‹ La religion primitive des Indo-EuropéensChapitre 10 sur 50 · XXX, 1 8; XXXI · texte numérisé non relu

XXX, 1 8; XXXI

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dieux, bans le premier cas, ce nom est employé au singulier ; dans le second, il est mis au pluriel. Mithra est le chef des Mithras, Vasou^ celui des Vasous^ les Richis Vasichtha et Viçvamitra sont les pères ou les représentants des Vasichthas et des Viçvamitras, Nous voyons de même dans TAvesta le nom du dieu suprême, quelque bien définie et déterminée que soit son attribution, ne l'être pas encore assez, pour que ce même nom ne soit pas quelquefois employé à désigner, non plus un dieu spécial, mais bien l'ensemble des génies supérieurs. « Les Ahouras'-Mazdas^ disent les Gâthâs (c'est-à-dire les » génies célestes), sont les plus zélés et les vrais promoteurs de » de cette vie, » et ailleurs, « ceux que les Mazdas ne peuvent » faire jouir ici-bas de la plénitude de l'existence terrestre, sen ront placés par eux (en compensation) dans la demeure du » Bon, Saint-Esprit (1). »

Une notion bien remarquable et commune aux deux cultes est celle qui représente les dieux comme exaltés, fortifiés ou même créés par les sacrifices, les hymnes sacrés, les actions de grâce des mortels : « L'hymne exalte et pousse à la vic- » toire Indra, le roi du monde, » disent les Védas (2). « La » divine libation mêlée au lait de vache a été répandue, en » elle est né Indra (3). »

Agni est l'enfant des ondes sacrées, des libations; les hymnes lui donnent une force immense (4). Brahspati ou Brahmanaspati est, dans les hymnes védiques, la personnification même de cette conception ; c'est l'aide que reçoit Indra des invocations des mortels dans sa lutte contre le mal.

Dans les Gâthâs, Ahoura-Mazda déclare à son prophète, du sein des flammes, que, pour défendre les biens de ses serviteurs contre les attaques des ennemis, la dévotion et la piété (personnifiées dans Armaiti) lui sont indispensables, c'est-à-

(1) Gdthas XXX, 9; xxxii, 15.

(2) III, p. 74,

(4) II, 103, I a

dire, que, dans sa lutte contre le mal, le dieu suprême ne peut triompher qu'avec l'assistance de la foi et des prières des fidèles (1),

La même idée se trauve nettement exprimée et développée dans le mythe de Tachtri ou Tàschter. Cet astre bienfaisant livre sans cesse des combats aux Dévas méchants qui retiennent la pluie, et sa victoire ne peut être assurée que par les vœux, les sacrifices et les prières des mortels. De même, dans les Védas, Indra et Agni s'enivrent de Soma, et c'est grâce à la force qu'ils puisent dans cette sainte ivresse, que ces dieux peuvent combattre et vaincre Vrita, ravisseur de la pluie (2).

Indra s'accroît, s'augmente, se fortifie par le sacrifice ; de même, Ahoura-Mazda dit à ses sectateurs : « Je suis nommé n celui qui eroît^ c'est-à-dire que je crois abondamment pour » les hommes vertueux (3). »

Les grands Dévas du védisme, les Viswadévas sont souvent considérés par les poètes sacrés, non-seulement comme créés par le dieu supérieur, mais encore comme contenus, renfermés dans ce dieu, dont ils semblent n'être qu'une sorte d'émanation : « Vous aussi, sages Viswadévas, vous avez un grand et » beau nom ; car vous êtes dans Indra (4). » Nous avons déjà cité ci-dessus divers passages des Védas, qui représentent les Dévas non comme des 'dieux réels et distincts, mais comme des manifestations, des attributs, des formes d'Indra ou d'Agni, De même, dans la doctrine mazdéenne, Ahoura est envisagé comme « le premier principe qui a enfanté tous les génies, » toutes les intelligences célestes ; la terre et l'âme de la terre » reposaient en lui ; en lui repose^ réside V esprit ^ la première » de toutes les choses créées ; en lui se trouvent également les » deux forces les plus puissantes du monde spirituel et du » monde matériel, Haurvatat eiAmeretaty la prospérité et

. (l) Haug, Die Gdihds, Comment., ch. xxxii, § 1 et 2.

(3) Zend-Ayesta, II, p. 147.

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» rimmortalité, seules forces en vertu desquelles l'esprit, l'in* » lelligence, peut progresser chaque jour de plus en plus vers » la vérité, et qui agissent en même temps sans relâche sur le » monde physique, soutiennent la force vitale de la nature en- )) tière et agissent en particulier sur la végétation (1). »

Ameretat devint plus tard le génie qui préside aux arbres et aux plantesjà la végélation en général.

Les manifestations, les révélations de la divinité ont lieu dans les deux cultes de la même manière, s'opèrent dans des circonstances identiques : lorsque s'embrase le bûcher sacré et se consomment la libation et les sacrifices, alors Indra, suivi des autres divinités, vient s'asseoir sur le gazon au milieu de ses adorateurs; alors Agni, Soma prennent un corps, apparaissent aux fidèles et font entendre leur voix du milieu des flammes révélatrices.

De même, selon les chants des Gâthâs, « les paroles véridi- » ques d'Ahoura sont révélées par le feu pur et brillant qui ré- » suite du frottement du bois (2). » Les antiques prophètes de l'Iran et Zoroastre, le dernier et le plus illustre d'entre eux, s'adressent toujours à leurs disciples en présence d'un foyer ardent, dont l'embrasement, symbole et témoignage de la présence divine, est comme le médiateur entre le dieu et ses interprètes inspirés. C'est ce foyer étincelant qui révèle aux prophètes les glorieuses vérités qu'ils sont chargés de promulguer sur la terre (3).

La plupart des génies secondaires, à l'exemple de leur chef divin, agissent et se manifestent par les flammes. Ameretat et Haurvatat exercent leur action incessante en vertu d'un feu qui leur est propre et qui est analogue à celui A^Ahoura- Mazda.

L'esprit de la terre, pour lutter contre les forces destruc-

(1) Gâthâs, XXXI, g 6, 7, 8, 9. — xxx, 8 1 ; — xxxiii, g 9

(2) Gdthâs, XXXI, g. 19.

(3) xxxni, § 9. — XXXII, g 14.

trices, contre les puissances malfaisantes qui Tassaillaient sans cesse, chercha un secours, une sauvegarde dans l'embrasement du feu terrestre, et fit jaillir de son sein les flammes protectrices (1).

Cl) Gdihdi, XXX, m, g 9. — xxx, ii, { 14.

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