‹ La religion primitive des Indo-EuropéensChapitre 3 sur 50 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

d'observer que si rAcadémie a eu bien raison d'exiger de ses lauréats la connaissance du sanscrit et du zend, son rapporteur a été peut-être un peu loin en reprochant le manque de précision et de certitude à des recherches consciencieuses basées sur les travaux de Burnouf, des Barthélémy Saint-Hilaire, des Langlois, des Nève, des Max MûUer, des Martin Haug, etc., etc. L'érudition personnelle de l'auteur, quelle qu'elle fût, ne pouvait apporter qu'une goutte d'eau bien imperceptible à des sources si abondantes et si fécondes.

Quant à la partie philosophique de ce livre, celle qui n'a d'autre juge que le public, elle tend à établir d'une manière claire, logique et positive, nous l'espérons du moins, un point, le plus capital de tous en matière d'histoire religieuse, à savoir que, contrairement à l'opinion de Greuzer et de la plupart de ceux qui, après lui, ont écrit sur ce grave sujet (1), les religions de l'antiquité n'ont pas été simplement un culte de la nature matérielle exclusif de tout spiritualisme, mais qu'au contraire elles ont, dès leur origine, fait une large place à l'élément intellectuel et moral.

(1) «Tous les peuples anciens adoraient dans leurs dieux les puissances de

la nature, avec cette seule différence que les nations orientales, les Hindous, par exemple, révéraient dans leur Brahma, leur Siva, leur Vichnou, la nature de leur pays en général, comme les Égyptiens dans leur Isis et leur Osiris ; tandis que les Grecs et les peuples italiques, quand leurs cultes se furent développés, divinisèrent plutôt;* et avec un plus grand détail, les accidents et les phénomènes particuliers du sol et du climat qui leur étaient propres, en d'autres termes, localisèrent davantage leurs religions. » Creuser, I. IX, p. 862.

viii PRÉFACE.

Depuis la première jusqu'à la dernière page de cet écrit, nous protestons contre des doctrines avilissantes, nous proclamons, à la gloire de l'esprit humain, que dès son origine la pensée religieuse s'est élancée audessus des choses purement matérielles, dans les régions de la sainteté et de l'idéal. A côté du symbolisme physique, l'histoire des religions doit donc admettre, selon nous, un symbolisme métaphysique et moral, trop souvent méconnu jusqu'ici dans un ordre de spéculation si relevé, dans un sujet si digne d'attirer l'attention d'une génération avide de connaître la vérité et de résoudre toutes les grandes questions dont la solution intéresse la dignité humaine, le passé et l'avenir de notre race.

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