‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 2)Chapitre 39 sur 92 · Egger, Hist. d'Auguste · texte numérisé non relu

Egger, Hist. d'Auguste

144 L’APOTHÉOSE IMPÉRIALE

politique ordinaire de donner à ces nouveautés un air antique; il n’y manqua pas en cette occasion. Partout nous voyons son culte se substituer à des cultes plus anciens ou s’associer avec eux. S’il ne veut être adoré qu’en compagnie de la dea Rom.a , c’est qu’il espère profiter pour son compte de la vénération que cette déesse inspire depuis longtemps au monde. Les habitants de Narbonne, dans le vœu par lequel ils s’engagent envers sa divinité, semblent n’employer à dessein que les formules les plus vieilles et les plus solennelles du rituel4. Dans la liturgie des frères Arvales, le nom d’Auguste se trouve rapproché de celui des divinités primitives dont les gens du monde avaient presque perdu le souvenir et qui ne se retrouvaient plus que sur les registres des pontifes1 2. On avait soin surtout, dans les honneurs qu’on rendait aux princes morts ou vivants, d’imiter les formes ordinaires du culte des Lares. Les décurions de Florence avaient coutume de célébrer par un grand festin l’anniversaire de la naissance d’Auguste et de Tibère; mais, avant de se mettre à table, ils se rendaient en grande pompe à l’autel qu’ils avaient élevé à la divinité impériale (numen Augustum ); ils otfraient du vin et de l’encens au génie des deux princes et les invitaient à dîner avec eux 3. Cette cérémonie rappelle tout à fait ce qui se passait dans les repas de famille. Les Lares étaient censés y assister, et à chaque service on leur faisait leur part, qu’un enfant allait jeter dans l’âtre, au milieu du recueillement de l’assemblée4. En mêlant ainsi ce culte nouveau à des croyances et à des cérémonies plus anciennes, on lui donnait ce qui pouvait seul lui manquer, la sanction de l’antiquité.

1. Orelli, 2489: « ... ceterce leges huic arœ titulisque cadem sumto,

quee sunt arœ D<anœ in Aventino. » — 2. Marini, Arv., tab. 32.—

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