‹ La religion naturelleChapitre 6 sur 67 · XII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

c’est adorer. Aimer, travailler, se dévouer, c'est adorer, c’est prier. Je puis aussi élever ma pensée et mon cœur vers Dieu, le remercier de ses bienfaits, et lui demander la seule grâce qui importe , la grâce de marcher toujours dans la voie droite, et de n’être pas un citoyen inutile de ce monde.

Telle est la religion naturelle, et tel est le culte naturel. C’est bien peu ; c’est tout pour qui saurait s’en pénétrer. J’aurais voulu exposer cette doctrine, dans ce livre, avec simplicité, et pourtant avec force ; résumer les plus solides arguments qui prouvent la Providence et l’immortalité de l’âme, et montrer comment nous pouvons nous rendre maîtres de notre avenir par le bon usage de la liberté ; répondre aux objections sérieuses, et dédaigner les sophismes; rendre, à force de clarté, la science même accessible au sens commun, dont elle ne diffère souvent que par une forme plus abstraite. J’aurais voulu aussi marquer d’une main ferme la limite qui sépare ce que nous pouvons connaître de ce que nous ne saurions comprendre ; car, le plus souvent, c’est pour nous être trompés, par orgueil, sur la portée de notre intelligence, que nous nous perdons dans des problèmes insolubles. Mais j’aurais voulu, par-dessus tout, inspirer à certaines âmes attristées et désolées le sentiment religieux, sans lequel il n’y aura jamais ni douce loi, ni société fraternelle, ni vertu vraiment solide. Si je pouvais ranimer une espérance, relever un courage, raffermir une conscience ébranlée, consoler, pacifier un cœur souffrant, je croirais que ces humbles pages n’ont pas été entièrement perdues.

LA NATURE DÉ DIEU

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