NABAL
Hé bien ! poqr un enfant qu’ils tiè connaissent pas , Que le hasard peut-être a jeté dans leurs -brâs , Voudront-ils que leur temple enseveli sous l’herbe?. . ,
' MATHAN
Ah ! de tous. les mortels connais le plus superbe. Plutôt qaë étana mes mains par Joad soit livré Un enfant qu’à son Dieu Jond a consacré ,
• TRAGÉDIE. i55 , V
Tu lui verras la mort la plus terrilde. ,
D’ailleurs' pour cet enfant Içur attache est visible.
Si j'ai biep de la reine .entendu le rëcit , ' » '
Joad sur sa naissance .en s^ait plus <pi’il ne dit. • ' Quel qu’il soit , je prévois qu’il leur sera fwesle.
Ils le refuseroi^t. Je jprehds sur moi le reste i *
Et j’e^ère qu’cnfin de ce temple^ odieux
Et la flamme et le fer vont délivrer m'es yeux. ' »-
wapai..
Qui peut vous inspirer ime |iaine. si forte?
Est-cé que de Baal le zèle vous transporte ?
Pour moi , Vous le sayez , descendu d’fsmâel ^
Je ne sers ni Baal , ni le Dieq d’Israël. •.
MA<riIAlV. i '
Ami f peux-tu penser que d’un zèle frivole .
Je me laisse aveugler pour une vaine idole ,
Pour, un fragile bojs que , malgré mon secours ,
Les vers sur son autel consmnent tous les jours ?
Né ministre du Dieu qu’en çe temple pn adore, Peut-être que MatUan le servirait encenre , . /
Si l’amour des grandeurs , la soif de commander ,
Avec son joug étroit pouvait s’accommoder. '
Qu’ est- il besoin., Nabal , gu’é^tes yeux je rappelle De Joad et de moi la fameuse querelle*,
Quand j’osai contre lui disputeur.l’ encensoir; ^
Mes brigues, mes combats , mesptleurs, mon désespoir? Vaincu par lui j’entrai dans une autre carrière ,
Et mon âme à la cour s’attacha tout entière.
J’approchai par degrés de l’oréille des rois.
. iZS ATHAÙE, , "
^ Et bientôt éh oràcle on érigea ma voix»-, J'étndiai.lear cœur, }« ^attai' Leurs capricçs;
. Je leur semai de fleurs le bord Aes précipices^
Près de jkurs . passions rien ne m» fut sacré, '
.De mesure et de poids je changeais à leur gré. Autant que de Jôad. Tinflexible ^idesse De leur superbe oreille offensait la mollesse ^
, , Autant je les chahnais par ma dextérité ,
Dérobant à leurs yeux la triste vérité ;
* Prêtant à leurs fureurs des couleurs iavorables .
Et prodigue surtout du sang des misérables.
' ËnBn au Dieu nouveau qü’efle avait intrqduitj Par les mains d’Athalie un temple fut^egnstruit. Jérusalem pleura de se voir profanée.
Des enfans de Lévi la troupe consternée En«poussa vers le ciel des, hurlemeps affreux.
.Moi seul , donnant Texem^e aux timides Hébreux ^
V Déserteur de leur loi , j'approuvai l'entreprise ,
Et par-là de Baal méritai la prêtrise.
Par-là je me rendis terrible à mon rival ,
< Je ceignis la tiare et marchai son égal.
- Toutefois , je l’avoue , en ce comble de gloire ,
Du Dieu que j’ai quitté l’importune mémoire Jette encore en mon àme un rçste de teireur |
Et c’est ce qui redouble et nôuirit ma fureur. Heureux si , sur, sou temple achevant ma vengeance , . Je puis convaincre enfin sa haine d’impuissance ,
. Et parmi les déhris , le ravage et les morts ,
A force 'd’attentats perdre tous mes remords.
Mais voici Josabétb.
TRAGÉDIE
SCÉÎŒ. IV.
, JOSABBTK , MATHAN » NABÀL. ,
MATHAN
Envoyé par la reine
Pour rétabKr lé calme et dissiper la haine i Princesse en qui le Ciel mit un esprit si doux /
Ne vous étonnez pas si 'je m’adresse à vous. ^ ‘ - Un bruit, q^ j’ai pourtant soupçôùné de ménsjongè, Appuyant les avis qu’elle a reçus en songe ,
Sur Joad^iccusé de dangereux, complots
Allait de sa colère attirer tous les flots. .>
Je ne vei« point icj vpus vanter,mes services.
De Joad contre nn>i jje sais les injustices.; •
Mais il faut d l’oifegse opposer les bienfaits. . ' . Enfin je viens chargé dç pfirole^ de paix...
Vivez , soleniAke'zyos fptes àans ombrage.
De votre obéissance elle ne veut qu’un gage. ^ C’est ( pour l’en détourner j’ai fait ce que j’ai pu) Cet enfant sans piurens , qu’elle, dit qu’elle a vu.
Eliacin !
JOSABETH
MATHAN.-
J'en ai pour elle quelque honte. .
D’un vain songe peut-être elle fait trop de compte. Mais vous vous déclarez ses mortels ennemis ,
3i cet enfant sur l’heure en mes mains n’est remis, 1^ reine impatiente attend votre réponse.
ise.,
. . JOSjVfiBTH. . :
Et voilà de sa partla pai^ qufon.Qoas annoncé ^
MATHAN
' Pourriez-vcftM un moment douter -dé l’àccepter! D’un peu de complaisance esfr^e trop l’acbeter ?
• J^ABETQ.
^admirais si lilaUian , de'poudlant l’artÜîcey Avait pu de A>n cœur surmonter l^injustice >
Et si de tant de maux le funeste inventeur De quelque ombre de .bien pouvait être l’auteur/
;; . V. . , MATHAN. ‘ . '
De quoi vous plaigne*-vbus? Vient-bn avec #irië Arracher de vos bras Votre fils ZJacharie-?
Quel est cet autre entant si cher à Vôtre amoiir? .Ce grand attachement me surprend à mon tour. Est-ée un trésor-pour vous si prc'ôfetix , si rare? Est-ce un libérateur que le Ciel vous pr^are ? Songez-y, Vos refus pourraienrme confinner Dn bruit sourd qué déjà l’on commence à semer.
^JÔSABETII.
Qucl'bhiit?
MATHAN
Que cet enfant vient d’illustre origine.,
Qu’à quelque grand projet votre époux le destine.
josabetiK ' .
Et Mathan par ce bruit qui. flatte sa fureur. .’ .
•r ‘ . AIATIIAW.,
Princesse , c’est à vous à me tirer d’erreur. .
. TRAGÉDrE. ' .i5o
Je sais qne du n^Qsôn^e'implacable ennemie Josabeth HVrerait même sa propre vie , ' • ' '
S'il fallait que sa vie à jS since'rité
Coûtât le inolûdre mot contre la’ vérité* . '
Du sort de cet enfant on n’n'dçnc ûulle trace? / Dne profonde nuit enveloppe sa rafce ?, • . , v'
Et vous^mimé i^orez de quek pareils issu, • • .
De quelles ma^s Joad en ses bras l’a reçu? J . * ‘ Parlez , jç vcas écoute ■«et suis prêt à vous croire : J - Au Dieu que vous servez , princesse , reifdçz gkfire.
30SABËTH. *’ ■ • ’
Me'èhant, c’est bien à vous d’cner ainsi nommer Çn Dieu que votre bouche ense:^& à 'blasphémer.
Sa vérité par vous peut-elle être* attestée ,
Vous , malbeureuA , assis dans la chaire empestée , ^
Où le mensonge règne et répand son poifon , ^
Vous , nourri dans la fourbe et dans la tràhisota ?