CHAPITRE SIXIÈME
Popularité de la philosophie à Rome et dans les provinces sous les Anlonins. — Elle coiilinue à s'occuper surtout de la morale^ — Importance qu'elle laisse prendre à la casuistique et à la rhétorique. — Pourquoi elle parle plutôt grec que latin. — Elle se rapproche de plus en plus des religions populaires, — Épictète. — Apulée.
Le mouvement philosophique ne s'arrêta pas avec Sénèque ; il sembla prendre au contraire, après lui, plus de force et d'importance. Dans le siècle qui le suivit, Rome devint ce qu'elle n'avait pas encore été, une sorte de centre de la pensée libre. Tous les savants, tous les sages du monde entier, s'y rencontrent; ils y viennent des contrées les plus diverses, des pays les plus lointains : c'est là qu'ont enseigné, au moins pendant une partie de leur vie, les plus grands génies qui aient honoré la philosophie depuis Néron, Musonius Rufus, Épictète, sous les Flaviens, Plutarque, Favorinus, Apulée, Marc- Aurèle, sous les Antonins. Les préjugés qui avaient été si violents contre elle du temps de Cicéron, et dont Sénèque se plaint encore avec amertume ^ sans s'effacer tout à fait, s'affaiblirent beaucoup. Elle conserva sans