‹ La religion poèmeChapitre 53 sur 69 · NABAL · texte numérisé non relu

NABAL

Hé bien ! poqr un enfant qu’ils tiè connaissent pas , Que le hasard peut-être a jeté dans leurs -brâs , Voudront-ils que leur temple enseveli sous l’herbe?. . ,

' MATHAN

Ah ! de tous. les mortels connais le plus superbe. Plutôt qaë étana mes mains par Joad soit livré Un enfant qu’à son Dieu Jond a consacré ,

• TRAGÉDIE. i55 , V

Tu lui verras la mort la plus terrilde. ,

D’ailleurs' pour cet enfant Içur attache est visible.

Si j'ai biep de la reine .entendu le rëcit , ' » '

Joad sur sa naissance .en s^ait plus <pi’il ne dit. • ' Quel qu’il soit , je prévois qu’il leur sera fwesle.

Ils le refuseroi^t. Je jprehds sur moi le reste i *

Et j’e^ère qu’cnfin de ce temple^ odieux

Et la flamme et le fer vont délivrer m'es yeux. ' »-

wapai..

Qui peut vous inspirer ime |iaine. si forte?

Est-cé que de Baal le zèle vous transporte ?

Pour moi , Vous le sayez , descendu d’fsmâel ^

Je ne sers ni Baal , ni le Dieq d’Israël. •.

MA<riIAlV. i '

Ami f peux-tu penser que d’un zèle frivole .

Je me laisse aveugler pour une vaine idole ,

Pour, un fragile bojs que , malgré mon secours ,

Les vers sur son autel consmnent tous les jours ?

Né ministre du Dieu qu’en çe temple pn adore, Peut-être que MatUan le servirait encenre , . /

Si l’amour des grandeurs , la soif de commander ,

Avec son joug étroit pouvait s’accommoder. '

Qu’ est- il besoin., Nabal , gu’é^tes yeux je rappelle De Joad et de moi la fameuse querelle*,

Quand j’osai contre lui disputeur.l’ encensoir; ^

Mes brigues, mes combats , mesptleurs, mon désespoir? Vaincu par lui j’entrai dans une autre carrière ,

Et mon âme à la cour s’attacha tout entière.

J’approchai par degrés de l’oréille des rois.

. iZS ATHAÙE, , "

^ Et bientôt éh oràcle on érigea ma voix»-, J'étndiai.lear cœur, }« ^attai' Leurs capricçs;

. Je leur semai de fleurs le bord Aes précipices^

Près de jkurs . passions rien ne m» fut sacré, '

.De mesure et de poids je changeais à leur gré. Autant que de Jôad. Tinflexible ^idesse De leur superbe oreille offensait la mollesse ^

, , Autant je les chahnais par ma dextérité ,

Dérobant à leurs yeux la triste vérité ;

* Prêtant à leurs fureurs des couleurs iavorables .

Et prodigue surtout du sang des misérables.

' ËnBn au Dieu nouveau qü’efle avait intrqduitj Par les mains d’Athalie un temple fut^egnstruit. Jérusalem pleura de se voir profanée.

Des enfans de Lévi la troupe consternée En«poussa vers le ciel des, hurlemeps affreux.

.Moi seul , donnant Texem^e aux timides Hébreux ^

V Déserteur de leur loi , j'approuvai l'entreprise ,

Et par-là de Baal méritai la prêtrise.

Par-là je me rendis terrible à mon rival ,

< Je ceignis la tiare et marchai son égal.

- Toutefois , je l’avoue , en ce comble de gloire ,

Du Dieu que j’ai quitté l’importune mémoire Jette encore en mon àme un rçste de teireur |

Et c’est ce qui redouble et nôuirit ma fureur. Heureux si , sur, sou temple achevant ma vengeance , . Je puis convaincre enfin sa haine d’impuissance ,

. Et parmi les déhris , le ravage et les morts ,

A force 'd’attentats perdre tous mes remords.

Mais voici Josabétb.

TRAGÉDIE

SCÉÎŒ. IV.

, JOSABBTK , MATHAN » NABÀL. ,

MATHAN

Envoyé par la reine

Pour rétabKr lé calme et dissiper la haine i Princesse en qui le Ciel mit un esprit si doux /

Ne vous étonnez pas si 'je m’adresse à vous. ^ ‘ - Un bruit, q^ j’ai pourtant soupçôùné de ménsjongè, Appuyant les avis qu’elle a reçus en songe ,

Sur Joad^iccusé de dangereux, complots

Allait de sa colère attirer tous les flots. .>

Je ne vei« point icj vpus vanter,mes services.

De Joad contre nn>i jje sais les injustices.; •

Mais il faut d l’oifegse opposer les bienfaits. . ' . Enfin je viens chargé dç pfirole^ de paix...

Vivez , soleniAke'zyos fptes àans ombrage.

De votre obéissance elle ne veut qu’un gage. ^ C’est ( pour l’en détourner j’ai fait ce que j’ai pu) Cet enfant sans piurens , qu’elle, dit qu’elle a vu.

Eliacin !

JOSABETH

MATHAN.-

J'en ai pour elle quelque honte. .

D’un vain songe peut-être elle fait trop de compte. Mais vous vous déclarez ses mortels ennemis ,

3i cet enfant sur l’heure en mes mains n’est remis, 1^ reine impatiente attend votre réponse.

ise.,

. . JOSjVfiBTH. . :

Et voilà de sa partla pai^ qufon.Qoas annoncé ^

MATHAN

' Pourriez-vcftM un moment douter -dé l’àccepter! D’un peu de complaisance esfr^e trop l’acbeter ?

• J^ABETQ.

^admirais si lilaUian , de'poudlant l’artÜîcey Avait pu de A>n cœur surmonter l^injustice >

Et si de tant de maux le funeste inventeur De quelque ombre de .bien pouvait être l’auteur/

;; . V. . , MATHAN. ‘ . '

De quoi vous plaigne*-vbus? Vient-bn avec #irië Arracher de vos bras Votre fils ZJacharie-?

Quel est cet autre entant si cher à Vôtre amoiir? .Ce grand attachement me surprend à mon tour. Est-ée un trésor-pour vous si prc'ôfetix , si rare? Est-ce un libérateur que le Ciel vous pr^are ? Songez-y, Vos refus pourraienrme confinner Dn bruit sourd qué déjà l’on commence à semer.

^JÔSABETII.

Qucl'bhiit?

MATHAN

Que cet enfant vient d’illustre origine.,

Qu’à quelque grand projet votre époux le destine.

josabetiK ' .

Et Mathan par ce bruit qui. flatte sa fureur. .’ .

•r ‘ . AIATIIAW.,

Princesse , c’est à vous à me tirer d’erreur. .

. TRAGÉDrE. ' .i5o

Je sais qne du n^Qsôn^e'implacable ennemie Josabeth HVrerait même sa propre vie , ' • ' '

S'il fallait que sa vie à jS since'rité

Coûtât le inolûdre mot contre la’ vérité* . '

Du sort de cet enfant on n’n'dçnc ûulle trace? / Dne profonde nuit enveloppe sa rafce ?, • . , v'

Et vous^mimé i^orez de quek pareils issu, • • .

De quelles ma^s Joad en ses bras l’a reçu? J . * ‘ Parlez , jç vcas écoute ■«et suis prêt à vous croire : J - Au Dieu que vous servez , princesse , reifdçz gkfire.

30SABËTH. *’ ■ • ’

Me'èhant, c’est bien à vous d’cner ainsi nommer Çn Dieu que votre bouche ense:^& à 'blasphémer.

Sa vérité par vous peut-elle être* attestée ,

Vous , malbeureuA , assis dans la chaire empestée , ^

Où le mensonge règne et répand son poifon , ^

Vous , nourri dans la fourbe et dans la tràhisota ?

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