‹ La religion prouvée par la RévolutionChapitre 3 sur 21 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Conduite des vrais Chrétiens dans la Révolution.

-Les anciens apologistes tiraient une preuve du Christianisme, de la conduite pure et irréprochable des fidèles, au milieu des désordres du paganisme. Je ne crains pas de dire que la Révolution a fait éclater dans la Religion de nos pères un semblable caractère de vérité.

Je conçois la fidélité du Chrétien de la même manière que l'ont envisagé tous les grands hommes, un Augustin, un Bossuet, un Fénélon; et je regarde comme un vrai disciple de la foi, celui qui en professe les sentimens et en pratique les oeuvres. Croire à la Religion , être uni aux légitimes pasteurs, ne mépriser ni les secours divins dont ils sont dépositaires, ni les vérités dont ils sont les organes, et n'être déterminé par aucun intérêt, par aucune contradiction à abandonner cette roule, voilà le fidèle observateur de l'Evangile et le Chrétien véritable. Or je demande si on a vu les personnes de ee caractère figurer dans nos troubles, si on les a

vues se dégrader par des excès, s'associer à des persécutions, parvenir par tous les moyens, dénoncer, trahir, assassiner, se mêler en un mot à aucune de ces scènes dont l'horreur se composait de tout ce que la perversité humaine a de plus vil , de plus violent et de plus atroce? Non, les Chrétiens dont je parle , ont bien été les victimes de nos désordres et de nos fureurs, mais ils n'y ont point contribué. Ils ont su so conserver purs au milieu du débordement de tous les crimes. Il y a une liste effroyable; y voit-on le nom d'un seul Chrétien fidèle ? On pourrait en former d'autres, chargées d'un trop grand nombre de noms flétris ; qu'on cherche bien, qu'on parcoure avec soin ; jamais, jamais la foi ne se trouvera déshonorée dans ses enfans. Je vais encore plus loin; Charles II , après la fatale journée de Worscheslre, ne crut pas pouvoir trouver ailleurs une retraite plus sure que chez de pauvres et vertueux Catholiques du comté de Stuflbrd. Rappelons-nous ce qui s'est passé parmi nous, il y a quelques années. Ces proscrits si nombreux qui , sans asile et tremblant pour leur vie, fuyaient sur tous les points de la France, les recherches de la tyrannie, ou les insultes du brigandage, où ont-ils trouvé plus de sûreté, plus de zèle , un dévouement

plus aclif et pins généreux que dans les lieux et dans les familles où la foi régnait encore? Tout ceci n'est-il pas propre à réveiller des réflexions ? Et n'y a-t-il pas lieu de se demander quel est donc ce ressort puissant qui élève les âmes au-dessus des illusions les plus trompeuses, des séductions les plus délicates, du vertige le plus universel ? N'y a-t-il pas lieu d'admirer une doctrine qui fortifie les caractères les plus faibles , fait trouver jusque dans les chaumières les plus obscures , la grandeur d'âme , la sensibilité, les plus nobles sentimens , enfin rend douce et précieuse une pauvreté sans reproche, et fait mépriser le pouvoir, l'élévation et les richesses, quand il faudrait pour y arriver faire violence à la droiture de son cœur ? Notre siècle ferme les yeux sur cette circonstance ; mais elle n'échappera pas à nos neveux, et lorsqu'ils tourneront leurs regards vers un temps d'égarement et de confusion , ils remarqueront avec quelle force la Foi aura conservé , dans lésâmes fidèles à son esprit, le sentiment du juste, l'instinct de l'honneur et le zèle de la vertu.

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