Suét., Aug
Auguste; le 4 février, parce qu’on lui a donné le titre de Père de la patrie ; le 6 mars, à cause du souverain pontificat qu’il a obtenu. Le 12 octobre, les pontifes et les vestales viennent immoler des victimesà l’autel de la Fortune du retour ( Fortuna redux), qui a été élevé près de la porte Capène quand il revint de Syrie après la conquête de l’Égypte; le 4 juillet, on sacrifie à la Paix Auguste ( Pax Augusta), sur l’autel qui a été dédié par le sénat à son retour d’Espagne l. Tous les cinq ans, un des grands collèges de prêtres offre des jeux au peuple en mémoire de la victoire d’Actium qui lui a soumis le monde2 *; tous les dix ans, on renouvelle ses pouvoirs et l’on célèbre à cette occasion des solennités encore plus brillantes s. Le succès de ses armes ou de sa politique, la naissance de ses enfants, ses maladies et ses guérisons, l’anniversaire de la dédicace des temples qu’il bâtit ou qu’on élève pour lui faire honneur, tout sert de prétexte à des fêtes nouvelles ; et comme elles augmentèrent encore sous ses successeurs et qu’on prit de plus en plus l’habitude « de souiller les fastes de lâches adulations4 », elles finirent par encombrer le calendrier et l’on fut obligé de les réduire. Marc-Aurèle régla qu’il n’y aurait plus que 135 jours fériés dans l’année, ce qui était déjà bien honnête ; mais il ne corrigea pas les gens d’être serviles, et après lui ce nombre s’accrut encore.
Ce n’était pas assez de créer des cérémonies nouvelles en l’honneur d’Auguste, on lui était plus agréable encore et plus utile en mêlant son souvenir dans les cérémonies anciennes. Par ordre du sénat, son nom fut inséré dans
1. Voyez, sur toutes ces fêles, les Commentant diurni , ou travail
sur les Fastes, inséré par M. Mommsen dans le 1er volume du Corpus
inscr. lat., p. 382-412. — 2. Dion, lui, 1. — 3. Id., lui, 16. —