‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 2)Chapitre 88 sur 92 · Hist.} iii, 24 — 2. Orelli · texte numérisé non relu

Hist.} iii, 24 — 2. Orelli

répandue dans toute l’Europe É II est probable que dans ce mélange la divinité romaine ne fournissait guère que son nom, un nom puissant et respecté, mais que les croyances et les rites étaient empruntés à l’Orient. Les officiers agissaient comme les soldats. A l’extrémité de l'Égypte, entre Syène et Philæ , on a retrouvé une inscription dans laquelle un commandant de cavalerie, chargé de diriger l’exploitation de carrières de marbre, remercie les dieux qui lui en ont fait découvrir de nouvelles et de plus précieuses. Sa prière est adressée « à Jupiter Hammon Chnubis et à Junon reine, protecteurs de la montagne1 2 ».

En même temps que les dieux romains s’altéraient en se mêlant aux divinités de l’Égypte ou de la Syrie, les rites et les usages des cultes orientaux s’introduisaient furtivement dans les sanctuaires les plus vénérés de Rome. Le Capitole lui même finit par ressembler beaucoup aux chapelles d’Isis. Le matin avait lieu solennellement l’ouverture du temple; on venait saluer le dieu à son réveil, comme on allait à la porte des riches qui payaient la sportule à leurs clients. Quand la figure auguste de Jupiter apparaissait dans le lointain du sanctuaire, la foule s’écriait : « Salut au maître », Salve imperator3. Dans la journée, le dieu ne manquait pas de dévots empressés qui donnaient parfois de bien singuliers spectacles. On ne se contentait pas de lui annoncer l’heure qu’il était, comme on le faisait pour Isis, on se piquait de lui rendre bien d’autres services. « L’un, nous dit Sénèque, s’est fait le licteur de Jupiter, un autre s’est institué son parfumeur ; il remue les bras à distance

1. Orelli, 1245, 1233 et surtout 1234, où le dieu du Capitole, celui de Doliche et celui d’Héliopolis ne forment qu’un seul dieu. —

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