DE LA RELIGION PRIMITIVE
plus éminentes qualités (1) ». Us se rapprochent des divinités ou même se confondent avec elles, et, à ce titre, ils méritent les prières, les dons et les offrandes des mortels : <x Les sacrifices faits par ceux qui entretiennent le feu perpétuel à la nouvelle et à la pleine lune, sont pour les Dévas et les Pitris. Les dieux sont des Pitris et, k cause de cela, les Pitris sont des dieux confondus en une seule nature, ils se montrent dans leur indivi* dualité aux jours de fêtes qui leur sont propres (2). i>
Les Dévas védiques, aussi bien qu'Ahoura, les Âmschas-* pands et les Izeds, ont leur type dans ces personnages divins dont ils sont descendus et qu'on honore comme les ancêtres des dieux. Les Pitris Agnichwattas sont honorés dans les hymnes védiques comme les ancêtres des Dévas, et reçoivent des sacrifices spéciaux (3).
(f Les Pitris sont nés avant les dieux » dit expressément la loideManou(4).
Enfin, comme les Férouers, les Pitris sont les anges gardiens, les protecteurs fidèles et vigilants de l'homme de bien.
« Que les Pitris me protègent dans le sacrifice ! » s'écrie le poète védique (5). « Les Pitris gardiens des hommes, » tel est le titre qui est donné plus d'une fois à ces génies tutélaires.
Il est difficile d'admettre que la doctrine' assez compliquée des Pitris et des Férouers ait apparu tout d'abord aux Ariens sous tous les divers aspects que nous venons d'examiner. Elle a dû se développer successivement avec les théologies indienne et iranienne. Aussi trouvons-nous dans les lois de Manou, par exemple, la notion des Pitris, leurs fonctions, leurs classes diverses, les honneurs qui leur sont dus, bien mieux spécifiés et plus nettement déterminés que dans les chants du Rig.
(1) Lois de Manou, m, 195.
(2) Mahabharata, trad. de Th. Pavie.
(3) Rig, i, p. 288.
(4) III, i 195.
(5) Rig, ii, 488.
DES INDO-EUROPÉENS. fif
Quant au mythe des Férouers, si richement exposé et développé dans la mythologie postérieure de la Perse, il nous apparaît sous sa forme la plus simple dans les Gâthâs, sous la forme des UiDâno, esprits ou génies tutélaires, envoyés par le Bon- Esprit pour éclairer et protéger les mortels : « Quel bon génie » tutélaire (Urva), s'écrie Tun des prophètes iraniens, pourra » se montrer à moi pour me rappeler la vraie doctrine, la » prospérité promise par le Bon-Esprit» et tous les vrais biens )> de la vie, qui sont faits pour être possédés : paisse ce génie » se manifester à moi (1). »
Dans les Urvâno, sans doute Tune des classes des bons génies Ahouras ou Mazdas, se trouve le premier germe du mythe des Fravashis ou Férouers, Observons ici que ces expressions ont la même racine que Phraortes^ gardien, d'où sont sans doute dérivés également Phrédun et Féridun,