Kant, Critiqm de la religion^ IV* partie, chap. v
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qu'il s'occupe de nous , parce qu'il veui Stre honors ici-bas sous une forme deierminee, parce qu'il s'est propose en nous creant un but eloigne vers lequel 11 nous conduit a travers cette epreuve terrestre. Plus la verite revelee sera au-dessus de la raison , et plus les pr^tres auront d'autorite conuoae interpretes de la revelation ; plus les ceremonies seront deter minees et efficacesy et plus les pr^tres auront d'autorite comme minis tres de Tautel et dispensateurs de la grace; plus la croyance aux peines * et aux recompenses a venir sera ferme , plus elle contiendra de promesses et de menaces, et plus les pretres seront independants des ev^nements de ce monde , plus ils seront puissants dans ce monde par le moyen de Fautre. Ces consequences s'enchatnent si etroitement qu'on pent prevoir , en restant toujours dans les termes generaux , que, si les prfetres interpretent la revelation, ils choisiront de preference Tinterpretation la plus opposee a la raison humaine ; que, s'ils enseignent a la fois des devoirs de pure morale et des devoirs de piete indifferents par eux-mSmes et dependant uniquement des prescriptions ecciesiastiques, ils donneront plus d'importance aux seconds qu'aux premiers; et qu'enfin, si le texte sacre leur permet une latitude dans la description des peines et des recompenses, ils tendront a Texageration dans les deux sens. La raison en est que la grandeur sacerdotale croit a mesure que le dogme s'eieve au-dessus des lumieres naturelles , que les ceremonies acquierent une mysterieuse
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efficacite, et que I'imagination est frappee des esp6rances et des terreurs de la vie future.
Dans la religion naturelle, au contraire, il n'y a pas de corps sacerdotal; car, qui Taurait institue ? ni de prfetres, car d'ou tiendraient-ils leur mission, et a quoi serviraient-ils ? II n'y a pas de revelation dont il faille conserver le dep&t et interpreter les termes. La raison humaine est la seule autorite reconnue; et tout homme la trouve en lui-m^me. La priere n'est plus qu'une aspiration vers le bien , et vers Dieu qui est la source du bien. Elle est done independante des ceremonies et des formules et peut se passer de choreges. La necessite de Tintervention divine dans le detail de la vie , n'est plus ramen6e a chaque instant par les formulaires. Non-seulement le salut devient independant des ceremonies* mais il y a une tendance naturelle a subordonner le culte exterieur aux prescriptions de la morale ordinaire , peut-^tre m^me a le supprimer tout a fait; car le caractere de Tesprit humain est toujours d'exagerer ses tendances. Pour tout dire , en un mot , les religions positives tendent a absorber la morale dans le culte ; et la religion naturelle a absorber le culte dans la morale ^
Pendant que nous faisons ces comparaisons , pour comprendre de plus en plus la nature , la portee et les tendances de la religion naturelle, nous avons