Providence, apr^s avoir demontre que Dieu ne s'occupe pas du monde. Jamblique et Malebrancbe lui-m6me, qui voulaient arriver a etablir entre Dieu et Tbomrae la m6me communication de demandes et de bienfaits