CHANT
A mon père à mon fils , à ma femme ^ à moi-méme. A toute heure je lis dans ce code suprême .
La loi qui me défend le vol , la tr^ison ;
Cette loi qui précède et Lycurgue et Solon. , ^
Avant même que Kome eut gra'vé douze tables , Métius et Tarquin n’étaient pas moins eoupables.
Je veux perdre un rival ; qui me retient le bras ?
Je le veux , je le puis , 'et je n’achève pas.
Je crains plus de mon cœur le sanglant témoignage , Que la sévérité de tout l’aréopage, l^a vertu qui n’admet que de sages plaisirs Semble d’un ton trop dur gourraander nos désirs . ; Blais quoique pour la suivre il coûte quelques larmes, Tout austère qu’elle est, nous 'admirons ses charmes. Jaloux de aes appas .dont il est le témoin ,*
Le vice, son rival, la' respecte de loin. - Sous ses nobles couleurs souvent il se déguise ,
Pour consoler du moins l’âme qu’il u surprise.
solvi hdc lege posstanus.... Neque si nulla 9rat Romœ scrlpta lexde stupris, idùirco noncontra illam Içgem sempiternam .Tanptinius vim Lucreùæ attulit. Erat enîmmtifi profecia a Vf mm natuva, et ad rect& faciendum impellens , et àdclislo avQcans , qu'œ non tîundeniquèincipit lex esse, cîim scripta est, sedtîim chm ortaest; orta est autemeum mente divind.
Métius et Tavquin-, etc. Le perfide Métius et le cruel Tarquin n’étâieut üansgresseurs d’aucune. loi écrite , puisque Rome u’en avait point encore. Ils étaient condamnés pai” cette loi éternelle et irrévocable qui précède toute loi humaine.
Le vice, son rival, etc. Séneque fait une réflexion trés-j usle, quand il dit qu’il n’y.a point de criminel qui n’aimât mieux jouir des fruits du crime sans être criminel : Neminem repencs qui non nequitice proimiis sinè nequilid frui maliî. Deben.,1. 4 •
îi4 . . LA feÈLIGlÔN,
<Adprable vertu , que divins attraits ; '
Dans un coeur qui te perd laissent de Tongs regrets f ,•
. De celui qui te hait ^ vie est un supplice^ •. .
• Parais ; que le méchant te regarde et frémisse.
La richesse , il est vrai , la fôrtuue te fuit , ‘ '
« Mais la^paix. t’opcompagne et la' gloire fc suit ;
Et perdant tout pour toi , l’heureur naortef qui t’aime , ^ Sans biens sans dignités , se suffit à lui-même. '
Mais lorsque nous voulons sans toi nous .contenter, Importune vertu , pourquoi nous tourmenter ?
Pourquoi par des remords nous rendre misérables? i iQui f a donné ce droit de punir les coupables ?
'' Laisse-nous en repos ,* cesse de nous charmer, > •!
Ët qu’il nous soit permis de ne te point aimer. ' •
Non , tu seras toujours , par ta àeulê présence ,
Ou notre désespoir , * ou notre récompense.
Qui te pourra, grand Di^ , nhicpnqaitre à ces traits?
Tu nous parles sans cesse , et les hommes distraits N’écoutent poi^t la voix qui frappe leurs oreilles. ^
Tu fais briller partout tes .dons et tes inervêilles ; ' Mais sur la terre , hélas ! admirant tes bienfaits , "Nosjregards jusqu’à toi ne remontent jamais. '
JVos regards jeuqu à toi^ etc. Que l’homme ouvre les yeux sur le spectacle de la nature , ou qu’il rentre en lui-même ; de quelque côté qù’il tourne ses regards, Dieu vient se •présenter à lui. Cependant les philosophes , ou n’ont rien vu que.de matériel, oji , unissant l’intelligence à la matière,' •ntconfoudirOieu', la nature, i’àmedu monde, etc., ou ont trouvé tout incertain. Les sens ne nous conduisent qu’aux choses matérielles la raison plongée dans les sens uê nous conduit aux chosœ spuituelles qu’avec incerti-
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Quelque • maître nouveau sans cesse nous entraîne ,
Et ü’objels en qbjets notre âme se promène ,
Tandis que de toi seul nous restofas aéparesi Quel crime , quelle értèur noqs a donc ègare's ?
Nos malheurs , moa Dieu ! seraient-ils sans ressource ? V '*> -
'Sondons' leur profondeur ■, remontons à leur source. Que l’h^omme maintenant se présente à mes yeux Quand' je l’aurai connu je te connaîtrai mieux.
tude. Elle ne peut donc pas , comme les déistes le veulent ,
, être notre seule règle, et nos àihes’Ç clausœ tembris et.cart^rc cceco , ont besoin d’une autre lumière. '
Quand je V aurai connu , etc. Si la connaissance anatomique de notre corps nous conduit à Dieu , coinme je l’ai fait voir , combien y serons-nous 'mieux conduits par la connaissance de notre misère' et de notre grandeur ! L'élude .propre de, l’/tonune çst l’homme , dit Pope. C’est une étude cependant bien négligée ; ce qui a Tait dire à M. Pascal ; /.t>4 sciences abstraites n étant pas propres aux hommes , je ' leur ai pardonné de ne s’ypàintçippUquer; mais j’wais cru trouver au moins bien des conipagnods dans l’étude de l’hom- • * me, puisque c’est elle qui lui est propre, j’ai' été trompé , il yen a ertfore moins qui l’étudient que la. géométrie. ■ : •'
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. , ‘CHA;NT SEGOfi}».
De tes lois (lès Peafance heureusement instruit , « . Et par la. foi, Seigneur, à la raison coùduit Permets que dans mqp vers , sous un^ feinte image. J’ose pour un moment imiter le langage. î
D’ùn mortel (jui vers^toi., de troubles agité , y''
S’avance, et pas à j^as chefchela vérité, ^ ^
Quand je reçus la vie au milieu des alarmes ^ Et qu’aux cris maternels répoi^laut par meè larmes , J’entrai dans l'univers escorté de dbuleurs ,
' J’y 'vins po«r^ marcher de malheurs en malheurs. Je dois mes premiers jours à la feiiime étrangère Qui me vendit son lait .et son 'cœur mercenaire. * Kéchauffé dans ton seiq , dans ses bras caressé ,
Et long-temps insensible à* son zèle empressé.
De mon retbqr enfin un aouris fut le gage. ' . «
De ma faible raison je fis l’apprenâssage :
FVappé {lu son des mots , attentif aux objets ,
Je répétai les noms , je distinguai les traits.
Je connus , je upmm'ai , je caressai mon père ; J’écoutai tristement les, avis de ma mère.
Un châtiment soudain réveilla ma langueur.
‘ Des maîtres ennuyeux je craignis la rigueur : Des,.siècles reculés l’on me contait l’histoire ;
^ L’aotr^^luà importun gravait d«iis ma mémoire
... - .ÇHANT il;- . : ^7 '
-f D*un langage nouveau tous les barbares noms.' *
Le temps forma mon^gput ; pôùr Jruit de ces* leçons j, I>*Eschine j’admifal l'éloquente colère , * '
• Je sentis, la douceur des mensdtiges d’ïïcJmere » •
De la triste Didon iJartagéarüt lès malheurs '
Son bûcbér fut souvent arroi^ de mès pleùrs ; - •
, Je méprisai l’ei^fance et ses jeux insipides ; SI Mais*ces ateusemens étaient-ils plus aolidcs?
D’arides vérités quelquefois trop épris , , *
J’espérais de Newton pénétrer les écrits. V *
Tantôt je poursuivais^ stérile problème ; ' . ^
t)é Descartes tantôt renversant le système ,
^ D’autres mondes en. l’air s’élevaient À mes frais.
Anriide était moins prompte a bâtir un palais » * '
Et d’nn souffle détruits ,• ^lgré*leur ïenoinniée , '
Tous les vieux tourbillons s’exhalaient en fumée, ' .
.4 Par mon anatoniie un rayon divisé ,
En sept rayons égaux était subtilisé ; ^
EWonlant remonter à la couleur première '
J’osais à mon calcul soumettre la lumière. ■
Dans ces rêves flatteurs, que ).’ai.perdy de jours,
Cherchant à tout savoir, et m’ignorant loujoui:s.!
.Je n’avais point éhcor réfléchi sur moi -même r Me reprochant enfin ma négligence extfêmn ,
Je voulus me connaître '$ un espoir orgueilleux Inspirait à mon cœur ce projet périlleux.
Que de fois ô fatale et triste connaissance , ■
Tu .m’as fait regretter ma première ignorance !
D'Eschine j’admirai, e^c. Farae^waï deDémdstbéne, doiit l’oràison sur la couronne est^i belle.
ïiR. . LA RELIGION , .
.Je me ïigurc ,• hél^s î lo terrible re'veîï . . '
D’un homme qui , sortant des bra& d’un long sommeil , Se trouve transporté dans une île iqconnue ,
Qui n‘’6fTre que déserts et rochers à sa Vue":
Tremblant il se’ soulève et d’un œil çgaré Parcourt tous les objets dont il est entouré.
Il retombe aussitôt ; il se rèlève encqre ,
Mais il n’ose avancer dans de§ Heûx qu’il ignore. ^Telle fut ma* terreur., -sitôt qu’ouvrant les yeux*,
Et rompant un sommeil peut-être officieux ^
Je me regardai seul / sans appqi, sans défense ■
Egaré dans un coin de cet espace immense ; ••
' Ver .impur de la terre , et 'roi de l’univers ,
Riche , et vide de biqps , libre , et qhargé de fers.'"
Je ne suis qné mensonge, erreur , incertitude , Et'de la vérité je fais ma seule étude. . . .
.Tantôt le monde entier m’anupnce 'à hautç voix Le maître que je cherche , et déjà je le, vois :
Tantôt le monde entier , dans un profond silence , ■ nies regards écrans n’est plus qu’un vifle immense.
• O nature ! pourquoi viens-tu troubler ma paix ?
Ou parle clairement ,-ou ne parle jamais.
Cessons d’interroger qui ne veut point répondre. ' ’
Si notre ambition né sert qu’à nous confondre. , ** Bornons-nous à la' terré , elle est faîte pouf nous.
Mais non , tous ses plaisirs n’entraînent que dégoûts ;
Auçun d’eux n’assouvik la soif qui' me dévore ;
Je désire , j’q^tiens ,* et je désire encore.
. Je désire , j’obtiens , etc. f apporte en naissant , dit M. Bossuet, lut. à la philosophie, cet anïour du ionheur. La raU