‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 4)Chapitre 72 sur 93 · Voyez tome u, p · texte numérisé non relu

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à quelque cause qu'on les rapporte, ils n'eu sont pas moins certains, et l'on ne peut douter qu'ils n'aient eu des conséquences importantes pour la religion romaine. Elle leur doit surtout cet inappréciable avantage d'avoir conservé jusqu'à la fin un certain crédit sur les classes éclairées. On est en général très-surpris qu'elles n'aient pas été plus empressées à l'abandonner. On a grand'peine à comprendre comment ces personnes distinguées, d'un esprit si fin, si moqueur, ces amis des lettres, ces élèves des philosophes, ont pu rester si attachés à des cultes dont la grossièreté humiliait leur raison. C'est qu'on ne tient pas assez compte des concessions que ces cultes avaient faites aux exigences du temps et des réformes auxquelles ils s'étaient prêtés. Peut-être nous faisonsnous quelque illusion quand nous nous imaginons que les gens du monde devaient s'y sentir gênés : en réalité ils avaient bien des moyens de s'y mettre à l'aise. N'oublions pas que les religions antiques n'avaient pas de dogmes fixes. Aucune autorité n'y imposait des croyances précises, et chacun s'y faisait ses opinions à soi-même. La limite entre ce qu'il fallait croire et ce qu'on pouvait rejeter n'étant pas tracée, on était toujours libre de regarder les légendes qui semblaient choquantes comme des imaginations de poètes qui n'engageaient personne. On ne les écoutait même si volontiers que parce qu'on n'était pas forcé de les tenir pour vraies. Le charme poétique de ces récits a séduit les pins grands sceptiques, comme Lucrèce, et ils ne se sont fait aucun scrupule de les répéter, ne pensant pas qu'on pût les soupçonner d'y croire. A la rigueur, ni Cicéron, quand il attaque avec tant de force les fables d'Homère ^ ni Pline, quand il appelle la mythologie « un ensemble d'enfantillages et

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