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(9) RiG, I, 37.
(10) RiG, I, 320. — Yaçna, p. 403 et suiv.
(II) RiG, IV, 390. — Gathas, 44, g 1.
La demeure du dieu suprême, considérée comme devant être le séjour des hommes de bien après leur mort, reçoit chez les Persans le nom de Béhescht « la demeure excellente » {vahista^ excellent, aAu, monde.). M. Burnouf retrouve dans ce mot le nom de Vasichtha^ l'un des anciens sages ou Ri^ ehiSy fréquemment cité dans les Védas. « Va$ichtha joue un rôle important dans les croyances indiennes, il y occupe une place élevée parmi les êtres divinisés, et tout porte à croire que les notions qui lui sont relatives remontent à la plus ancienne religion des Ariens » puisque son nom, inintelligible dans Tétat actuel de la langue sanscrite, ne peut s'expliquer que la connaissance de radicaux anciens conservés par la langue zende. Ce saint personnage, transformé par la tradition en habitation d'Ormuzd et des bienheureux, offre un exemple remarquable des vicissitudes par lesquelles peut passer un même mythe, et en même temps, de la manière dont lea titres, formés primitivement de simples adjectifs, finissent par donner naissance à des noms propres que la tradition recueille, et dont l'ignorance oublie bientôt la valeur pre* mière (1). »
Indra, dans les Védas, est souvent confondu avec Téther lu* mineux, avec le soleil, et reçoit fréquemment le même culte et les mêmes épithètes. Les rapports entre ces deux divinités paraissent avoir été à une certaine époque fort étroits, et leur analogie bien intime, puisque, lors de la diffusion des croyances mazdéennes dans le monde romain, Mithra^ le dieu soleil, fut considéré le plus souvent comme le dieu supérieur, et sembla effacer Ahoura, dont il n'est que l'un des assistants, des aides, d'après les livres de Zoroastre (2). L'origine première de cette confusion, de cette assimilation des deux divinités, doit être peut-être rapportée au passage du Yaçna, dans lequel elles sont invoquées collectivement et sous les mêmes attributs : « Je
(1) Yaçna, p. 130. — Nèye, Études sur le Kig-Véda^ f. 16.
(2) AifQUETiL; Mém. sur la religion des Perses.
célèbre, j'invoque Ahoura et Mithra^ élevés, immortels, purs. (i). »
En parcourant les hymnes dans lesquels le rôle du dieu suprême est attribué à quelqu'un des Dévas autre qu'Indra, nous trouvons toujours que les attributs donnés par les poëtes à ces divinités ne diffèrent nullement de ceux accordés par les livres perses à leur dieu supérieur, et ne supposent nullement une conception différente de la divinité. Ainsi de même q\x' Ahoura est appelé Mazda {multum sciens), sage ou savant , Agni et la plupart des autres Dévas sont qualifiés de Vhédas, les sages^ les intelligents, « Ce dieu sage, est-il dit en parlant d'Agni, » donne à celui qui l'alimente, la connaissance de toute la na- » ture (2). »
n Agni , dit ailleurs le chantre védique , est le mattre » d'une félicité pleine de grandeur et de force, le mattre de l'o- » pulence et de la puissance (4). » De même, « Ahoura peut seul » accorder à ses adorateurs la richesse dont il est le premier
» possesseur, les hommes sages reçoivent de lui non-seule-
H ment les biens terrestres, mais encore le bon sens et tous les
» biens spirituels, en lui seul se trouve le bonheur (3).
» Il accorde la richesse en récompense au croyant et il punit
» le trompeur et l'infidèle, il accorde tous les biens à ceux
» qui lui sont dévoués d'esprit et de cœur (5). »
L'identité de la conception divine chez les deux peuples se retrouve encore dans une foule de notions particulières et assez caractéristiques pour que leur existence simultanée dans Tune et l'autre religion ne puisse être rapportée qu'à une origine commune.
Ainsi le nom de plusieurs des Dévas védiques sert à la fois à désigner une divinité spéciale et une classe ou tribu de
(1) YaÇNA, XXXIX.
(4) Gdihdsi,{0;m,S,ii.