‹ La religion poèmeChapitre 11 sur 69 · Ü LARE;LIGiaN · texte numérisé non relu

Ü LARE;LIGiaN

Cest le pastew' mourant d^un troupeau dispersém En- contemplant celui tfue ses mains ont perçé ,

Saisi ftèlonnement , un peuple est en alarmes ;

La mort d'un fils unique arrache moins de larmes, David qui voit de loin ce briiy^nt rèjeton ,

Plus sage, plus heureux, plus grand que Salomon, Du sein de V Eternel sortir avant l'aurore ,

Dans l’horreur des tourmens David le voit encore. Du roi de Bahylone admirable captif,

A deux objets divers Dieu te rend attentif.

Elevé sur sçn trône , à son Fils qui s'avance ,

Il donne à haute voix l’empire et la puissance.

Mais tout change à tes yeux ; ce Fils est immolé : Le Christ est mis à mort , le lieu saint désolé :

Le grand-prétre éperdu dans la fangè se roule : Tout périt , l’autel tombe , et le temple s’écroule. C’est ce meme captif qui voit tous à leurs rangs ,

David qui voit de loin , etc. Les prophètes aimoncent en rncnie temps la gloire et l’humiliation dû Messie : ce sont , dit €. Augustin , comme deux. flûtes rendant des sons contraires , quoique toutes deux remplies par le même souffle. Duce ûbiœ quasi diversa sonantes , sed unus spirîtus ambas infiat. •

Du sein de l’Eternel , etc. Ex utero ante luciferum genui te. Ps. 109. " *

Elevé sur son trône, etc. Quasi filius hominis 'venicbat ,

et iisqtte ad antiquum dierum pervenii et dédit ei potesta-

tem et regnum. Dan. 7. ''

C’est ce même captif, etc. Occidetur Christus... et civitatem et sanctuarium dissipabit populus cum duce 'venturo , et

finis ejus vastitas eteri^in templo abominaiio desolationis .

Dan. 9.' Les prophéties de Daniel sont si claires , que Porphyre les croyait supposées. Qu’on compare à Daniel , dit

Pareils à des écfeirs / passer les conque'rans.

Il voit naître et mourir leurs superbes empires. Babylone , c’est toi qui sous le Perse éxpires : Alexandre punit tes vainqueurs florissans.

Rome punit la Grèce , et venge les Persans.

Elle renversera toute grandeur suprême ,

Et le marteau fatal sera brisé lui-même.

O Rome ! tes débris seront les fondemens D’un empire vainqueur des hommes et des. temps.

Mais ce n’est point assez qu’annonçant ces miracles, .. Des prophètes nombreux répètent leurs oracles.

Tout rempli "du dessein qu’il doit exécuter ,

Dieu par dés coups d’essai semble le méditer :

A nos yeux à toute heure il en montre une image , '

Et dans ses premiers traits crayonne son ouvrage.

Que les plus tendres mains conduisent au bûcher Ce fils obéissant qui s’y laisse Attacher ;

Paisible sacrificé , où le prêtre tranquille Va frapper, sans pùlir, sa victime immobile :

Que l’enfant le plus cher, en esclave vendu ,

Et du sein de l’opprobre à la gloire rendu ,

Aimé», craint, adoré des villes étrangères ,

Soit enfin reconnu par scs perfides frères :

Bour le sang d’un agneau ^ que rempli de respect L’ange exterminateur s’écarte à son aspect ;

A(>badic , Tile-Live , Justin et Polybe , on doutera si ce prophète ne mérite pas aussi bien qu’eux le titre 4'bistorien.

DJun empire vainqueur , etc. la diebus autem regnorum illorum , suscitabit Deus caeli regnum quodin ceteraumnon iHssipabitur..... Dau. 2 ,

7Ti LA RELIGION,.

Que de tant de maisons au glaive condamnées , Gelles que teipl ce sang soient seules épargnées : Qu’en attachant ses yeux sur un signe élevé ,

■ Par un heureux regard le mourant soit sauvé :

* Que le jour de tristesse où le grand-prêtre expire ,

A tant de malheureux que son trépas retire

Des asiles prescrits à leur captivité ,

» Devienne un jour de grâce et de îelicité :

• Que par les criminels proscrit pendant l’orage ;

Le juste en périssant les sauve du naufrage ;

Qu’il revive , et ne soit victime qye trois jours ,

Du monstre qui parut l’engloutir pour toujours :

Tout m’annonce de loin ce que le Ciel projette :

Et sans cesse conduit par un peuple prophète ,

J’arrive pas à pas au terme désiré ,

Où le Dieu tant de fois prédit et fîguré ,

Doit de son règne saint établir la puissance ,

Ce règne dont mes vers vont chanter la naissance.

Et sans cesse conduit , etc. Saint Augustin dit , en parlant des Patriarches, que non-seulement leur bouche était prophétique , mais que toute leur vie l’était aussi. Illorum non tantum lingua , sed et 'vita prophetica fuit. Tertullieu a dit de même ; Ut 'verbis , i^a et rebus prophetarum. ,Ço tant de figures je ne rapporte que quelques-unes des plus éclatantes , comme Isaac , Joseph , l’agneau pascal , le st.Tpent d’airain , les villes de refuge d’où l’on ne pouvait sortir qu’à la mort du grand-prêtre , et enfin Jonas. ^

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