Diots, lu
prédictions. Ils étaient devenus très-nombreux en ces moments de trouble et de tristesse où tout le monde éprouvait le besoin de faire l’avenir d’autant plus riant que le présent était plus sombre. Un des premiers soins d’Auguste, quand il eut été nommé grand pontife, fut de les réunir et de les faire examiner; il ordonna de détruire tous ceux qui venaient de sources suspectes : on en brûla plus de deux miUe1. C’est tout à fait de la même façon qu’il traitait les pamphlets de Labiénus, et les procédés violents de la politique se trouvaient ainsi appliqués à la religion.
Indépendamment de sa qualité de grand pontife, Auguste avait d’autres droits au respect et à la gratitude de la religion romaine : nous venons de voir qu’il avait rétabli des cérémonies longtemps négligées et rendu leur importance à de vieilles corporations qui l’avaient perdue. Il était naturel qu’on se souvînt de lui en célébrant ces fêtes qu’il avait renouvelées et qu’on n’oubliât pas ses bienfaits dans ces corporations qui lui devaient unenouvellevie. On remarque en effet que les jeux des carrefours et les jeux séculaires, qui recommencèrent sous ses auspices, sont devenus des institutions plus politiques que religieuses. Dans les actes des frères Arvales que nous avons conservés, il est plus souvent question des empereurs que des dieux. Il semble qu’une sorte d’émulation de reconnaissance ou de flatterie se soit répandue en ce moment parmi les associations sacerdotales de l’empire : elles veulent toutes se surpasser dans les éloges qu’elles font du prince et dans les prières qu’elles adressent au ciel pour lui. La religion célèbre et sanctifie tous les événements de sa vie. On offre des sacrifices à l'anniversaire de sa naissance, on donne des jeux en souvenir de ses victoires. On fait fête le 16 janvier, parce que ce jour-là U « été appelé