Apocalypse, chap. xxr, vers
L’IMMORTALITÉ
la philosophie la stérilité de ses promesses. On dirait qu’ils ne savent rien penser et rien imaginer, sans mettre dans leurs conceptions le corps et les besoins du corps. Nos doctrines idéalistes leur semblent vagues, uniquement parce qu’elles sont idéalistes ; et c’est pour cela que nous les croyons précises. Nous résumons toutes nos espérances dans cette parole de Bossuet : f
« Quelle sera cette vie?
« De voir Dieu éternellement tel qu’il est, et de l’aimer sans pouvoir jamais le perdre*. »
Je me recueille encore en terminant ces réflexions sur la vie à venir, car je ne saurais y penser trop longtemps, ni m'entourer de trop de lumières. Je reviens sur ma pensée; je me demande comment Dieu peut récompenser fiotre âme, après l’avoir séparée de son corps; et plus j’y réfléchis, plus je vois que toute la morale m’éclaire sur l’avenir de l’homme; qu’il n’est pas une règle de conduite par laquelle je ne puisse juger du sort qui m’attend. Le ciel est sur cette terre : il éclaire de sa divine lumière le cœur de tout homme de bien. Pas un instant ne se passe oü, de la misérable poussière dans laquelle je rampe, je ne puisse m’élever jusqu’à lui ; où je ne puisse en prendre possession au nom de l’intelligence et de la liberté Toutes les passions que la morale condamne, toutes les pensées, toutes les actions qu’elle proscrit, ont pour objet la satisfaction de mes appétits : tout ce que la morale approuve, tout ce qu’elle ordonne me ramène à Dieu. Elle m’apprend à n'aimer que ce qui est vraiment beau, à ne chercher que ce qui est
1. Catéchisme de Meaux, seconde partie de la Doctrine chrétienne, leçon XI.