Epist., I, 16. — • 2. Martial, X
Nullain dixeris esse nequiorem,
Nullain dixeris esse sanctiorem.
LES FEMMES
juste mesure1. Dans ces libertés qu’on leur accorda ou qu’elles prirent, beaucoup allèrent trop loin. On avait annoncé que le jour où elles seraient les égales des hommes elles voudraient les dominer2; c’est ce qui ne manqua pas d arriver. Quand elles se sentirent maîtresses d elles-memes et quelquefois des autres, elles devinrent violentes, hautaines, insupportables. Elles exerçaient 1 autorité domestique avec une impitoyable durete, rudoyant leurs maris, battant leurs esclaves. Quelques-unes, voulant pousser l’égalité jusqu’au bout, se plaisaient a envahir les métiers que les hommes s’étaient jusque-là réservés. On voyait des femmes avocats, jurisconsultes, et, ce qui est plus grave, des femmes athlètes et gladiateurs, a Elles fuyaient leur sexe3 », dit le satirique, et pour prendre ce qu’il y a de plus désagréable dans le nôtre. Ce sont là de grands défauts sans doute ; mais, je le répète, en supposant que les contemporains ne les aient pas exagérés par l’habitude qu ils avaient prise de juger leur temps avec les préjugés du passé, n’oublions pas qu’ils furent la condition et la conséquence d’un progrès dont l’humanité a Profité. Ils représentent cette portion de mal qui se mêle toujours aux meilleures choses et qui ne doit pas pourtant nous les faire méconnaître et calomnier.
Quant aux accusations plus graves dont je n’ai encore rien dit, à ces adultères scandaleux, à ces mariages si souvent rompus par des séparations sans motif, à ces
\. Tite-Live, xxxiv, 2 : date frenos impotenli naturœ et indomilo animait. — 2. Tite-Live, xxxiv, 3 : simul pares esse cœverint, suvenores erunt. Martial, vin, 12 : ' ’ *
lnfcrior malrona suo sit, Prisce, marito; Non aliter fiant lemina virque pares.