‹ La religion primitive des Indo-EuropéensChapitre 46 sur 50 · Daigne donc me donner la vérité; car, accompagné de la · texte numérisé non relu

Daigne donc me donner la vérité; car, accompagné de la

(1) C'est-à-dire dans la jiernière partie de la création^ dans la création de la Tie spirituelle, opposée à la vie terrestre.

piété, je me nomme un Odèle et je veux demander pour nous deox ce ^'on fie peat demander qtfh toi seal. Veuille le roi athimer pour toi, que j'interroge^ tm immense bûcher, comme les puissants seuls ont le pouvoir de le faire (1).

^1. C'est ainsi que je pensais à toi, comme au saint, 6 Sage! Bussi (Craosha) est-il venu à moi avec un bon esprit. Puisque moi, votre serviteur le plus dévoué parmi les hemmes, je veux d'abord anéantir les ^nemis avec vos paroles* dites-moi ce que je puis faûre de meilleur.

12. Et lorsque tu m'eus dit la vérité, tu vins pemr mHnsrtrinre. Tu m'ordonnas de ne pas me produire sans*avoir auparavant reçu une révélation, avant que ne fût venu vers moi Çraosba, accompagné de la vérité majestueuse, qui daigne révéler vos vérités par les morceaux de bois destinés à produire le feu.

1^. C'est ainsi que je pensais à toi (2), comme ausaint, ô Sage! aussi (Craosba) vint->il vers moi avec un bon esprit. Que j'obtienne les ckoses que j'ai désirées; accordez-moi le don d'une (ongue wie, qu'attciîin de vous deux ne m'en prive, pour la prospérité de •ce bearti monde qui est soumis à ta domination.

i4. C'est pourquoi le puissant possesseur des biens (çraosha^ me donna à moi (son) ami la connaissance de ton secours, {)arce qu'une fois en possession des véritables biens accordés par toi, j'ai résolu de me produire dans les différents genres d'éloquence âtee tous ceux qui récitent tes chants.

15. C'est ainsi que je pensais à toi, comme au saint, 6 Sage l adssi vint-il à moi avec un bon esprit. Oue (a béatitude suprême jaillisse brillante (du sein) des flammes! Qu'iFs Soient en petit .nombre lés adorateurs du menteur! (Joe tous respectent les prêtre» (iïifflamm^lof es) du fett véridique !

16. Sage vivant! teîle est la prière de Zarathustra ^t des saints pont toti^ ceux qui prennenf (pour guide) l'esprit saiti^.

(1) Zoroafttre prie Abura en son nom et au nom de son ami le puissant chef ou rfoi Viçtaspa. Celui-ci doit en l'honneur du dieu allumer un bâcher ardent et •faire un sacrifice digne d'un roi.'

p) Cest ainsi, etc. Cette formule répétée cinq fois aurait, suivant M. Marti» HâMg,. le sens que voici : « Tandis ^e je pensais constamment à toi, ù Mazda r je » m*abimais tout à fait en toi par mes pensées, roreiUe de mon intelligence » (Craosha, Touie) entendit la voix; l'inspiration divine descendit.en moi et je f\i8 n rempli du Saint-Esprit. »

Qae la réalité et la vérité soient puissantes dans le monde ! Que dans tout être qui contemple la lumière du soleil» Armaïti (la piété) daigne habiter ! elle, qui par ses actions, avec le bon esprit, donne la prospérité.

1. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse, ô Vivant! Comment, ô Sage, votre ami (Craosha) annoncera- t-il au mien (Viçtaspa) votre cantique de louange et comment viendra- Mi à nous avec le bon esprit pour accomplir les véritables bonnes œuvres?

2. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse, ô Vivant! Quel fut le commencement de la meilleure vie? Comment peut-on être utile à ce qui existe? Celui-là même, ô Vrai ! le saint (Çraosha) est le gardien des créatures, ô Esprit! dont il écarte les maux, il est le protecteur (adjutor) de toute vie» ô Sage!

3. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse; ô Vivant ! Quel est le premier père et le générateur de la vérité? Qui a créé au soleil et aux étoiles leur voie? Quel autre que toi fait croître et décroître la luûe? Toutes ces choses, je désire les ajouter à celles que je sais déjà.

4. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse» 6 Vivant 1 Qui soutient la terre et les nuées au-dessus (d'elle)? Qui (a créé) les eaux et les arbres des campagnes? Qui est avec les vents et les tempêtes, pour qu'ils volent si vite? Qui est le maître des créatures du bon esprit, 6 Sage?

5. Je veux te demander ceci» réponds-moi avec justesse, 6 Vivant! Qui a créé les lumières bienfaisantes et les ténèbres? Qui a créé le sommeil et Tactivité bienfaisants? qui (a créé) Faurore» le midi et la nuit, qui rappellent sans cesse à leurs devoirs les possesseurs de la révélation divine?

e 6. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse, ô

1 Vivant 1 Quelles (paroles] dois-je annoncer, si les suivantes ont

déjà été annoncées : a 1*^ La piété double la vérité par ses actions. »-c( 2^ C'est pour toi qu'il amasse la puissance par le bon esprit. » a S^ Pour qui as-tu créé la vache invincible Rànjôçkereti (1)? »

7. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse, ô Vivant! Qui a formé la terre élevée avec tous ses biens? Qui estce qui fait sans cesse succéder un bon fils à son père, comme le tisserand un fil à un autre? Je viens auprès de foi, ô Sage! pour connaître toutes ces choses, Esprit saint! Créateur de toutes choses.

8. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse, ô Vivant ! Quelle àme m'enseignera le bien et me fera souvenir de ta doctrine, du progrès (promotio) qui est promis par le bon esprit, et de toutes les choses vraies de la vie^ qui existent pour que nous les possédions? Puisse cette àme s'approcher de moi.

9. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse, 6 Vivant ! Comment dois-je sanctifier cette religion, que ton ami voudrait prêcher devant le roi puissant et sage, qui» dans l'assemblée, 6 Sagel protège toute chose juste par le bon esprit?

10. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse» ô Vivant! Cette religion, qui est la meilleure, qui protège mes domaines et qui accomplit avec justesse les vraies cérémonies prescrites par les paroles d'Armaïti. Je souhaite t'adorer, 6 Sage ! d'après ma science.

11. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse» ô Vivant! Comment votre Armaïti parvient-elle à ceux auxquels la doctrine a été apportée par toi-même» à Sage? Je suis reconnu

(1) Ce» trois sentences obscures peuvent être ainsi expliquées : 1* Ls dévotion et la piété actives travaillent au triomphe de la vérité^ et accroissent son influence. 2*' G*est une promesse de Zoroastre à quelque croyant, peut- être à Viçtaspa : « Ahura rassemble pour toi la puissance avec l'aide du bon esprit. » 3* La vache immortelle, c'est la terre ou l'âme de l'âme de la terre et les Gâtbàs nous apprennent plus loin (47, § 4) qu'elle a été créée pour ce monde et pour la vie terrestre.

par eux comme ton premier (prophète) je regarderai avec haine fous ceux d'one autre croyance.

12. Je veux te demander ceci, réponds-moi atec justesse, à Vivant! Qui est le véridique, qui le menteur, je veux le savoir? €bez qui se trouve le noir (esprit)» chez qui le brillant? Pourquoi le menteur çui s'attaque arec violence à moi ou à tcn, n'est-il pas regardé avec raison comme an noir?

13. Je veux te demander ceci, ré|)OHds-je avec justesse, é Vivant ! Comment devons-nous chasser le mensonge de cet eudroit- cl et le pousser chez ceux qui, pleins de désobéissance, n'honorent pas la vérité en suivant ses préceptes et ne se soucient pas des progrès du bon esprit?

14. Je veux te demander ceci, réponds-moi avec justesse, è Vivant ! Comment puis-je livrer le mensonge entre les main» de la vérité, pour qull soit anéanti paries chants He tes louanges? Si tu veux, 6 Sage, me communiquer des paroles magiques (incantationem) efficaces contre les menteurs, je mettrai par là un terme à toutes les difficultés (ambiguitates) et à toutes les misères (angustias) .

15. Je veux te demander ceci, réponds-nm avec iusitesse, è Vivant ! G Vrai ! ce gras troupeau, ta propriété, auquel des sei- ^eurs le donnes-tu, lorsque les deux armées se préparent en silence à en venir aux mains, pour ces paroles que tu veux toimême établir? è Sag^î

16. Je veux te demander ceci, r^oads-moi avec justesse, d Vivant! Qui a tué les démons ennemis, qui «ont des formes si variées, afin que j^ puisse reconnaître la loi de& deux vies? Aiisi •dimc paine Çmoeba combatire avec le bon esprity 6'S«ge 1 pjtmr <;haeuii de ccfox mxquefs^ tu es propice.

17. Jereux te demander ceci, reponds-moi avec justesse, ô Vivant! Comment puis-je parvenir à vos demeures où vous faite» a*etentir votre chant? Ma Voix demande ^oe )c soisj^o4égé par

la perfection et par l'immortalité, au moyen de ce diant qui est lia trésor de vérité.

18. Je veux te demander ceci, réponds*moi avec justesse, 6 Vivant ! Comment dois^je; ô Vrai ï offrir cette oblation, dix juments pimes et encore plus» afin dP obtenir dans l'avenir, ô Sagef ks deux forces de la pe^fSsctioD ef de rimmoartalité, ainsi que In peux nous les donner?

19. Je yeux te demander ceâ, réponds-moi arec justesse, à Vivant ! Quelle était la première pensée de celui — car je connais déjà sa dernière (1) — qui ne domie rien à celui qui apporte cette offrande, qui ne donne rien à celui qui parle avec justesse?

20. Que sont donc les Daevas, à bon souverain Mazda? Je voudrais t'ittterroger sur ces êtres qui combattent Texistenceet avec Taide desquels le prêtre et prophète des idoles a livré la terre à la désolation, et savoir ce que le faux devin a par là gagnépour liBHOftèffie? Puisses-tu, ô Wat ! ne pas lui accorder us ebamp qu'il entoure d'une clôture. '

1. Prêtez maintenant Toreflle e! écoutez, tous tous qui êtes ▼emis de près et de lois ; je vous annoncerai maintenant toutes cboscs sur le couple (des esprits], comme les sages Font reconnu. Le mal-parlant ne doit pas tuer fa seconde vie, ni le menteur dofit la langue confesse une r^rgion de néant.

?. Je vonsr parlerai des deux premiers génies de la vie, dont le

plus saint dit an mauvais : a Est-ce que les pensées, est-ce que les

paroles, est-ce qne les intelligencet , est-ce que les doctrines,

*est4;e que les* leçcms et les cérémonies', est-ce que les méditations,

est-ce qae les âmes ne me suivent pas? »

3. J'amroncerai Fa première (pensée) de cette vie, que fe Sage vivant m'a révélée, à ceux qui n'accomplissent pas vos préceptes, . comme je le pense et le dis : Que rexpérienee (la ss^sse acquise) de la vie soit pour ceux-ci un secours !

(1) La première pensée est la sagesse originaire révélée par Dieu aux hommes; la seconde est la sagesse acquise par les hommes air moyen de la réflexion et de Kegipérieace. Voy. ei<*aptès, 45^ jj 3.

4. J'annoncerai le meilleur (être) de cette vie, le Sage, qui connaît la vérité parce qu'il Ta créée, qui est le père do bon esprit efficace : sa fille, qui fait le bien, est Armaïti. Le vivant par lequel toutes ces cboses sont; ne saturait être trompé.

5. J'annoncerai ce que le Très-Saint m'a dit, la parole qui est pour les hommes la meilleure chose à entendre, à tous ceux qui prêtent l'oreille à ma (voix) et qui sont venus ici ; le Sage vivant possède la perfection et Timmortalité par les ceuvres du bon esprit.

6. J'annoncerai le Tout-Grand (Craosha), qui loue la vérité, qui fait le bien, et tous ceux qui (faisant le bien) sont avec l'esprit saint. Puisse m'entendre le Sage vivant, dont la bonté fait prospérer le bon esprit; qu'il daigne me diriger par sa meilleure intelligence.

7. C'est par la puissance de sa volonté qu'ont été et que seront tous les (êtres) vivants. L'âme du véridique aspire à l'étemelle immortalité, qui est la force destructrice des hommes méchants; elle est possédée par le Sage^ vivant, le maître des créatures.

8. Celui que je désire glorifier et honorer par no^ chants de louange, je viens de le voir de mes yeux, lui, qui connaît la vérité, le Sage vivant, comme la source du bon esprit, de la bonne action et de la bonne parole. Déposons donc nos offrandes dans la maison de ceux qui chantent ses louanges.

9. Je veux l'adorer avec notre bon esprit, lui qui nous est toujours propice dans la lumière et dans l'obscurité ; lui, le Sage vivant, qui crée par son activité les possessions, puisse-t-îl donner l'accroissement à nos troupeaux et à nos hommes, et protéger la vérité par la grandeur du bon esprit.

10. Je veux l'exalter par les prières de notre piété, lui qui' par lui-même est regardé comme le Sage vivant, parce qu'il est intelligent et [d'un esprit bon et vrai. Dans son royaume sont la perfection et l'immortalité ; c'est lui qui accorde au monde ces deux forces étemelles.

1 1 . Celui qui regarde comme pervers les démons ainsi que tous ces hommes dont les pensées ne sont que perversité, et qui

APPENDICE. 22=f

les sépare de ceux dont les pensées sont droites : eeloi-Ià a pour ami, poiir frère ou pour père Ahura-Mazda lui-même. Telle esl la sainte méditation du maître (de la maison) , du prêtre du feu*

î. Vers quel pays me toumerai-ie? Où dois-je m'enfuir? Quelle contrée protégera le maître et son disciple? Je ne suis honoré par aucun des serviteurs, ni par les princes du pays» qui sont des infidèles. Comment t'honorerai-je désormais^ 6 Sage vivant ?

2.. Je sais, 6 Sage, que je suis dénué de tout. Jette les yeui sur moi, le fidèle parmi tes fidèles, vois comme je m'approche en pleurant de toi, ô Vivant» toi qui distribues le bonheur» comme un ami le donne à son ami. Tu possèdes en propre le bienfait du bon esprit» à Vrai l

' 3. Quand paraissent» ô Sage ! les proclamateurs (indiçatores) des jours (I), pour conserver la vie réelle? — Les (hautes) intelligences sont renfermées dans les chants artistement composés des prêtres du feu. — Quels sont ceux au secours desquels il esl venu, avec le bon -esprit? — C'est toi que je choisis pour moi, ô Vivant ! moi qui chante tes louanges.

4. Le menteur possède les.campagnes de la vérité protectrice» la terre, dans le district comme dans la province, mais comme un adorateur du mal qu'il est» it n'a point de succès dans ses actions. Celui qui le chassera, ô Sage ! de son royaume ou de ses possessions, celui-là même marche dans les sentiers de la bonne science.

(l) Les fn'écurseurs desjours, les lumières des cieux, les astres. Les diverse» phrases de ce verset n'ont aucune liaison entre elles.

5. Si & l'avenir Un souverain saisit celai qui viole un serment, ou si un noble saisit quelqu'un qui manque à ses promesses, ou si un véridique vivant dans la droiture saisit un menteur, celui qui Ta découvert doit le dénoncer au seigneur : que cet hoïume soit réduit à la misère et à Tindigence, ô Sage vivant !

6. Mais si quelqu'un ne se rend pas auprès de lui (c'est-à-dire du chef de la communauté), bien que cela lui soit possible, qu'il aille (se ranger) près des idoles du mensonge actuellement régnant. Car celui-là est un menteur, qui passe pour un bomme excellent aux yeux du menteur, celui-là est un véridique qui à un véridique pour ami. C'est ainsi que tu donnais d'antiques sentences, 6 Vivant !

7. Qui donc, 6 Sage ! me donna-t-on comme protecteur, lorsque le menteur s'appliquait à me nuire, qui d'antre que ton -feu et ton esprit, par Faction combinée desquels tu as créé le réel, Avivant ! — Indique-moi celte force [ou vertu) pour la religion.

8. Si quelqu'un dévaste mes campagnes, ou ne me choisit pas par ses actes comme un adorateur du feu, que le vengeur s'attache à sa personne avec une haine pareille, qu'il l'éloigné de la bonne possession, mais nou de la mauvaise, remplie de toute inimitié, ô Sage!'

9. Quel est celui qui venant à mon aide me fit d'abord reconnaître que tu es, par-dessus tout, digne de vénération, toi le vivant, le véridique en action? Les vérités que le créateur de la terre t'annonça, me sont transmises par ton bon esprit.

10. L'homme ou la femme, ô Sage vivant! qui accomplit dans cette vie les meilleures actions que tu connaisses (en faisant avancer) la vérité, et ton règne par le bon esprit, ainsi que tous ceux que je suivrai en chantant vos louanges ; avec tous ceux-là je passerai le pont du collecteur (1).

1 1 . La domination est aux mains des prêtres et des prophètes des démons, qui cherchent à tuer la vie humaine par leurs mauvaises actions. Leur propre cœur et leur propre pensée les poussent (à leur perte], en sorte qu'ils devront passer devant le

(1) Le pont Çinvat qui conduit au cie). Le collecteur est le génie chargé de réunir les âmes des justes pour les conduire en paradis; peut-ôtr« le même que Craocha.

pont dti collecteur et demeurer à toute éferuité daus rhabitation du mensouge.

12. Lorsqu'après la défaite ée l'eanemi Frjàoa, les vrai& usages (c'est-à-dire l'agriculture et le eulte du feu) parurent au milieu des tribus et des nations, tu entouras de paliasadei les domaines de la terre. C'est ainsi que le sage vivant les protégea tous par le bon esprit et les assigna à ses fidèles comme possession.

13. Celui qui honore avec zèle le très-saint Zarathustra pamri les hommes, celui-là est propre à annoncer publiquement sa doctrine. C'est à lui (Zarathustra) que le Sage vivant a donné la vie; c'est pour lui qu'ila enclos les campagnes avec (l'aide du) bon esprit ; c'est lui 'que nous regardons, ô Vrai, comme votre bon ami.

14. Zarathustra 1 quel est ton véritable ami dans cette grande ceuvre? ou qui "veut l'annoncer ouvertement? C'est moi Kavà. Vlçtâçpa qui le ferai. Ceux que tu as choisis, ôSage vivant l dans l'assemblée, je veux les adorer avec les paroles du bon esprit.

15. C'est à vous que je m'adresserai, saint Haécat-Açpas(l}, parce que vous distinguez le juste et l'injuste, et que vous avez par vos actions fondé le vrai (qui est déposé) dans les anciennes lois du vivant.

16. Auguste Frashaostra, va là-bas avec ces auxiliaires que nous avons tous deux choisis pour le salut du monde, là où la piété forme le cortège de la vérité, où les possessions du bon esprit sont cultivées où le sage vivant habite sa haute retraite.

17. Là 0% vous ne faites entendre que des paroles favorables, et point de malédictions, auguste Dégàmàçpas ! parce que vous possédez toujours les biens de celui qui dispose et accomplit les saintes cérémonies, qui distingue le juste et Tinjuste, savoir do Sage vivant, dont l'intelligence est puissante.

(1 ) Viçtâçpa était un kava ou roi qui régnait du tenops de Zoroastre et se montra favorable à sa doctrine. Haeçat-açpa, Gamaçpa et Frashaostra étaieni des com[>agnons ou disciples du prophète, Yoy, 51, l 14 à 19

18. Celui qui me témoigûe de la bienveillance j'ainasserai pour lui tout le meilleur de mes biens avec le bon esprit ; mais (j'apporterai) la détresse sur tous ceux qui nous mettent nous deux dans l'angoisse. O Sage vivant ! j'implorerai votre secours : tel est le conseil de mon intelligence et de mon esprit.

19. Celui qui fera pour moi, Zarathustra, que cette vie réelle reçoive par la vérité le plus grand développement, obtiendra comme récompense la vie première et la vie spirituelle, avec tous les bieos réunis sur la terre impérissable. Toutes ces choses, c'est toi, ô Sage ! toi mon (ami), qui les possèdes dans la plus riche mesure.

TROISIÈME RECUieiL.

Gàthà çpentà-mainjû.

(Yaçna, chap. 47 à 50).

Louange à vous, chants véridiques.

1 . Le Sage vivant accorde à ce monde, au moyen du saint esprit, au moyen du bon esprit, de Faction et de la parole de la Yérité, les deux forces de la perfection et de l'immortalité dans le royaume de la terre.

2. De cet esprit très-saint procède tout le bien qui se manifeste maintenant dans les paroles du bon esprit prononcées par la langue des hommes. Le Sage, comme père de la vérité, accomplit de ses mains, en vertu de sa science, les œuvres saintes d'Armaïti (c'est-à-dire l'agriculture).

3. Tu es d'un même esprit, également saint, toi qui créas pour ce monde la terre avec le feu qui repose dans son sein. Ta ornas la terre de riantes campagnes, après t'ètre consulté, ô Sage ! avec le bon esprit.

4. C'est par l'esprit du mensonge que les impies cherchent à noire, car ils ne le peuvent par Tesprit du véritable sage. Pourquoi le véridique compte-t*il si peu de partisans, tandis que le menteur est suivi d'un grand nombre d'hommes puissants et infidèles?

5. Et cependant, ô esprit-saint Ahura-Mazda ! tous les meilleurs biens appartiennent au véridique. Le mentear prodigue les largesses accordées par ta grâce et persiste par ses actions dans son mauvais esprit.

6. C'est toi, ô esprit-saint Ahura-Mazda ! qui as déposé le don du feu bienfaisant dans les morceaux de bois (1], par la dualité (duplicatione) de la vérité et de la piété. Celle-ci, en effet, protège le grand nombre de ceux qui s'approchent du foyer sacré.

1. Si par ces choses, ô Vrai! il (Zoroastre) anéantit le mensonge, en sorte que les mauvaises paroles prononcées contre l'immortalité par les démons et par les hommes ne se transmettent pas. en héritage, puisse*t-il,- grâce à tes secours, à Vivant ! prononcer la prière de salut.

2. Dis-moi ce que tu sais, 6 Vivant ! avant que je n'aie à sou^ tenir le combat de l'esprit. Sage! le véridique ne saurait-il détruire le menteur ! Cela passe pour une bonne action de la vie.

3. Le (sort) le meilleur est (réservé) à celui qui connaît les lois que le Vivant, auteur de tout bien, le saint, ton ami, 6 Sage!

(1) Les morceaux de bois dont les hommes primitifs, comme les sauvages de nos jours, faisaient jaillir l'étincelle par un frottement rapide.

proclame par Tintelligeuee do bon esprit, de concert avec fous ceux qui peuvent expliquer tes mystères.

4. La bénédiction accompagne les opinions et les doctrines de celui qui enseigna le premier un bon et un mauvais esprit en pensée, en parole et en action. — N'est-ce pas en toi que se trouvait la source première des deux sagesses?

5. Que les bons régnent sur nous, et non pas les méchants! Par les actions de la bonne science, tu accordes, ô Armaïti ! au genre humain le bonheur et les dons les plus précieux. Pour (pourvoir) à notre nourriture, tu fais prospérer la culture de la terre.

6. C'est celle qui possède la plus belle habitation, c'est la grande (Armaïti) qui a créé en nous ces deux forces éternelles du bon esprit. C'est pour elle que le Sage vivant fait croître des arbres par la vérité pour la race humaine delà première vie*(t).

7. Repoussez l'attaque! Combattez contre la destruction! Il (Zoroastre) triomphe de tous deux par le bon esprit. Je marche sur les traces de la vérité, comme c'est le devoir d'un homme saint, et je te remets, 6 Vivant \ ses créatures (2).

8. Comment, ô Sage l parvenir à ton bon royaume^ comment, ô Vivant! atteindre à ta vérité? Quelles sont les choses vraies qui reposent en toi et qui doivent ètr§ communiquées aux auxiliaires réels (de la foi), et qui sont le boulevard des actions du bon esprit?

(1) C'est-à-dire de la vie terrestre.

(2) Zoroastre semble être présenté ici comme seigneur de la création. Dans les livres postérieurs des Parses il est considéré souvent comme créateur.

9. Quand saurai-je si vous m'avez envoyé, ô Sage ! 6 Vrai l -pour étendre le territoire sur lequel vous régnez? L'adorateur du

feu doit connaître exactement les paroles exactes issues du bon esprit^ a6n de pouvoir posséder Ja vérité.

10. Quand paraîtront, ô Sage! les hommes de cœur et de force? quand souilleront-ils cette boisson enivrante? (le Soma) C'est de cet art diabolique (arte nigrà) que les prêtres des démons s'enorgueillissent, ainsi que du mauvais esprit qui règne dans les provinces. /

1 1 . Quand viendra, 6 Sage ! 6 Vrai ! Armaïti apportant avec elle la domination, de belles possessions et de riches campagnes? - — Quels sont ceux qui peuvent, en dépit des menteurs cruels, procurer la sécurité? Quels sont ceux auxquels parvient la sagesse du bon esprit?

12. Ce sont dans. les provinces les adorateurs du feu (Caos- Kjanto) qui accomplissent en actions le culte de ta doctrine, 6 Vrai! avec un bon esprit. — Car tes lois, ô Sage! sont les des« trnctrices de Vattaqiie (ennemie).

1 . Le puissant Bendva ne doit pas détruire à toujours, lui qui s'est uni avec l'adorateur des sorcières malfaisantes (malum-in" citatrices), ô Vrai! ô Sage! Viens à moi avec le don du bien, aide-moi, éloigne par le bon esprit les maux dont celui-là me menace.

2. Il me vient ainsi la pensée que la religion menteuse de ce Bendva nuit doublement à la vérité : il ne conserve pas à ce monde la sainte Armaïti et il n'a aucune communication avec le bon esprit, 6 Sage !

3. Dans cette doctrine, 6 Sage ! se trouve la vérité pour procurer des avantages ; mais dans la religion menteuse, il n'y a que vanité pour nuire. Il faut vénérer cette création du bon esprit; mais je veux parler contre tous les partisans du mensonge.

4. Ceux qui, par leur mauvaise intelligence et par leurs paroles, augmentent le trouble et la ruine, qui ne possèdent rien au milieu de gens opulents, et dont aucun ne fait de bonnes ac-*

tioDs mais des mauvaises; de tels hommes engendrent les démons par leur croyance menteuse.

5. C'est le sage (Zoroastre] qui, par son culte et son adoration, protège la foi (meditationem) par le bon esprit, ainsi que tout noble qui s'est donné à Armuti, 6 Vrai! Il est avec tous ces génies placé dans ton empire, ô Vivant !

6. Je publie ce qui m'a été révélé par vous deux, 6 Sage ! la vérité et les pensées de votre esprit, afin de bien reconnaître cette croyance qui est la vôtre, et de pouvoir l'annoncer, 6 Vivant!

7. Écoute ceci avec le bon esprit, 6 Sage ! écoute-le, ô Vrai ! prête l'oreille, ô Vivant ! Quel client, ou quel familier (domestieus) possède les lois, afin de pouvoir instruire le serviteur dans la bonne croyance ?

8. Tu confias à Frashaostra ainsi qu'à moi la création sublime de la vérité, — je t'en prie, 6 Sage vivant ! — celle qui est dans ton bon royaume. Nous voulons être en tout temps tes messagers !

9. Que le riche (le propriétaire), créé pour l'utilité, écoute les lois; celui qui parle selon la droiture ne doit pas livrer la création au menteur. Car les anciennes maximes (meditationes) apportent les plus grands avantages, puisque les deux Dè-gâmàçpa's (leurs auteurs et conservateurs) possèdent la vérité.

10. Voilà, 6 Sage ! ce que je t'ai confié pour proléger le bon esprit et les âmes des véridiques, ainsi que le culte qui consiste en piété et en prière, par ta puissance, ton règne et ta possession secourable (auxilium largiente).

1.1. Les âmes (des véridiques) combattent contre les menteurs, dont l'intelligence est vaine, qui sont méchants, qui agissent, parlent, pensent et croient mal. Certainement leurs corps seront un jour dans la demeure du mensonge {V enfer],

12. Quelle aide trouva Zarathustra en invoquant les vérités? Que reçut-il du bon esprit? Je veux vous louer et vous célébrer, 6 Sage ! ô Vivant! en implorant de vous ce que Zoroastre implora romme le plus grand bien.

1. De quel secours dispose mon âme? Quel est le protecteur de mon bétail et de moi-même, si ce n'est le Vrai, et toi, ô Sage vivant! tops deux objets de mes louanges, et le bon esprit?

2. Gomment, ô Sagel forma-til la vache Ranjoç-Kereti (la terre), celui qui la destina comme demeure à la race humaine? Laisse-moi éclairer et guider sur ledroit chemin les êtres nombreux qui contemplent la lumière du soleil ! Donne la justice 1

3. Puisse, ôSage vivant 1 la justice être le partage de ce monde! Elle ne fut comprise à l'aide de la possession et du bon esprit que par Fhomme de la vérité, qui entoure avec vigueur (de pallsisades} le champ voisin, que le menteur dévaste.

4. Ainsi donc je veux vous honorer tous deux par mes louanges, ô Sage vivant ! en même temps que le vrai, le bon esprit et la puissance. Ceux qui aspirant à ces biens, il (Zarathiistra) les :guide sur le chemin conduisant vers celui qui entend dans le paradis les cantiques des (génies) véritablement pieux.

5. Soyez prêts, 6 Sage ! 6 Vivant ! à assister votre prophète par un secours puissant et de tous côtés visible, par voire main étendue ! Que Tauteur du feu daigne nous accorder ce secours à nous deuxl

6. C'est Zarathustra, ô Sage ! c'est ton adorateur, ô Vrai ! qui fait entendre des chants de louange, qui annonce les œuvres de l'intelligence et le gouvernement (gubernationem) de la langue, qui révèle mes mystères au genre humain.

7. Je veux, comme votre adorateur, vous invoquer tous deux, vous qui distribuez le bien, ainsi que tous ceux qui atteignent les ponts (1) de votre béatitude, ô Sage!, ô Vrai ! avec le bon esprit, ces ponts qui vous appartiennent; accordez-moi votre secours î

8. Je m'approcherai de vous deux, ô Sage! avec les vers qui ont été composés et transmis en votre honneur, en élevant les mains. C'est vous deux, ô Vrai ! que j'honorerai avec les louanges du prophète {promotoris) et avec la vertu du bon esprit.

9. C'est avec ces prières, ô Sage ! ô Vrai ! et avec des louanges

^1) Les ponts qui conduisent a\i séjour des bienheureux. Voy, 46, § lOetsuiv.

que j'irai au-devant de vous, ainsi qu'avec les œuvres du boa esprit. Puisque tu es l'arbitre de ma nature, je soupire après toi comme après celui qui possède le bien et c'est à toi que je crie.

10. Tous les corps brillants avec leurs phénomènes (quae in illis actiones), tout ce qui a par le bon esprit un œil brillant, les étoiles et le soleil, indicateur des jours, célèbrent vdtre gloire, ô Sage vivant !

11. Je veux être appelé votre louangeur, ô Sage! et je le resterai, aussi longtemps que je le pourrai, en travaillant à l'avancement des lois de la vie, qui ont pour but la perfection des choses présentes, aGn que la vie du monde continue d'elle-même sa marche.

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