‹ La religion poèmeChapitre 4 sur 69 · L\ RELIGION · texte numérisé non relu

L\ RELIGION

Et toi dont le courroux veut «engloutir la terre , Mçr terrible, en' ton lit quelle' main te resserre? Pour forcer ta prison tu fais de vainé efforts ,

La rage de tes flots expire sur tes' bords.

Fàis sentir ta vengeance à ceux dont l’avarice Sur ton perfide sein va chercher son supplice ; He'ias ! prê^ Jlpénr, t’adressent-ils leurs vœux? Ils regardent le^ciel , secours des' malheureux.

La nature qui parld , en ce péril extrême ,

Leur fait lever les mains vers l’asile suprême,: Homfnage que toujours rend 'un cœur effrayé Au Dieu que jusqu’alorà il avait oublié.

nos y^ux serai^t^éblouis ; et s’il dispai aissait tout à coup , l’horreur des ténèbres nous alarmerait. S’il était pins eu moins grand ou plus ou moins éloigné , nous serions brûlés où glacés. Qui donc a réglé suivant nos besoins la grandeur , ht distance et la marche de ce globe de feu ?

* El toi dont le courroux , etc. Quelque grande idée que les astres nous donnent de la puissance' de Dieu , nous devons encore dire avec l’auteur du psaunie 92 : Mirabiles elationcs maris, inirahiUs in altis Dominas. Ces flots qui, dans leur colère , menacent si souvent la terre d’un nouveau déluge , viennent se briser à un g'raiu de sable ; et quelque furieuse que soit la mer en approchant de ses bords , elle s’en retire avec respect , et coprl^e ses flots pour adorer cet ordre qu’elle y' trouve écrit : Usque hue venies , et non procédés ampUiis. Job. 38. *•

Hommage 'que toujours , etc. Quand l’homme voit de près la mort , ‘dit, Pline le jeune , c’est alors qu’il se souvient qu’il y a des dieux , et qu’il est homme. Tune deos ,’tunc hominem esse se meminit. Plus d’un esprit fort a changé de fan- » gage dans ce moment , et a fait dire de lui ; . ^

, Ôculis errantihus , alto ’ ' ■

, Qttcesiril cœlo lucem , ingemuitque repertà.* '

‘La voix deTunivers à ce Dieu me rappelle;

La terre le publie. Est-ce mo\ me. dit-elle ;

Est-ce moi qui produis mes riches bmemens ? • -

C’est celui dont la main pçsa.ijnes fondemc^.

Si je sers tes besoins, c’est lui qui me l’ordonne ’

Les présens qu’il me fait , c’est à toi qu’il les donne.

Je me pare des fleurs ;qui tombent de sa main ;

Il ne fait qrie l’ouvrir et on’en remplir le sein..

Pour consoler l’espoir du laboûreur avide ^ ••

C’est lui qui f dans l’Egypte où je suis trop aridp ,

Veut qu’au'momentrprescrit le Nil loin de scs bords

'Répandu sur ma plaine , y porte mes trésors. ■

A de moindres objets tu peux le reconnaître. . / . ^

Contemple seulement l’arbre que je. fais croître.

Mon suc dans la racine à peine répandyi , . ■ ^

Du tronc qui le reçoit à la branche est rendu ; • ,

La feuille le demande , et la branche fidèle ,

Prodigue de son bien , le partage avec elle. *

De l’éclat de ses fiuits justement enchanté , '

Ne méprise' jamais-ces plantes sans beauté ,

Troupe obscure et timide , humble et faible vulgaire :

Si tu sais découvrir leur vertu 'salutaire, ' '

Elles pourront servir à prolonger tes jours,'

Et ne t’afïHgc pas si les leurs sont si courts :

Je me pare des fleurs , etc-. Dans la moindre fleur , la m’oin* . dre feuille, la moindre plume , Dieu , dit S. Augustin^ n’a ^ point négligé le juste rapport des parties entr’elles. Nee at>is pennulam, iiec herhœ floscultim , nec arborîs folhan , sln^ partlum suarum convenientid reliquit. . ' ,

Mon suc dans la racine , etc. Le suc de, la terre circule dans les arbres et dans les plantes , comme le sang dans le corps des animaux. •

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