AVIS
graTer ati bas de son crucifix ces vers du poêle latin:
Te spectem suprema mihi chm vetierît hora,
’■ Te teneam morîens , déficiente manu.
Qae ta croix dans mes mains soit à ma dernière heure f Et que, les yeux sur toi , je t'embrasse et je meure.
Reyenons à l’ouvrage dont nous donnons aujourd’hui' une nouvelle édition au public.
Racine a prouvé ù nos beaux esprits que l’on peut employer les charmes de la poésie pour peindre les sujets les plus sérieux; et son livre offre dans chaque chant des traits exceljens et un grand nombre de beaux vers. Nous ne pouvons mieux en terminer l’éloge qu’en rappelant ici le jugement qu’en a porté J. B. Rousseau.
9 Quelque recommandable ' que soit le it Poème de la Religion par l’importance et
• par la grandeur de son sujet , on peut dire « qu’il n’est pas moins admirable par la ma- « nière dont il est traité , soit qu’on y consi-
• dére l’assemblage, le choix et in force des
• preuves ^ soit qu’on y regarde l’économie et « la judicieuse distribution de ces mêmes « preuves qui , se donnant du jour l’une & 9 l’autre par l’art avec lequel l’auteur les n
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ft placées , composent un corps de lumières O et un tout de conviction , auquel il est im- « possible que l’incrédulité la plus aveugle et « la plus opiniâtre puisse résister. C’est ce qui (• doit rendre cet ouvrage aussi immortel que « la Religion qu’il défend.
« Mais quelque solide qu’il soit , cette soli- «< dite même aurait pu lui nuire dans l’esprit « de la plupart des lecteurs , à qui l’utile ne « saurait plaire s’il n’est pas accompagné « d’agrémens , et qui aiment mieux sacrifier <t l’utilité à leur plaisir que leur plaisir à « Putîlité. C’est à quoi l’auteur a bien pourvu « par l’abondante et riche variété des pein- « turcs qu’il a semées dans tout son ouvrage,
« et par la magnificence du style dont il s’est « servi pour les exprimer : en sorte que , si « jamais la poésie a mérité d’être appelée le U langage des dieux, on peut dire que celle-ci «' mérite particulièrement d’être appelée le ' « langage de Dieu, qui semble y parler lui- « même par l’organe de celui qu’il a /îhargé « de sa cause. C’est un témoignage que je dois « à ma propre conscience , et à l'impression « que la lecture de ce Poème a faite sur mou «* cœur et sur mon esprit. »