SCÈNE
ATHAtÏE'; À^Ar" Aliî^EK]'suue‘d!Ath^)e..
* .-> AOAR.
Madame , dans ces pourquoi vous ai^ter?.>
Ici tous les objets vous blessent , vous irritent ;* Abandonnez ce temple' aux^Pi-éères qüi l’hahitent, Fuÿez tout ce tumulte, et dans votre parais t ' A vos sens agités venez rendre’ la paix. ^ .
ATRALIE. .
Non , je ne puis , tu vois mon feronble et ma faiblesse , V a , fais dire à Mathan qu’il vienne , qu’il se* presse. Heureuse, si je puis trouver par son secours '' Cette paix que|e cherche et qui me fuit toujours !
( Elle s*c(ssied. y ■
■ SCÈNE IV
ATHALIE, ABNjER, etc.
ABKER.
Madame , pardo9nez,' si j’ose le de'fendre ;
Le zèle de Joad n’a point dû vous surprendre.
Du Dieu que nous servons tel est l’ordre étemel . n « Lui-même il «bus traça soq temple et ^n autel,
IIO
ATHAUÈ/. '
Aux seulji enfans d’Aaroq commît ses sacrifices , Aux- LtÇvites'raarqua^leur place, et leurs offices , '
Et surtout défendit à leur- postérité Avec tout ^tre dieu'.toute ‘société.
Hé quoi ! vpns de nos rois et la femme <et la' mers , Etes-Vous à -cé point parmi nous étrang"èrîe ? Ignorezi-vous nos lois ? et faut-il qü’aujourd’hui.... Voici votre 'Mathan , je Vous laissé avec lui.
• ' ATHAUE.
Votre présence , Abner, est ici nécessaire. ^ Laissons là de Joad Paudace téméraire , ' "
Et tout'ce vain amas de superstitions Qui ferment vôtre ten^ie aux autres nations.
Un sujet plus pressant» excite nies alarmes.
Je sais que , dès l'enfance élevé dans les aimes , Abner a le cCeur noble et qu'il rend à la fqis'
Ce qu'il doit a son Dieu / ce qu'il doit à ses rois. Demeurez. . ' • ^ ‘
’ SCÈNE N
MATHAN, ATHALIE, ABNER, etc.
, , ' ■ .MATHAN
Grande reine , est-ce ici votre place?
Quel trouble vous a'gkc et quel eflVoi vous glace,? PanAi vos ennemis qa» venez- vous Chercher?
De %e temple profane ose»-vous ajqirocherT Ayez-vous dépoiâllé cetta Innne si vive ?.». ‘
TRAGÉDIE
ÂTHALlk. ' ' .
fl
Préée2-m6î Ftin et Vautre une oreille attentive.
Je ne veui'point ici rappeler lé paçsé , ^
Ni vou«^ rendre raison du Sang que j’ai Versé, • . . Ce que j’ai &it’, Abner, fai cki Iç devoir laïre.
Je ne prends pointpour juge un peuple .téme'rairc, ^ Quoi que son insorence ait osé publier , • • '
Le Ciel meme a pris soin de’ me justifier.
Sur d’e'clatans succès ma puissance établie ^
A fait jusqu’aux ^eùx mers respecter Atlialie. - ‘ ‘ Par moi Jérusalem goûté un -calme profond.
Le Jourdain ne voit plus l’Arabe vagabond , ‘ ^
Ni l’altier Philistin , par d’éternels ravages , ,
Comme au temps de vos rois, désoler ses rivages.
Le Syrien me traite et de reine et de sœur. *
Enfin de ma maison le perfide oppresseur, ' ,
Qui devait jusqu’à moi pousser sa barbarie , '
Jéhu , le fier Jéhuéremble dans Samarie. ^
De toutes parts pressé par-cot puissant voisin Que j’ai su siulever contre cet assassin ,
Il me laisse en ces lieux souveraine maîtresse. «
Je jouissais en paix du fruit de'ma sagesse ; '
Mais un trouble hnportnn vient depuis quelques |oni9 De mes prospérités interrompre le cours. '
Un songe ( me devrais-je inquiÂer-d’un sdnge?) Entretient dans mon coe'nr un chagrin qui le^onge. ■Je l’évite partout, partout fl me poursuit.-
C’était pendant l’horreur d’une profonde xraif.
Ma mère Jézabel devant mors’ést montrée , ' ,
Comme au jour de sa mol^pompensenieut par^e;
i»a ATHALIE,
Ses malheors ^*hvaieQt point al)attu sa fièrtë ;
. Même elle avait encor eet éclat emprunté Dont elle eujt soin de peindre et d^orner son visage , Pour Ue'pareir des ans4’irré^arable outrage. ‘
Tremble m*a-t-élle dit , fille* digne de moi ! ^
Le cruel Dieu djes Juifs l’emporte aussi sur toi.
Je te plains de tomber dans tes mains redoutables , Ma fillb. En achevant ces mots é||bàvantables ,
Son ombre vers mon lit a paru se baisser/
Et moi je lui tendais |es mains pour l’embrasser;
Mais je n’ai plus trouvé qu’un horrible mélangé D’os et de chairs meurtris' et traînés dans la fange ,
Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux- • ' . '
Que des chiens dévoirans te disputaient entre eux.
ABTTER.
Grand Dieu !
« ATHALIE. '
Dans ce désordre à mes yeux se présente Un jeune enfant couvert d’une robe éclatante ,
Tel qp’on voit des Hébreux les Prêtres revêtus ;
Sa vue a ranimé mes esprits abattus.
Mais lorsque , revenailt de mon trouble funeste , J’admirais sa douceur j son air noble et modeste ,
J’ai senti tout à coup un'homicide acier, ' <
Que le traître en nion seiu a plongé tout entier.
De tant d’objets divers le bizarre assemblage . Peut-être du hasard vou^ p^ait un ouvrage; '
TaAÔÉDIE. 1*5
Moî-même y quelque tem|>9 honteuse de ma peur,
Je l’aî prià pour l’effet d’imê sombre vapeur :
Mais de ce sctuvcoir mon âme pû'ssédéô \
A deux fois en donnant reva la théine idée ; ' > •
Deux fois mes tristes yeux se sont vu retracer Çe même enfant toujours tout prêt à me percer*
Lasse enfimdes hqrreurs dont j’étais. poursuivie, v J’allais Pjper Baal de. veiller sur ma vie . ;
Et chercher du repos au pied de ses autels. >
Que ne peut la frayeur sur l’esprit des mottels..^
Dans le temple des Juifs un instinct, m’a pousséf ,
Et d’apaiser leur Dieu j*ai conçu la pensée {
J’ai cru que des. présens calmeraient son coufroux , Que ce Dieu , quel qu’il soit , en deviendrait plus doux. Pontife de Baâl , excusez.ma faiblesse. . •
J’entre. Le peuple fuit, le sacrifice. cesse.
Le Grand-Prêtre vers moi s’avance avec fureur. , Pendant qu’il me parlait, ô Surprise !, ôterreiïrf ' J’ai vu ce même enfan,t dont je suis menacée ,
Tel qu’un songe effrayant l’a peint à ma pensée. ,>
Je l’ai vu, son même air, son même habit de lin, Sa démarche , ses yeux et tous ses traits enfin.
C’est lui-même. Il marchait à côté du Grand-Prêtre; Mais bientôt à ma vue on l’a fait disparaître.
Voilà quel trouble ici m’oblige à m’arrêter Et sur quoi j’al voulu tous deux vous consulter. '
Que présage, Mathan, ce prodige ihcroyable?
MATHAN. ,
’ Ce songe et ce rapport , tout me semble effroyd^le.
. ÀTHAUÉ,. *
ATHALIE.'
Mais cet enfaot fatal , ^ner > ' Ypus ravea vu:
Quçl est-il ?45e quel sang et de quelle tribu? -
• . ’ abneh. • . '
Deux enfans à l’autel^rètaient'leûr ministero»
i.i*uii est fils de Jpad, Josabetii est sa toèïe.
L’aatirc m’estiocMmu. '
■ , MATIIAW.
T Pourquoi délibérer?
De tous les deux’, Madame , il se faut assiurer. - ’
V oiis savez pour Joad mes égards » mes mesures ;
Que je ne cherche pdmt à venger mes fnjures ,
Que la seule équité'yègne en tous ides avis.
Mais lui-méme , après toid^ fât-ce son proj»< fils, Voudrait«ll un mordent laisser viVre un coupable ?
ABNER
De qpél crixne un enfant peut-il être feapable?
‘ MATIIAN. " ,
Le Ciel nous le fait voir un poignard à la main.
' Le Ciel est juste et sage et ne fait rien en vain.
Que cherchez-yous de plus ? . *• . . '
ABNER
. ' * Mais , sur la foi d’un songe , Dans le sang ‘d’un enfant voulez-vous qü’on se plonge? ’ Vous ne savez encor de. quel père il est né,
' Quel il est. ^
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TRAGÉDIE
MATHAN
On le craint ) tout est exanmë. A d'illostres'parens s'il doit son origine,
La splendeur' dé son' sort doit hâter sa ruine.
Dans le vulgaire obscur si le sort l’a placé , Qu'importe qu'au hasard un sang vil soit Ÿérsé? Est-ce aux rois à garder cette lédte justice?
Leur sûreté souvent dépend d'un prompt. siipplîcè^ N'allons point les gêp>er d'un som èmharrassant ^ Dès qu’on leur est suspect , on n’est.plus innocent.
A6lt£R.‘ . . ‘
Hé quoi ! Mathan, d'un'prêtre est-ce là le langage? ' Moi, nourri dans la guerre, attx horreurs du carnage. Des vengeances des rois ministre rigoitreus;, ■
C'est moi qui prête ici ma voix au malheureux.
Et vous , qui lui, devez des entraüle.4 de père , ‘
Vous , mîhlstré de paix dans les temps ifc épl^e , Couvrant d’un z^e faux votre ressentiment, .
Le sang^ àrotre gré, coule trcq> lentement!
Vous m’avez commandé de vous parler sans feinte , Madame. Quel est donc ce grand sujet de crainte?
Un songe , un faible enfant , que votre oeil prévenu
Peut-être sans raison croit avoir reconnu?
ATHALIE
Je le veux ctbire , Abner, je puis m*élre trompée; Peut-être un songe vain m'a trop préoccupée.
Hé bien ! il faut revoir ce^ enfant de plus près t .
ii6 ATHÀLÏE,
Il en f«ut â. loisir exsuniner les traits. ^
Qu’on 1er fasse fous deux paraître en ma frësenoe.
Je crains»,.
ABnEiR*-
atha£ie.
Manquèrait>on pour moi de complaisance De ce refus bizarre où seraient les raisons?
n pouirait rae jeter end’ëtrangês soupçons.
Que- Josabeth , vous, dis-fe^, ou Joad les aménè.
Je puis , quand fe voudrai , parler en souveraine. Vos Prêtres, 'je veux bien, Abner, vous l’avouer, Des bontés d’Athalie ont lieu de se louer.
Je sais sur ma conduite .et qoptre ma pnissimce Jusqu’où de leurs discoùrs ils portent la licence :
Us vivent cependant et leur temple est d.eboüt y ,
' Mais je sens que bientôt ma douceur est à bout. Que Joad mette un frein à sôn zèle sauvage Et nç m’irrite point par un second outrage.
Allez. . • ■ .
, 'scène VI.
-ATHAI/IE, MATHAN-, etc.
MATHAN
Enfin je puis parler en liberté.
Je puis dans tout son-jous mettre* la vérité. ^ Quelque monstrer naiss^t dans ce temple s’élève ; Kêine,., n’attendez pas que le nuage crève. -
TRA(^DIE. . »»7
Abaer chez le.Grand-Prébe a devancé le jonrt Fouine sang de ses rois vons savez son amour*
Et qui sait si Joad ne veut point en leur placé Substituer l’enfant dont le Ciel vous mèifacn ? , ^
Soit son fils, soU: qûelqu’atitre... , , '
' 4lilALIE. '
Ouï, vous^ m’ouvrez les yeux.,’ f Je commence à voir clair dans cet avis des Gieux ; Mais je veux de mon doute être débarras^'e.
On eniant est peu propre à trahir sa pensée.
Souvent d’un grand dessein \m mot nous fait juger. Laissez-moi, cher Mathan, le voir , l’interroger: Vous , cependant, allez, ét sa^ jeteç d’alarmes ,
A tous mes Tjrriens fiâtes prendre les àrmes^