‹ La religion prouvée par la RévolutionChapitre 20 sur 21 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

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NOTE I. (pages 16 et 17.)

Extrait d'une lettre écrite , en 1802 , par M. V Eve que d* A lais , aux Vicaires-Généraux de son Diocèse.

-Déconcertés , mais non découragés, les Révolutionnaires s'applaudissaient enfin de toucher au terme de leurs coupables projets ; ils avaient eu leur puissance un vieillard (1) , à qui il ne restait plus qu'un souffle de vie prêt à s'éteindre ; ils avaient dispersé, dans toutes les parties de l'Europe, ses conseils , ses ministres, ses serviteurs , et les membres du Sacré Collège , à qui il appartenait de lui donner un successeur légitime; toute l'Italie opprimée gémissait dans la crainte et la servitude; ils étaient les maîtres des mure du Vatican ; et déjà ils souriaient sur les nouvelles plaies qui allaient déchirer l'Eglise catholique , par le simulacre d'une élection , dont tous les plans étaient préparés et tous les instrumens disposés ; déjà ils se nourrissaient de l'espérance d'étendre à toutes les parties de l'Europe chrétienne les divisions religieuses qui désolaient la France.

Mais que Dieu est grand ! et que les hommes sont petits !

Dieu prolonge, par une espèce de miracle , les jours de Pie VI; son corps, frappé de paralysie , ne semble conserver un reste d'existence que pour attester la barbarie de ses persécuteurs ; mais sou àme toute entièie respire dans ses discours, dans sa patience , dans son inaltérable fermeté; et tandis que Dieu diffère encore de lui accorder la récompense de tant de vertus , il appelle du fond du Nord les libérateurs du Midi; il choisît le protecteur héréditaire de l'Eglise grecque pour devenir le défenseur de l'Eglise romain'-: ii lui ordonne de changer la face de l'Italie, d'écarter tous les obstacles et de préparer toutes les voies pour qu'un nouveau Conclave puisse s'assembler paisiblement , régulièrement, et sans omir l'apparence ni même le prétexte de la plus légère division. Les armées de tant de puissances, ennemies ou alliées, re'pandues comme des torrens sur toute l'étendue de l'Italie, s'arrêtent tout a coup pour laisser passer les chefs des tribus chrétiennes , comme autrefois les flots de la Mer Rouge s'arrêtèrent, en présence de Moïse , pour laisser passer le peuple que Dieu avait adopté.

Enfin , lorsque tout est prévu, lorsque tout est disposé pour donner uu chef légitime à l'Eglise , D:eu rappelle à lui cet auguste vieillard, dont la mémoire durera autant que la Religion dont il fut le héros., le martyr et le premier pontife. Ses derniers regards avaient déjà vu disparaître ses ennemis les plus implacables , et ses dernières pensées furent adoucies par

( i«9 ) l'espérance des jour:, plus heureux que le Ciel semblait déjà réserver à sun EgHse.

Venise a le bonheur et la gloire de devenir l'asile du Sacré Collège : tous ses Membres s'y réunissent h l'ombre de la protection du premier des princes chrétiens ; tous les intérêts politiques qui divisaient encore les puissances catholiques dispaiaissent à la voix au— guôte de la Religion; un seul sentiment, une seule pensée les inspire dans ce moment si décisif, celle de donnera l'Eglise un chef digne de réparer ses malheurs et de fermer ïcs plaies.

Tous les voeux sont remplis, et Pie VII est proclamé.

Mais il fallait que ce grand événement portât le caractère d'une puissance surnaturelle, et qu'aucune combinaison , profane ou politique , ne vint dégrader une si auguste intervention.

Toutes les conjectures, toutes les craintes, toutes les espérances que l'imagination avait fondées sur les succès aussi rapides qu'extraordinaires des armées russes en Italie , s'évanouissent. La politique les destinait à de grands évènemens politiques, mais la Providence leur avait confié une mission toute différente; et pour mieux déconcerter les pensées humaines , et cette vaine sagesse qui agite avec tant de fracas les gouvernemens et les nations, elle a voulu que tout ce qui sortait du cercle des évènemens ordinaires fut exécuté; des puissances hérétiques et schismatiques relèvent la Chaire poniiûcale , et Pie VII rentre paisiblement dans les murs sacrés de la ville éternelle.

Je crois qu'il est Lien difficile,

pour peu qu'on réfléchisse avec la sincérité d'un esprit qui cherche la vérité, et avec le sentiment d'un cœur disposé à recevoir les impressions douces et consolantes de la Religion , de ne pas apercevoir, dans le concours de tant d'événemens extraordinaires, l'action sensible d'une Providence supérieure à toutes les volontés humaines.

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NOTE II. (page 78.)

Il est aisé de voir que la fantasmagorie demande un théâtre, une heure convenable , en un mot. des préparatifs qui rendent fort peu dignes d'attention les conséquences qu'on voudrait en tirer contre nos miracles. Aussi n'est-ce que pour détruire les soupçons vagues dont les personnes peu instruites sout quelquefois susceptibles , que j'ai cru devoir joindre ici une description de l'appareil fantasmagorique. J'aurais désiré pouvoir me servir de celle que M. l'abbé Haùy a donnée dans son Traité de physique, t. 2 p. 5qt; mais l'explication de ce célèbre et respectable saVant aurait exigé des figures, dont l'emploi m'a paru peu convenable h la nature de cet écrit. J'insèie donc ni une autre description, qu'une pei sonne aussi distinguée par ses rares talens que par la variété de ses connaissances, a bien voulu me communiquer, et dont les détails seront à la porté de tous les lecteurs.

« La lanterne magique, dont le nom est devenu en quelque sorte trivial , par l'usage qu'on fait de cet instrument pour offrir à la curiosité publique une apparence de prestige, mérite de fixer l'attention même de ceux pour qui elle n'a rien de magique.

«Elle consiste en une boite vers le fond de laquelle

est une lumière dont les r;iyons sont reçus ptr une lentille qui les rassemble et les fait tomber plus denses sur un verre plan et mince, où l'on a peint diverses figures. L'effet de cette première lentille se borne à bien éclaircir les figures qui doivent être dans une situation renversée. En avant du verre plan, est une seconde lentille, a travers laquelle se croisent les rayons envoyés par différen s points d'une même figure, en même temps que la réfraction les détermine a sortir paiallelles. Ces rayons passent ensuite par une ouverture circulaire , faite dans un carton situé convenablement et tombent sur une troisième lentille, que l'on peut éloigner ou rapprochera volonté de la seconde, au moyen d'un tuyau mobile, à l'extrémité duquel elle est fixée.

«Les rayons qui ont traversé cet appareil, produisent, sur une muraille ou une toile blanche, située à l'opposé, une copie en grand des figures tracées sur le verre. Celte copie est plus ou moins brillante, d'une grandeur plus ou moins considérable, suivant que l'appareil lui-même est plus ou moins éloigné du mur ou de la toile où se peint le tableau.

«Les physiciens, en modifiant la construction et le jeu de la lanterne magique, l'ont transformée en un autre instrument auquel on a donné le nom de fantasmagorie. Ici le mécanisme est dérobé aux yeux des spectateurs. Une toile verticalement tendue où les objets se peignent par transparance , les sépare de l'appareil, et c'est de cet appareil que Vient la seule lumière qui pénètre dans l'appartement.

(( Lorsqu'on a voulu employer la fantasmagorie pour niredes impressions dte teneur , on y a joint des -moires qui saisissent l'imagination; on a tapissé de Tn.ir et jonché d'os de morts, le l'un de la scène; les sons lugubres et pénétrons d'un harmonica ont seuls interrompu le silence morne des inities , on a montré des spectres qui, d'abord extrêmement petits et paraissant dans un lointain immense, se sont accrus tout-àcoup, et ont semblé s'avancer à grands pas vers les spectateurs.

«Ces spectres sont produits par des figures tracées en couleurs transparentes, sur des lames de verre noircies dans les parties qui servent de fond, de manière à intercepter la lumière qui les traverserait. Au moyen de la mobilité des différents verres qui composent l'appar 1 fantasmagorique , on fait varier la grandeur des images qui se peignent sur le tableau. L'appareil entier peut se dépincer sans que les spectateurs s'en aperçoivent; et leur imagination trompée par l'expérience ordinaire des objets qui semblent grandir en approchant , leur fait voir les spectres toujours plus prêts à les saisir , à mesure que 4e montreur de lanterne magique éloigne davantage de la toile les petites lames de verre peintes qui produisent les illusions.

a Quelcjuefois, au milieu des salles de fantasmagorie, on voit voler des h'boux, des chauves-souris, des tètes encore revêtues de chair et des crânes desséchés. Le mécanisme est là encore plus simple. Ces divers objets sont autant de lanternes sourdes qu'on porte avec précaution , soit à la main, soit au bout de supports j 3

f.iits exprès, et dont on f.iit paraître et disparaître la lumière à volonté. Au moment de l'apparition , la surprise suspend toute autre faculté; dès qu'on veut examiner , la lumière a disparu et l'ou ne voit plus rien, »

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